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Communiqué de presse
Nouveau rapport de l'UNICEF sur la pauvreté infantile dans
la Communauté des Etats indépendants et en Europe centrale
et orientale
Presque 18 millions denfants et de jeunes gens de la région
vivent dans lindigence, avec moins de 2,15 $ par jour.
Genève, 29 novembre La pauvreté infantile est
largement répandue dans la Communauté des Etats indépendants
(CEI) et dans les pays dEurope centrale et orientale
(PECO), malgré des économies en hausse dans la région,
révèle un rapport de lUNICEF
diffusé aujourdhui. Presque 18 millions de jeunes vivent
dans lindigence et de plus en
plus denfants finissent dans des établissements publics
ou sur des listes dadoption car
les familles ont du mal à subsister.
Le rapport « Dix ans de transition », publié par
le Centre de recherche Innocenti de
lUNICEF de Florence, Italie, examine le niveau de vie des plus
de 400 millions de
personnes qui vivent dans la région CEI/PECO. Il étudie
les revenus et la pauvreté
infantile, la santé, léducation, les changements
démographiques, et les enfants confiés à
lassistance publique. Le rapport constate des disparités
considérables dans la situation
des enfants à travers les 27 pays de la région et invite
à des efforts renouvelés pour
procurer à tous un avenir meilleur.
« Grâce à dix ans defforts opiniâtres,
les taux de mortalité infantile ont diminué dans de
nombreux pays. Cependant des millions denfants continuent de subir
la misère, la
maladie et lexclusion », déclare Carol Bellamy, directrice
générale de lUNICEF.
« La plupart des pays ont reconnu les libertés fondamentales,
à savoir le droit de voter,
dexprimer ses opinions, et de cultiver la libre initiative et
la libre entreprise. Cela
constitue indéniablement un motif de satisfaction et de bon augure
pour lavenir. Mais
nous ne devons pas oublier les objectifs originels de la transition
: lamélioration du
niveau de vie de chacun et le développement de sociétés
humaines et démocratiques. Ces
objectifs doivent être réaffirmés », dit Bellamy.
Le rapport constate quau cours de la dernière décennie
le nombre denfants dans les
familles pauvres a sensiblement augmenté tandis que les revenus
réels ont diminué et que
linégalité sest accrue. On estime quà
la fin des années 90 presque 18 millions denfants
de 0 à 17 ans vivaient avec moins de 2,15 $ par jour, ce qui
constitue un critère de
pauvreté selon la Banque mondiale. Ces 18 millions représentent
environ 17% de ce
groupe dâge au sein de la population. La majorité
de ces enfants pauvres 16 millions
vivaient dans la CEI, et deux autres millions en Europe centrale et
orientale, y compris
les Etats baltes et les pays de lex-Yougoslavie. En République
de Moldova, en Arménie,
au Kirghizistan et au Tadjikistan, la majorité des enfants étaient
pauvres selon le critère
de 2,15 $ par jour.
Le rapport de lUNICEF mentionne également un seuil plus
élevé de pauvreté, à savoir
de moins de 4,30 $ par jour. En fonction de ce critère le nombre
denfants et de jeunes
gens pauvres dans la région augmente jusquà atteindre
presque 60 millions, bien plus de
la moitié de lensemble de ce groupe dâge de
108 millions.
« Dix ans de transition » relève des disparités
croissantes dans la situation sanitaire des
populations entre les parties plus pauvres et plus riches de la région.
En Ukraine, en
Russie et en Arménie, un enfant sur sept souffre de malnutrition
; en Albanie, en
Ouzbékistan et au Tadjikistan, un enfant sur trois.
Dans certaines parties de la région le rapport constate dinquiétants
niveaux dabandon
scolaire, de redoublements et dentrée tardive à
lécole. Dans le secondaire, la
fréquentation du groupe délèves de 15 à
18 ans est passée de deux tiers en 1989 à moins
de la moitié en 1998. LEurope centrale a franchi le seuil
de lan 2000 avec des taux plus
élevés. Le rapport remarque une reprise ou une augmentation
des taux dinscription préscolaire au cours des années
90 en Europe centrale, dans lex-Yougoslavie et dans les
Etats baltes. Lenseignement du troisième cycle a progressé
dans tous les pays hormis
lArménie, le Turkménistan et lOuzbékistan.
