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Communiqué de presse

Des statistiques alarmantes sur le travail des enfants exigent une attention immédiate au plus haut niveau, déclare l’UNICEF

La Journée contre le travail des enfants et des statistiques récentes de l’OIT favorisent la prise d’initiative

GENÈVE / NEW YORK, 12 juin 2002 – Alarmé par de nouvelles statistiques selon lesquelles un enfant sur six travaille, y compris des millions de jeunes exploités dans des conditions proches de l’esclavage et de la servitude, l’UNICEF a exhorté aujourd’hui tous les gouvernements à prendre des mesures rapides et décisives pour remédier à cette situation affligeante.

Cet appel a été lancé suite à la publication aujourd’hui d’un rapport de l’Organisation internationale du Travail qui indique que 246 millions d’enfants de 5 à 17 ans travaillent dans le monde, le plus souvent dans des conditions dangereuses. La publication de ce document s’est faite à l’occasion de la première Journée mondiale contre le travail des enfants, organisée par l’OIT pour appeler l’attention sur ce problème et susciter la prise de mesures.

« Le fait que tant d’enfants soient obligés de travailler – et d’endurer les souffrances et les mauvais traitements qui y sont fréquemment associés – est inadmissible. Ces enfants ont besoin d’apprendre et de se développer, et non pas de s’épuiser à la tâche dans un effort désespéré pour survivre », a fait observer Carol Bellamy, Directrice générale de l’UNICEF. « Les gouvernements doivent prendre des initiatives décisives. Ils ont signé des traités internationaux qui interdisent de telles pratiques. Il est grand temps qu’ils respectent leurs obligations. Et pourquoi ne pas commencer dès aujourd’hui, lors de la première Journée mondiale contre le travail des enfants ? »

Selon le rapport de l’OIT : « Un avenir sans travail des enfants », 73 % de ces jeunes – environ 180 millions – se livrent aux pires formes du travail des enfants – y compris la prostitution, le travail dans des conditions de servitude et le travail dangereux. En outre, les chiffres montrent aussi que l’esclavage n’a pas disparu, puisque quelque 5,7 millions de jeunes sont asservis ou sont forcés de travailler. Ces enfants ont souvent beaucoup de problèmes pour obtenir de l’aide, non seulement parce qu’ils sont jeunes, mais aussi parce qu’ils ne possèdent aucun certificat de naissance ou papiers officiels et qu’ils sont donc « invisibles ».

Les traités internationaux doivent être appliqués

Si l’action des gouvernements est essentielle pour abolir le travail des enfants, l’UNICEF souligne qu’elle doit être menée dans le cadre de vastes partenariats. Le Fonds travaille en étroite collaboration avec l’OIT, d’autres institutions des Nations Unies et diverses ONG pour demander la ratification et la mise en oeuvre de la Convention 182 de l’OIT sur les pires formes du travail des enfants. Disposant de bureaux dans 161 pays, l’UNICEF a une présence sur le terrain plus importante que toutes les autres institutions des Nations Unies et a contribué à obtenir la ratification de cette Convention par 115 pays.

Parmi les accords qui obligent les gouvernements à prendre des mesures contre le travail des enfants, on peut citer la Convention relative aux droits de l’enfant, qui est le traité international sur les droits de l’homme qui a été ratifié par le plus grand nombre de pays. Dans le document final de la Session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée aux enfants, qui a eu lieu le mois dernier, les gouvernements se sont aussi fixé plusieurs objectifs en matière de santé, d’éducation et de protection des enfants. L’une des 21 cibles proposée stipule que les signataires doivent « prendre immédiatement des mesures efficaces pour éliminer les pires formes de travail des enfants, telles qu’elles sont définies dans la Convention 182 de l’Organisation internationale du Travail et élaborer et appliquer des stratégies pour éliminer le travail des enfants qui est contraire aux normes internationales en vigueur ».

Mme Bellamy a déclaré pour sa part que l’abolition du travail des enfants était au centre des efforts déployés par l’UNICEF pour réduire la pauvreté et atténuer les effets dévastateurs qu’elle a sur les enfants.

« Le travail des enfants perpétue l’engrenage de la misère. D’une part, il est symptomatique d’une pauvreté mondiale généralisée et profondément enracinée. D’autre part, comme il les prive d’instruction, nuit à leur santé et favorise la maltraitance, aussi bien physique que psychologique, il renforce cette pauvreté en empêchant une nouvelle génération d’enfants de réaliser ne serait-ce qu’une petite partie de leur potentiel », a-t-elle expliqué. « Le rapport de l’OIT doit tirer une sonnette d’alarme non seulement pour tous ceux d’entre nous qui défendent les droits des enfants, mais aussi pour ceux qui luttent contre la pauvreté et la criminalité, la violence, l’extrémisme, les déplacements de population et tous les autres maux qu’elle engendre ».

L’éducation est une composante essentielle de la lutte contre le travail des enfants et l’UNICEF utilise ce moyen dans 30 pays, à la fois à titre préventif et pour protéger les jeunes qui travaillent. Au Bangladesh, par exemple, le Fonds a forgé un partenariat avec le Ministère de l’éducation pour offrir une éducation de base non conventionnelle à 350 000 enfants pauvres se livrant à des travaux dangereux en milieu urbain. D’autres initiatives menées avec le soutien de l’UNICEF sont axées sur l’enregistrement des naissances et l’assiduité scolaire, et visent à éliminer le travail forcé et la servitude pour dette, phénomènes très répandus en Inde, au Pakistan et au Népal.

Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à :

Jehane Sedky-Lavandero, UNICEF New York, (212) 326-7269,
Wivina Belmonte, UNICEF Genève, (+4122) 909-5509

Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à media@unicef.org