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Au lendemain des séismes, le plus dur, c'est l'aide au plan affectif

Tandis qu'une nouvelle réalité se fait jour, des signes de traumatisme commencent à apparaître

New Delhi / Genève / New York, le 16 février 2001 - Dans le petit village de Chandia dans la zone du séisme en Inde, il n'en faut pas beaucoup pour qu'un petit garçon de 4 ans se précipite en hurlant dans les bras de sa mère: il suffit de la visite d'un étranger. Dans un village à proximité, les médecins font état d'un nombre élevé de cas d'hypertension chez des femmes par ailleurs en bonne santé. À en croire les agents sanitaires qui se déploient dans le Gujarat dévasté pour distribuer des vaccins contre la rougeole, les sentiments les plus courants qu'ils rencontrent sont un mélange de crainte, d'inquiétude et d'incertitude.

Selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, de multiples témoignages ponctuels, en provenance de la zone du séisme en Inde, montrent que les effets après-coup de la catastrophe sur le plan affectif sont beaucoup plus difficiles à discerner que les besoins élémentaires en matière de nourriture et d'abri, et vont bien au-delà. Le Fonds a également déclaré que surmonter le traumatisme pourrait constituer le véritable défi du processus de redressement.

« Les efforts de secours de la part du gouvernement, des ONG et des habitants eux-mêmes ont été fantastiques », a déclaré Maria Calivis, qui dirige le bureau de l'UNICEF en Inde, et qui a visité la semaine dernière la zone du séisme. « Mais apporter un réconfort aux survivants sur le plan affectif s'avère plus difficile. C'est une préoccupation qui guide tous nos travaux pour le moment ».

Au hasard des rencontres avec une douzaine d'équipes de santé qui distribuent cette semaine des vaccins contre la rougeole dans la zone sinistrée, le personnel de l'UNICEF a obtenu des rapports systématiques faisant état de stress post-traumatique, tant chez les enfants que chez les adultes. Selon les médecins, les habitants éprouvent une profonde incertitude quant à l'avenir, et persistent à croire qu'il y aura un nouveau séisme. Des conversations avec les villageois ont également révélé que nombre d'entre eux dorment à la belle étoile, bien que leurs habitations aient été épargnées par le tremblement de terre.

« Le fait qu'un fort séisme ait frappé pour la seconde fois au Salvador cette semaine n'est pas pour aider », a déclaré Mme Calivis. Elle a constaté que les tremblements de terre dans le monde font la une depuis cinq semaines consécutives. « Même les enfants qui habitent loin de ces séismes en ressentent les effets », a-t-elle ajouté, en faisant remarquer que les discussions dans les médias au sujet du risque élevé de séismes dans le nord de l'Inde n'ont pas échappé à la majeure partie des écoliers.

L'UNICEF a annoncé qu'il modifiait ses propres approches en matière de soutien psychosocial afin de prendre en compte les nombreux signes de traumatisme qui apparaissent dans la zone touchée par le séisme. Cette semaine, au cours d'une séance de formation censée aider les enseignants à reconnaître les signes de traumatisme consécutifs au séisme chez les enfants, par exemple, un spécialiste de l'UNICEF en aide psychosociale s'est retrouvé en train de diriger une séance de consultations improvisée, destinée aux enseignants eux-mêmes.

« La réalité est que chacun, dans la zone du séisme, subit un stress et fait face à des pertes en vies humaines », a déclaré Mme Calivis. « Alors que plusieurs autres aspects des secours et du relèvement vont de l'avant, nous ne pouvons pas nous permettre de fermer les yeux sur les besoins existants en matière de soutien affectif ».

L'UNICEF a annoncé qu'il collaborera avec le gouvernement de l'État ainsi qu'avec les ONG partenaires afin de s'assurer que les enseignants, les agents sanitaires et toute personne travaillant directement avec les enfants aient la possibilité de cicatriser leurs propres blessures avant de tenter d'aider les autres.

Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à : Liza Barrie, Directrice UNICEF Media, New York, (212) 326-7593 Jehane Sedky-Lavandero, UNICEF Media, New York, (212) 326-7269 Lynn Geldof, UNICEF Media, Genève, (41 22) 909-5531

Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à media@unicef.org