Faits et chiffres en provenance de la région
- Un grand nombre des 22 nouveaux Etats sont nés de manière
pacifique, mais
plus dun tiers des pays ont dû affronter des conflits ethniques
et la guerre. A la
fin de 2000, on comptait 2,2 millions de personnes déplacées
à lintérieur de leur
propre pays et presque un million de réfugiés à
létranger.
- Il y a eu de considérables bouleversements démographiques.
Le nombre total
denfants dans la région 108 millions est
inférieur denviron 13% à celui de
1989. Le nombre denfants de moins de cinq ans a diminué
de plus dun tiers,
passant de 36 à 23 millions, par suite dune forte chute
des naissances. Les taux
de nuptialité ont également baissé dun tiers
en moyenne, et la proportion
moyenne de naissances illégitimes a doublé, passant de
11% à 22%.
- De nombreux pays ont fait dimportants progrès
en matière de réforme
économique. Dès 2000 plus de la moitié de la production
de la région provenait
du secteur privé. La grande majorité des économies
étaient en hausse. Toutefois,
à la fin des années 90, ce nest que dans trois pays
que le revenu national par tête
était supérieur à celui de 1989 ; en moyenne il
était inférieur de 30%.
- Sur 20 indicateurs sociaux essentiels, 8 attestent des progrès
entre 1989 et 1999
dans la plupart des pays : mortalité infantile, natalité
chez les adolescentes,
diminution des avortements, scolarisation plus élevée,
mortalité maternelle,
mortalité des jeunes et espérance de vie tant pour les
hommes que pour les
femmes. Mais dans 17 des 27 pays la plupart des indicateurs mirent fin
aux
problèmes denregistrement des années 90. Les taux
de scolarisation du
deuxième cycle de lenseignement secondaire ne progressèrent
que dans huit
pays, et le pourcentage denfants de 0 à 3 ans placés
en établissement ne diminua
que dans six pays.
- Il y a eu 3,2 millions de décès « en plus
» de 1990 à 1999 dans les pays en
transition, cest-à-dire de décès qui nauraient
pas eu lieu si les taux de mortalité
étaient restés à leurs niveaux de 1989. Ces décès
concernent surtout les adultes
masculins. Parmi les 22 pays pour lesquels on dispose de données
pour 1989 et
pour 1999, 15 présentent une amélioration de lespérance
de vie au cours de la
décennie. Les pays dEurope centrale ont enregistré
les plus grandes hausses. Par
contre, lespérance de vie sest réduite au
cours de la décennie dans la CEI
occidentale et en Asie centrale. La Russie a enregistré une rechute
en 1999 et
2000 après sêtre en partie reprise de la baisse de
1994.
- Les cas de VIH/SIDA ont vertigineusement augmenté en
Russie et en Ukraine.
Environ 90% des 700.000 personnes quon estimait atteintes du VIH/SIDA
dans
les pays en transition à la fin de 2000 appartenaient à
ces deux pays. NB : les
derniers chiffres dONUSIDA sannoncent considérablement
plus élevés et
indiquent que la maladie sest répandue dans lensemble
de la population.
- La tuberculose est réapparue dans la région
avec des augmentations de 50%
dincidence relevées dans les pays les plus pauvres. Le
Kirghizistan, le
Kazakhstan et la Roumanie sont les plus touchés. Daprès
une étude mondiale
menée vers la fin des années 90 dans plus de 50 pays,
lEstonie présente
lincidence la plus élevée de tuberculose résistante
aux médicaments.
Les enfants dans les établissements publics
« Je nai jamais vu ma mère. Jaimerais la voir
au moins une fois, mais je ne sais pas
où la trouver. » (Sebastian, 18 ans, roumain).
« Dix ans de transition » établit que, plus de dix
ans après le début des réformes, plus
denfants encore sont confiés à lassistance
publique. Les taux plus élevés denfants
placés en établissement reflètent laccroissement
des risques auxquels sont exposés les enfants : affaiblissement
des liens familiaux, diminution du revenu des ménages, moindre
accès à la santé et à léducation,
taux plus élevés de mortalité adulte.
