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Le rapport sur La situation des enfants dans le monde de l'UNICEF affirme que le progrès repose sur les plus jeunes enfants

12 décembre 2000 - «Investir dans le développement de nos enfants les plus jeunes est le choix le plus fondamental que peuvent faire de bons dirigeants », a déclaré aujourd’hui Mme Carol Bellamy, Directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l’enfance. Mme Bellamy a affirmé que la communauté internationale gaspillait dans des proportions massives son potentiel humain en laissant des centaines de millions de ses citoyens les plus jeunes se débattre dans la pauvreté et le dénuement.

« La pauvreté enfantine est insidieuse et immorale. Avec chaque enfant qui y succombe, chaque conscience qui s’y abîme, elle conduit inexorablement à une perte massive de potentiel humain », a dit Mme Bellamy. «Favoriser le développement intellectuel des enfants en investissant dans la santé, la nutrition, l’éducation et une protection de base est à la fois un impératif moral et une décision économique judicieuse », a-t-elle ajouté. «Mais ces investissements doivent se faire très tôt, suffisamment tôt dans la vie de l’enfant pour pouvoir tirer parti de ce moment unique dans le développement de l’être humain.»

Dans son évaluation annuelle du bien-être des enfants, La situation des enfants dans le monde 2001, l’UNICEF déclare qu’un trop grand nombre de responsables politiques et économiques n’ont pas encore réussi à comprendre les vérités profondes du développement humain.

« Le plus tragique, c’est que de nombreux responsables ignorent tout simplement l’importance cruciale de ces trois premières années de vie, a déclaré Mme Bellamy, mais notre compréhension du développement de l’être humain a fait d’énormes progrès et nous sommes maintenant certains que ces années sont capitales pour le reste de l’existence. Les investissements réalisés aujourd’hui auront de très bons rendements et les enfants et la société de demain en bénéficieront.»

Mme Bellamy a affirmé que les investissements dans le développement des enfants de 0 à 3 ans étaient le seul moyen d’assurer que chaque enfant ait la possibilité de réaliser tout son potentiel. Elle a déclaré que ces investissements étaient essentiels pour faire de véritables progrès en matière d’éducation, de développement économique, de baisse de la criminalité et d’allégement de la dette.

La directrice de l’UNICEF a souligné que près de 11 millions d’enfants meurent chaque année de maladies qu’il est possible d’éviter, que170 millions sont mal nourris, que plus de 100 millions ne vont jamais à l’école et qu’un enfant sur dix est handicapé. Outre ces signes tangibles de l’indifférence dont sont victimes tant d’enfants dans le monde, l’UNICEF affirme qu’il est quasiment impossible de calculer les pertes en ressources humaines qu’entraîne l’insuffisance des soins donnés à la petite enfance.

La situation des enfants dans le monde 2001 mobilise les particuliers, les gouvernements, les organisations internationales et les donateurs pour qu’ils financent la totalité des soins à la petite enfance, en concentrant particulièrement leurs efforts sur les enfants âgés de 0 à 3 ans. L’UNICEF affirme qu’il faudra débourser 80 milliards de dollars par an pour donner à tous les nouveau-nés de la planète un bon départ dans la vie.

Le rapport insiste sur quatre points essentiels :

1) Les soins à la petite enfance relèvent des droits de l’homme.

Tous les enfants jouissent de droits à la naissance, à commencer par le droit d’être déclarés à la naissance. Ils ont droit à une alimentation équilibrée, à des soins psychosociaux et de santé, à de l’eau salubre, à un assainissement adéquat, à une éducation de base, à une stimulation cognitive et à la possibilité de réaliser tout leur potentiel. Les nations doivent s’efforcer de prodiguer à tous leurs enfants les meilleurs soins possibles.

2)Les soins à la petite enfance s’appuient sur des données scientifiques solides et sur l’expérience pratique.

Les travaux de recherche en neurosciences et l’expérience sur le terrain soulignent que le langage, les fonctions motrices, la personnalité, la socialisation et la résistance physique se développent à des moments précis de la croissance. Les programmes de soins à la petite enfance contribuent à développer les capacités sociales et intellectuelles sans lesquelles les enfants ne peuvent pas réaliser tout leur potentiel.

3) Les soins à la petite enfance sont un investissement judicieux.

Chaque dollar investi dans les soins à la petite enfance génère 7 dollars d’économies. Ce chiffre est tiré d’études démontrant que les enfants qui vont à la maternelle ou à la crèche sont ensuite moins susceptibles de tomber malades, de redoubler,

d’abandonner l’école ou de suivre des cours de rattrapage. En outre, en réorientant leurs budgets, les pays peuvent, sans dépenses supplémentaires, mettre en œuvre des programmes intégrés destinés aux très jeunes enfants.

4) Trois grandes menaces se profilent : la pauvreté, les conflits et le VIH/SIDA.

Elles représentent le plus grand danger pour la communauté internationale. Mais le financement de la lutte contre ces trois fléaux et celui des soins à la petite enfance se font concurrence. Dans les pays les plus pauvres, les maigres ressources sont absorbées par le remboursement des prêts. En investissant dans des machines de guerre destructrices, de nombreux pays privent leurs citoyens de nourriture, d’eau salubre, de soins de santé et d’éducation. Et dans certains pays, en particulier en Afrique subsaharienne, la pandémie du VIH/SIDA a quasiment épuisé les ressources des budgets de la santé et de l’éducation.

La situation des enfants dans le monde 2001 exhorte la communauté internationale à investir dans la petite enfance puisque c’est en fin de compte sur les jeunes enfants que repose l’espoir d’éliminer ces fléaux. Des enfants pauvres, mal nourris et faibles feront des pays pauvres et impuissants. En investissant en faveur des enfants et de leurs familles, les pays investissent en fait dans leur propre développement durable. Affirmant que «la lutte contre la pauvreté commence par les soins à donner aux jeunes enfants », Mme Bellamy demande instamment aux pays donateurs de modifier la répartition de leur aide de façon à témoigner de leur engagement en faveur des programmes de développement du jeune enfant.

Mme Bellamy souligne que le développement du jeune enfant va de pair avec la protection des femmes et la défense de leurs droits. «Des femmes instruites, en bonne santé et émancipées sont essentielles au bien-être des enfants qu’elles mettent au monde », dit-elle. «Il faut parallèlement sensibiliser les hommes à ces problèmes pour éliminer les comportements qui engendrent les inégalités et transforment les femmes et les enfants en citoyens de deuxième ordre.»

«La situation des très jeunes enfants, qui sont des citoyens jouissant des mêmes droits que les autres, est loin d’être satisfaisante », conclut Mme Bellamy. « Elle ne s’améliorera que lorsque nous modifierons nos priorités et que nous déciderons de donner la priorité aux très jeunes enfants du monde entier, une décision judicieuse aux plans économique, social et politique.»

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