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Sondage auprès des jeunes d'Europe et d'Asie Centrale

Cette enquête est représentative de l'opinion de 93 millions d'enfants

Berlin, 16 mai : L'UNICEF a publié aujourd'hui les résultats du plus vaste sondage jamais organisé auprès des enfants d'Europe et d'Asie centrale. Ces résultats sont représentatifs de l'opinion de plus de 93 millions de jeunes originaires de 35 pays de la région sur des questions liées à leurs droits.

Cette enquête ambitieuse brosse un portrait fascinant des idées, des préoccupations et des rêves des enfants et des adolescents de 26 Etats en transition d'Europe centrale et orientale, de la Communauté d'Etats indépendants (CEI) et des Etats baltes, ainsi que de neuf pays d'Europe occidentale. Elle donne également une image inquiétante d'un monde qui, pour les enfants et les jeunes, est marqué par la violence, l'injustice et la discrimination.

« Les enfants ne sont pas seulement notre avenir, ils sont notre présent et nous devons commencer à prendre leurs idées très au sérieux », a affirmé Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF. « Nous devons écouter attentivement ce que les jeunes ont à dire et leur donner toutes les occasions de s'exprimer. Nous devons aller à leur rencontre et les encourager à participer aux processus de prise de décisions qui influencent leur vie. »

Le sondage est fondé sur des entretiens personnels avec 15 200 enfants, âgés de 9 à 17 ans, réalisés entre décembre 2000 et février 2001, par l'une des plus grandes sociétés de sondage du monde, le groupe GfK.

Quelques conclusions essentielles :

  • Six enfants sur dix affirment être en butte à la violence ou à des comportements agressifs dans leur famille (cris et brutalités)
  • Près de la moitié des enfants interrogés estiment qu'ils ne disposent pas d'informations de base sur la prévention du VIH/sida (65% dans le groupe d'âge des 9-13 ans, 27% des 14-17 ans)
  • 61% pensent que leurs idées ne sont pas suffisamment ou pas du tout prises en compte par les autorités locales

Le sondage auprès des jeunes a été lancé de manière à coïncider avec une année spéciale pour les enfants. Il est fondé sur la conviction qu'il faut tenir compte des opinions des jeunes au sujet des questions qui les concernent et que leur voix doit être entendue par ceux qui façonnent le monde dont ils hériteront.

Ce n'est donc pas un hasard si les conclusions initiales du sondage sont rendues publiques le premier jour d'une réunion régionale de haut niveau à Berlin, la Conférence sur les enfants en Europe et en Asie centrale, chargée de définir un programme régional pour les enfants au cours de la prochaine décennie. Les résultats définitifs seront présentés à l'occasion de la Session extraordinaire que l'Assemblée générale des Nations Unies consacrera aux enfants pour la première fois de son histoire et qui se tiendra à New York en septembre 2001. Les dirigeants mondiaux qui y participeront élaboreront un ordre du jour mondial en faveur des enfants.

« J'espère que ce sondage important sera un tremplin pour des activités de l'OSCE sur les droits de l'enfant », a déclaré l'Ambassadeur Gérard Stoudmann, Directeur du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme (BIDDH) de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, qui a soutenu l'enquête. « Puisque nous sommes présents dans toute la région ayant fait l'objet du sondage, nous nous trouvons dans une position privilégiée pour contribuer aux efforts internationaux sur cet ensemble de questions fondamentales. »

Qu'est-ce qui rend les enfants malheureux ?

Les problèmes familiaux sont la première source d'inquiétude et de malaise pour les enfants. Les réprimandes, les punitions et la confrontation à des conflits familiaux sont les principales raisons citées par les enfants pour expliquer qu'ils sont malheureux.

  • Bien qu'ils décrivent leurs relations avec leurs parents en termes nettement positifs, six enfants sur dix déclarent connaître des comportements violents ou agressifs dans leur famille
  • 11% des enfants faisant état de comportements violents ou agressifs à la maison déclarent qu'ils se produisent souvent

Les préoccupations à propos de la violence et des comportements agressifs s'étendent à la manière dont les enfants ressentent le monde au-delà de la famille.

  • Un enfant sur six ne se sent pas en sécurité quand il se promène dans son quartier
  • La proportion d'enfants dans les pays en transition qui ne se sentent pas en sécurité dans leur communauté est près de deux fois supérieure à celle qui est enregistrée en Europe occidentale
  • deux enfants sur dix déclare avoir un ami ou un parent qui a été victime de la violence
  • Quand on les interroge à propos de leurs droits, plus d'un tiers des enfants citent spontanément le droit de ne pas être brutalisés ou maltraités. Dans ce groupe, plus d'un tiers pensent que c'est un droit qui n'est pas respecté dans leur pays

Il existe un lien évident entre la pauvreté et l'insatisfaction des enfants. Les niveaux nettement plus élevés de pauvreté qui accompagnent la transition vers des économies de marché et le fossé croissant entre riches et pauvres à l'intérieur des frontières nationales, à l'Ouest comme à l'Est, définissent le contexte :

  • Les enfants qui disent se sentir malheureux ont deux fois plus de probabilités de vouloir vivre dans un autre pays à l'âge adulte
  • Dans les pays en transition, 23% des enfants veulent émigrer quand ils seront grands, essentiellement en Europe occidentale ou en Amérique du Nord

Les enfants malheureux ne bénéficient pas d'un bon développement psychologique ou intellectuel, ils trouvent difficile de contribuer à une société qui, à leur sens, ne leur a rien donné et risquent de s'engager dans une spirale néfaste vers l'autodestruction ou un comportement antisocial. Il est donc particulièrement émouvant de noter que près d'un quart des enfants interrogés croient qu'ils ont le droit d'être aimés. Ce droit n'est proclamé dans aucune convention ou charte, mais le fait qu'ils le cite nous rappelle que si les enfants ne sont pas aimés, tous leurs autres droits demeurent lettre morte.