Il y avait plus d1,5 million denfants placés en
établissement à la fin des années 90,
environ 150.000 de plus quau début de la décennie.
Une hausse sest produite dans la
plupart des zones de la région (à lexception du
Caucase et de lex-Yougoslavie), et en
particulier dans les Etats baltes. LEurope centrale présente
également des taux élevés, en
nette opposition avec dautres indicateurs sociaux pour lesquels
cette partie de la région
remporte souvent les meilleurs résultats. Le nombre denfants
confiés à lassistance
publique a augmenté de plus dun tiers depuis 1989, en dépit
dune diminution du
nombre des jeunes enfants.
Le rapport de lUNICEF relève que, contrairement à
lattente que ladoption réduise le
nombre denfants placés en établissements, les adoptions
et les placements en
établissements ont souvent augmenté de manière
parallèle. Au Bélarus, par exemple, le
taux dadoption sest accru de 160% entre 1989 et 1999, et
la proportion denfants âgés
de 0 à 3 ans placés en établissement sest
accrue de 170%. Dans certains pays, de façon
particulièrement éclatante en Russie, la hausse des adoptions
internationales est allée de
pair avec la baisse des adoptions nationales.
Le rapport établit que la nécessité dune
réforme radicale des systèmes de protection de
lenfance dans la région nest pas moins urgente maintenant
quil y a 10 ans, et insiste
pour que des politiques de prévention plus rigoureuses et mieux
ciblées contribuent au
maintien des enfants au sein de leur famille.
Les recommandations du rapport
En ce qui concerne la pauvreté infantile, le rapport de lUNICEF
appelle à sy attaquer
opiniâtrement : (a) en plaçant la pauvreté des enfants
au centre des débats politiques
nationaux, (b) en affrontant les problèmes à long terme
qui perpétuent la pauvreté des
enfants (obstacles en matière déducation, grossesses
adolescentes, problèmes de santé) et
(c) en soutenant le revenu des familles par la mise en place de systèmes
de politiques
économiques ainsi que dimpôts et de transferts. Les
années 90 ont vu se réduire
nettement les allocations familiales dans de nombreux pays, à
la fois quant au nombre des
bénéficiaires et au montant des prestations.
En ce qui concerne le problème des enfants placés en
établissement, lUNICEF demande
un contrôle régulier et indépendant de la qualité
de ces établissements, ainsi quune
consolidation du rôle de lEtat en tant que régulateur
et garant de qualité plutôt que
principal agent de placement hors du foyer. Il faut renforcer les services
dassistance
familiale et encourager les solutions en faveur du maintien des enfants
au sein des
familles. Le rapport relève que lintroduction ou laugmentation
de frais de pension
mettrait un frein à la demande.
En ce qui concerne léducation, le rapport remarque les
faibles niveaux actuels
dinvestissement public dans plusieurs pays de la région,
en particulier dans les parties
méridionales. On pourrait faire un meilleur usage des budgets
scolaires en diminuant le
nombre des enseignants, et en les payant mieux et en temps voulu. La
participation des
parents et des entrepreneurs locaux à des activités de
gestion (pas seulement de
consultation) contribuerait à garantir lajustement de lécole
aux besoins de la société.
En ce qui concerne la santé, « Dix ans de transition »
dit quil faut intensifier les efforts
en matière de prophylaxie, déducation sanitaire,
et de programmes de santé publique. Il
constate que les systèmes de paiement libres pénalisent
les pauvres et recommande que
les politiques sanitaires soient axées sur un financièrement
adéquat, sur lefficacité et sur
léquité.
Pour obtenir un exemplaire du rapport « Dix ans de transition
» visitez le site web du Centre
de recherche Innocenti de lUNICEF.
Pour toute information supplémentaire veuillez contacter Patrick
McCormick,
responsable des communications au Centre de recherche Innocenti, tél.
00 39 055
2033354, e-mail pmccormick@unicef.org,
ou Patrizia Faustini, CRI, assistante aux
communications, tél. 00 39 055 2033253, e-mail pfaustini@unicef.org,
ou Robert Cohen,
bureau régional des PECO/CEI/Etats baltes au 41 22 909 5631,
e-mail
rcohen@unicef.org
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