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L’UNICEF exhorte tous les pays a mener une « guerre de libération » contre le sida

12 juillet 2000 – Sachant qu’à chaque minute qui passe, six jeunes de moins de 25 ans sont contaminés par le sida, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance a déclaré aujourd’hui que pour vaincre la maladie, les nations devaient « mobiliser des ressources sans précédent » et s’engager dans « une guerre de libération », menée par les jeunes.

« Plusieurs sociétés n’ont jamais, dans toute leur histoire, été confrontées à une calamité comparable au VIH/sida », a déclaré Carol Bellamy, Directrice générale de l’UNICEF. « C’est un ennemi tapi dans l’ombre, et nous nous en rendons complices en refusant de reconnaître qu’il est fort et que nous sommes vulnérables. C’est ce qui nous a empêché d’affronter le sida avec toute notre énergie », a-t-elle poursuivi.

« Toutes les sociétés savent bien ce qu’est une guerre de libération », a ajouté Bellamy, en faisant remarquer que ce concept prenait une résonance particulière en Afrique. « Pour la mener, il faut mobiliser toutes les ressources disponibles, il faut qu’hommes et femmes y participent sur un pied d’égalité, il faut accepter que les jeunes tiennent le premier rôle et il ne faut épargner aucun effort et ne tolérer aucune diversion tant que la société n’aura pas retrouvé sa liberté. Voilà de quoi nous avons besoin aujourd’hui, et c’est un minimum. »

Bellamy a fait ces commentaires lors du lancement d’un nouveau rapport de l’UNICEF qui décrit en détails les ravages que le VIH/sida provoque chez les jeunes. Selon l’UNICEF, ils « sont capables de rompre le cycle de contamination et de vaincre définitivement le sida ».

Le rapport de l’UNICEF, Le Progrès des nations 2000, révèle des informations précises :

  • Près d’un tiers des personnes contaminées par le VIH/sida sont des jeunes de 15 à 24 ans, ce qui fait un total de près de 10 millions pour l’ensemble de la planète
  • Toutes les minutes, six jeunes de moins de 25 ans sont infectés par le VIH
  • Les filles et les jeunes femmes courent deux fois plus de risques de contracter le sida que les garçons et les jeunes hommes
  • Selon les estimations, rien qu’en 1999, 860 000 enfants inscrits à l’école primaire en Afrique subsaharienne ont été privés de leurs enseignants, morts du sida.

« Ce rapport prouve que nos efforts n’ont pas permis d’enrayer la propagation du VIH », a déclaré Bellamy devant le large auditoire réuni cette semaine à l’occasion de la Conférence internationale sur le sida. « Il est particulièrement inquiétant de constater que nombre de jeunes vivant dans des pays où la prévalence du VIH est élevée ne savent pas comment se protéger. Beaucoup ne savent même pas qu’ils courent des risques, surtout les filles, et c’est catastrophique. »

En effet, Le Progrès des nations dévoile que :

  • Dans plusieurs pays, 50 % au moins des filles âgées de 15 à 19 ans ne savent pas qu’une personne qui a l’air en bonne santé peut être infectée par le VIH et le transmettre à d’autres.
  • Dans un certain nombre de pays, près de la moitié des filles de 15 à 19 ans sexuellement actives pensent qu’elles ne risquent pas de contracter la maladie
  • Des études menées dans 17 pays révèlent que plus de la moitié des adolescents (davantage de filles que de garçons) sont incapables de citer une seule méthode permettant de se protéger contre le VIH/sida.

L’UNICEF fait valoir dans son rapport que l’éducation sur le VIH/sida a remporté des succès lorsque les jeunes ont pu participer à la conception et à la mise en œuvre des projets. On peut citer en exemple l’Ouganda, le Malawi, le Sénégal et la Zambie, où les taux de contamination ont commencé à chuter. L’organisation prévoit d’affecter davantage de ressources à ce type d’initiatives.

Dans le cadre de ces efforts, l’UNICEF a demandé à deux jeunes Africains d’écrire sur le VIH/sida pour Le Progrès des nations 2000. La star de la chanson africaine, Femi Anikulapo-Kuti, dont le père, Fela, un musicien célèbre, a été emporté par le sida en 1997, écrit que « l’Afrique et ses amis doivent affronter le sida avec la détermination et l’unité dont ils feraient preuve face à n’importe quel ennemi décidé à les anéantir. » Hortense Bla Me, 19 ans, présidente du Parlement des enfants, une organisation ivoirienne qui compte 100 membres, écrit pour sa part : « L’éducation par les camarades est l’un des outils les plus puissants dont nous disposons pour lutter contre le VIH/sida, mais il est trop peu utilisé. »

Selon l’UNICEF, la majorité des jeunes de moins de 25 ans et la grande majorité des adolescents de moins de 19 ans ne sont pas séropositifs. