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Le rapport sur la paix au Guatemala représente un «progrès décisif» pour la cause des enfants

Selon le rapport, les droits de l’enfant jouent un rôle capital dans le maintien d’une paix durable et la prospérité.

19 décembre 2000 – Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance qualifie aujourd’hui de « progrès décisif » un rapport de la Mission de paix des Nations Unies au Guatemala qui souligne le rôle capital que jouent les droits de l’enfant dans la consolidation de la paix.

Le rapport, publié la semaine dernière par la Mission des Nations Unies pour la vérification des droits de l’homme au Guatemala (MINUGUA) analyse la façon dont les droits de l’enfant ont été réalisés – ou non – par les réformes sociales, économiques et juridiques qui sont au cœur des mesures de consolidation de la paix au Guatemala.

L’opération de consolidation de la paix que mènent les Nations Unies au Guatemala est la plus importante et la plus ambitieuse du monde. Les accords de paix signés en 1996 mettaient fin à 35 années de conflit armé dans ce pays.

« Ce rapport historique met en évidence le fait que le seul moyen d’obtenir une paix et une prospérité durables, c’est de favoriser une culture respectueuse des droits humains. Et il faut commencer par les enfants, qui seront les citoyens et les dirigeants de demain », a déclaré Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF.

« Nous parlons d’éducation, de nutrition, de protection juridique, des droits très fondamentaux, a dit Mme Bellamy. Si les tentatives de réconciliation et de reconstruction n’incluent pas des dispositions protégeant les intérêts des jeunes, ou ne font rien pour investir dans la jeunesse, il en émanera une société injuste. Et les sociétés injustes ne sont pas des sociétés pacifiques. »

Selon le rapport de la MINUGUA, il faut compter parmi les principaux échecs en matière de droits de l’enfant un taux élevé de malnutrition et des structures juridiques qui ne sont pas adaptées aux mineurs. Près de 50 % de la population enfantine est affectée par un retard de croissance.

Le rapport explique aussi que le système juridique n’est pas adapté aux jeunes parce qu’on ne les traite pas différemment selon qu’ils sont victimes d’abus ou qu’ils ont enfreint la loi. Le rapport cite entre autres l’incarcération de mineurs avec des détenus adultes.

Les violations des droits de l’enfant signalés dans le rapport de la MINUGUA entravent les efforts réalisés pour créer chez les jeunes générations guatémaltèques une culture respectueuse des droits civiques et politiques, et de la démocratie, explique l’UNICEF.

Pour renforcer le processus de paix, la MINUGUA et l’UNICEF proposent que le gouvernement guatémaltèque prennent les mesures suivantes :

· Une réforme juridique visant à mettre en place une législation nationale conforme à la Convention relative aux droits de l'enfant

· Des initiatives pour améliorer l’accès à l’éducation et aux services de santé et renforcer la protection contre l’exploitation ou la traite des enfants

· La mise sur pied d’un programme prioritaire visant à réduire la malnutrition

· Une réforme du système juridique, y compris l’adoption d’un Code de l’enfance et de l’adolescence, ainsi que des mesures garantissant un processus judiciaire distinct pour les délinquants juvéniles ainsi que pour les enfants placés sous garde pour leur propre protection

L’UNICEF compte prolonger sa collaboration avec la mission de l’ONU au Guatemala afin de renforcer les droits de l’enfant, élément clé de la consolidation de la paix à long terme. L’organisation a félicité le gouvernement et les médias guatémaltèques qui ont beaucoup parlé de ce rapport.

« L’UNICEF est heureux de cette collaboration avec la MINUGUA qui lui permet d’attirer l’attention sur la situation des jeunes Guatémaltèques. Le rapport témoigne de l’engagement de l’UNICEF et de la famille des Nations Unies en faveur des droits de l’enfant, non seulement en temps de guerre mais aussi une fois que le conflit a pris fin », a affirmé Mme Bellamy.

« Les missions de paix menées ailleurs dans le monde devraient s’inspirer de ce qu’a réalisé la MINUGUA, et l’UNICEF serait heureux de collaborer de la même manière avec d’autres missions, a-t-elle ajouté. Les questions d’enfants doivent être au cœur des tentatives de consolidation de la paix partout dans le monde. »

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