Pourtant, comme preuve de leur résistance et de leur optimisme, les enfants expriment sans ambages leur espoir de construire un avenir meilleur et de contribuer à un monde plus juste pour tous. Ils sont extrêmement inquiets face à un certain nombre de questions économiques, sociales et environnementales. Ils font preuve de perspicacité pour identifier la discrimination à l'égard des enfants handicapés, des enfants pauvres et des enfants de différentes religions et groupes ethniques.

Mesurer le bonheur des enfants

  • Les deux tiers des enfants se sentent heureux « la plupart du temps »
  • La majorité des enfants pensent que leur vie sera meilleure que celle de leurs parents

A quelle sorte de pays les enfants rêvent-ils ?

  • Les enfants rêvent d'abord d'un pays « où il n'y aurait pas de crimes ni de violence »
  • Les enfants rêvent ensuite d'un pays « où il y aurait la paix »

Reconnaissant que les enfants et leurs droits doivent être au centre de tous les efforts pour construire des sociétés pacifiques, prospères et démocratiques, l'UNICEF et d'autres organismes utiliseront les résultats du sondage pour guider leurs activités de plaidoyer et de programmation dans les années à venir. C'est une occasion de traduire les voix des jeunes dans de meilleures politiques, des budgets plus efficaces, des attitudes et comportements nouveaux.

Quelques précisions sur la méthodologie :

L'enquête a été réalisée par l'une des plus grandes sociétés de sondage du monde, le groupe GfK. Elle a été parrainée par l'UNICEF avec l'appui du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme (BIDDH) de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et a comporté des entretiens avec 15 200 enfants âgés de 9 à 17 ans.

Les enfants ont été interrogés selon leur âge, sexe, condition socio-économique, région géographique et zone (urbaine/rurale) du pays dans lequel ils vivaient. Le nombre d'enfants interrogés pour chacun de ces critères est directement proportionnel à la répartition de la population infantile dans chaque pays et forme donc un échantillon représentatif.

Les entretiens ont été menés conformément aux « Directives relatives à l'interview d'enfants et d'adolescents » préparées par l'ESOMAR (European Society for Opinion and Marketing Research). En conséquence, tous les enfants ont été interrogés dans leur propre langue (34 en tout) et chez eux, avec l'autorisation de leur parents ou tuteurs, mais non en leur présence, afin que les enfants se sentent à l'aise et répondent aux questions librement et en toute sincérité.

Le questionnaire utilisé était le même dans tous les pays et les entretiens de 40 minutes ont été menés entre le 22 décembre 2000 et le 16 février 2001. Pour un degré de confiance de 90%, la marge maximale d'erreur est de 0,7%.

Pays ayant pris part au sondage :

Compte tenu de la vaste portée de l'enquête, les résultats diffèrent bien évidemment d'un pays à l'autre et selon les régions. Dans les conclusions initiales et aux fins de comparaison, les pays ont été classés par groupes. Ces groupes sont les suivants :

Asie centrale : Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan

Caucase : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie

CEI occidentale : Bélarus, Fédération de Russie, République de Moldova, Ukraine

Etats baltes : Estonie, Lettonie, Lituanie

Europe centrale : Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie

Europe du Sud-Est : Albanie, Bulgarie, Roumanie

Europe occidentale : Allemagne, Autriche, Danemark, France, Grèce, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suisse (l'Espagne et le Portugal ont fait l'objet d'une enquête d'opinion l'an dernier dans le cadre du sondage couvrant l'Amérique latine et les Caraïbes)

Ex-Yougoslavie : Bosnie-Herzégovine, Croatie, l'ex-République yougoslave de Macédoine, Yougoslavie (y compris la Province du Kosovo administrée par les Nations Unies)

Dans la Fédération de Russie et en Ukraine, 800 enfants ont été interrogés. Dans chacun des autres pays, on a interrogé 400 enfants.

Pour de plus amples informations, prière de s'adresser à :

Robert Cohen, Bureau régional de l'UNICEF pour l'Europe centrale et orientale, la Communauté d'Etats indépendants et les Etats baltes, tél. +41 (22) 909 5631, téléphone portable +41 (0) 79 431 1537

Hans Olsen, Bureau régional de l'UNICEF pour l'Europe, tél.  +41 (22) 909 5517

Frederike Seidel, Bureau régional de l'UNICEF pour l'Europe, tél. +41 (22) 909 5515, téléphone portable +49 (0) 162 549 2864

Rudi Tarneden, Comité allemand pour l'UNICEF, tél. +49 (221) 936 50 218

Wivina Belmonte, Bureau régional de l'UNICEF pour l'Europe, tél. +41 (22) 909 5509

Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à media@unicef.org