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La question des enfants dans les conflits armés passe en tête de l'ordre du jour politique

26 juillet 2000 – La Directrice générale du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Carol Bellamy, a exhorté le Conseil de sécurité aujourdhui à tenir responsables de leurs actes ceux qui portent atteinte aux droits des enfants en temps de guerre, qu'il s'agisse de gouvernements, de groupes rebelles ou de sociétés anonymes.

« Nous avons trop souvent affirmé quil est intolérable que des enfants soient enlevés, mutilés, enrôlés, blessés et forcés à laisser leur enfance derrière eux », a déclaré Mme Bellamy au Conseil de sécurité aujourdhui. « Pourtant, nous avons maintes fois, au Rwanda, en Sierra Leone, au Soudan, en Afghanistan, au Kosovo au Timor oriental, été les témoins impuissants de la cruauté et de l'indifférence qu'ils subissaient ».

Mme Bellamy s'est exprimée lors d'une séance spéciale du Conseil de sécurité chargée d'examiner la question des enfants dans les conflits armés après la publication d'un rapport du Secrétaire Général vendredi dernier. Le Conseil devrait adopter une nouvelle résolution sur cette question la semaine prochaine.

Mme Bellamy s'est félicitée que cette question soit débattue par le Conseil de sécurité pour la deuxième fois en un an et que les enfants soient placés en tête de l'ordre du jour politique des Nations Unies. Mais elle a souligné que pour faire une différence dans la vie des enfants, une résolution doit être strictement appliquée. Elle a demandé au Conseil d'observer le comportement des États et autres parties concernées pour sassurer que tous ceux qui violent les droits des enfants soient couverts de honte, déshonorés et tenus responsables de leurs actes.

« Chaque fois que les parties à un conflit ou autres ne respecteront pas les dispositions d'une résolution, lUNICEF exhorte les membres du Conseil à s'exprimer, collectivement et individuellement, pour faire savoir à tous que les coupables dépassent les limites du comportement acceptable », a-t-elle déclaré.

Mme Bellamy a demandé que la résolution prévoie plusieurs mesures essentielles destinées à aider et à protéger les enfants. Le redémarrage rapide des programmes d'éducation, par exemple, contribue à rétablir l'espoir et un sentiment de normalité chez les enfants traumatisés et diminue le risque de recrutement d'enfants soldats. Elle a aussi prié le Conseil d'insister sur le besoin de mettre en place des programmes spéciaux de démobilisation des enfants soldats, de sensibilisation aux mines, et d'initiatives visant à protéger les hôpitaux, les écoles et autres lieux où les enfants sont susceptibles de se trouver.

LUNICEF estime à plus de deux millions le nombre d'enfants qui sont morts à cause de la guerre au cours des dix dernières années et à 12 millions le nombre de ceux qui ont perdu leur foyer. Tous les mois, les mines terrestres tuent ou blessent jusquà 500 enfants. Au moins 300 000 jeunes de moins de 18 ans participent à plus de 30 conflits armés dans le monde, en tant qu'enfants soldats, porteurs, messagers, cuisiniers et esclaves sexuels. Tous les enfants vivant dans des sociétés en guerre en subissent les conséquences directes ou indirectes.

Mme Bellamy sest déclarée encouragée par les progrès accomplis depuis l'adoption de la première résolution du Conseil de sécurité (Res. 1261) sur les enfants dans les conflits en 1999. Elle a applaudi le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de lenfant (CRC) des Nations Unies, adopté par l'Assemblée générale en mai, qui élève l'âge minimum de l'enrôlement obligatoire dans les forces armées de 15 à 18 ans. Mme Bellamy a engagé les gouvernements à ratifier le Protocole facultatif dans les plus brefs délais et a fait observer que le Sommet du millénaire de l'ONU à New York leur en offrait l'opportunité.

Dans le contexte de l'attention internationale portée à la question des enfants dans les conflits cette année, Mme Bellamy a rappelé que la Conférence internationale sur les enfants touchés par la guerre se tiendrait à Winnipeg, au Canada, en septembre. Elle a aussi signalé les engagements inédits pris lors des réunions récentes de l'OSCE et de la CEDAO pour protéger les enfants.

Mme Bellamy a déclaré au Conseil de sécurité : « Nous ne pouvons pas demander aux enfants touchés par la guerre d'attendre plus longtemps que leurs droits soient respectés. Leur développement physique et mental exige qu'une solution soit trouvée immédiatement. L'enfance ne dure pas toujours et une fois perdue, on ne la retrouve jamais ».

L'UNICEF mène des initiatives dans plus de 25 pays touchés par la guerre pour réouvrir les écoles, fournir des médicaments et des vaccins, réunir les enfants avec leur famille, assurer le fonctionnement des cliniques et des hôpitaux, soutenir les enfants traumatisés, creuser des puits, lancer des campagnes contre le recrutement des enfants dans l'armée et promouvoir la démobilisation et le désarmement.

Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à media@unicef.org sous la référence CF/DOC/PR/2000-59.


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