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Le rapport sur La situation des enfants dans le monde de l'UNICEF affirme que le progrès repose sur les plus jeunes enfants
« La pauvreté enfantine est insidieuse et immorale. Avec chaque enfant qui y succombe, chaque conscience qui sy abîme, elle conduit inexorablement à une perte massive de potentiel humain », a dit Mme Bellamy. «Favoriser le développement intellectuel des enfants en investissant dans la santé, la nutrition, léducation et une protection de base est à la fois un impératif moral et une décision économique judicieuse », a-t-elle ajouté. «Mais ces investissements doivent se faire très tôt, suffisamment tôt dans la vie de lenfant pour pouvoir tirer parti de ce moment unique dans le développement de lêtre humain.» Dans son évaluation annuelle du bien-être des enfants, La situation des enfants dans le monde 2001, lUNICEF déclare quun trop grand nombre de responsables politiques et économiques nont pas encore réussi à comprendre les vérités profondes du développement humain. « Le plus tragique, cest que de nombreux responsables ignorent tout simplement limportance cruciale de ces trois premières années de vie, a déclaré Mme Bellamy, mais notre compréhension du développement de lêtre humain a fait dénormes progrès et nous sommes maintenant certains que ces années sont capitales pour le reste de lexistence. Les investissements réalisés aujourdhui auront de très bons rendements et les enfants et la société de demain en bénéficieront.» Mme Bellamy a affirmé que les investissements dans le développement des enfants de 0 à 3 ans étaient le seul moyen dassurer que chaque enfant ait la possibilité de réaliser tout son potentiel. Elle a déclaré que ces investissements étaient essentiels pour faire de véritables progrès en matière déducation, de développement économique, de baisse de la criminalité et dallégement de la dette. La directrice de lUNICEF a souligné que près de 11 millions denfants meurent chaque année de maladies quil est possible déviter, que170 millions sont mal nourris, que plus de 100 millions ne vont jamais à lécole et quun enfant sur dix est handicapé. Outre ces signes tangibles de lindifférence dont sont victimes tant denfants dans le monde, lUNICEF affirme quil est quasiment impossible de calculer les pertes en ressources humaines quentraîne linsuffisance des soins donnés à la petite enfance. La situation des enfants dans le monde 2001 mobilise les particuliers, les gouvernements, les organisations internationales et les donateurs pour quils financent la totalité des soins à la petite enfance, en concentrant particulièrement leurs efforts sur les enfants âgés de 0 à 3 ans. LUNICEF affirme quil faudra débourser 80 milliards de dollars par an pour donner à tous les nouveau-nés de la planète un bon départ dans la vie. Le rapport insiste sur quatre points essentiels : 1) Les soins à la petite enfance relèvent des droits de lhomme. Tous les enfants jouissent de droits à la naissance, à commencer par le droit dêtre déclarés à la naissance. Ils ont droit à une alimentation équilibrée, à des soins psychosociaux et de santé, à de leau salubre, à un assainissement adéquat, à une éducation de base, à une stimulation cognitive et à la possibilité de réaliser tout leur potentiel. Les nations doivent sefforcer de prodiguer à tous leurs enfants les meilleurs soins possibles. 2)Les soins à la petite enfance sappuient sur des données scientifiques solides et sur lexpérience pratique. Les travaux de recherche en neurosciences et lexpérience sur le terrain soulignent que le langage, les fonctions motrices, la personnalité, la socialisation et la résistance physique se développent à des moments précis de la croissance. Les programmes de soins à la petite enfance contribuent à développer les capacités sociales et intellectuelles sans lesquelles les enfants ne peuvent pas réaliser tout leur potentiel. 3) Les soins à la petite enfance sont un investissement judicieux. Chaque dollar investi dans les soins à la petite enfance génère 7 dollars déconomies. Ce chiffre est tiré détudes démontrant que les enfants qui vont à la maternelle ou à la crèche sont ensuite moins susceptibles de tomber malades, de redoubler, dabandonner lécole ou de suivre des cours de rattrapage. En outre, en réorientant leurs budgets, les pays peuvent, sans dépenses supplémentaires, mettre en uvre des programmes intégrés destinés aux très jeunes enfants. 4) Trois grandes menaces se profilent : la pauvreté, les conflits et le VIH/SIDA. Elles représentent le plus grand danger pour la communauté internationale. Mais le financement de la lutte contre ces trois fléaux et celui des soins à la petite enfance se font concurrence. Dans les pays les plus pauvres, les maigres ressources sont absorbées par le remboursement des prêts. En investissant dans des machines de guerre destructrices, de nombreux pays privent leurs citoyens de nourriture, deau salubre, de soins de santé et déducation. Et dans certains pays, en particulier en Afrique subsaharienne, la pandémie du VIH/SIDA a quasiment épuisé les ressources des budgets de la santé et de léducation. La situation des enfants dans le monde 2001 exhorte la communauté internationale à investir dans la petite enfance puisque cest en fin de compte sur les jeunes enfants que repose lespoir déliminer ces fléaux. Des enfants pauvres, mal nourris et faibles feront des pays pauvres et impuissants. En investissant en faveur des enfants et de leurs familles, les pays investissent en fait dans leur propre développement durable. Affirmant que «la lutte contre la pauvreté commence par les soins à donner aux jeunes enfants », Mme Bellamy demande instamment aux pays donateurs de modifier la répartition de leur aide de façon à témoigner de leur engagement en faveur des programmes de développement du jeune enfant. Mme Bellamy souligne que le développement du jeune enfant va de pair avec la protection des femmes et la défense de leurs droits. «Des femmes instruites, en bonne santé et émancipées sont essentielles au bien-être des enfants quelles mettent au monde », dit-elle. «Il faut parallèlement sensibiliser les hommes à ces problèmes pour éliminer les comportements qui engendrent les inégalités et transforment les femmes et les enfants en citoyens de deuxième ordre.» «La situation des très jeunes enfants, qui sont des citoyens jouissant des mêmes droits que les autres, est loin dêtre satisfaisante », conclut Mme Bellamy. « Elle ne saméliorera que lorsque nous modifierons nos priorités et que nous déciderons de donner la priorité aux très jeunes enfants du monde entier, une décision judicieuse aux plans économique, social et politique.» Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à media@unicef.org
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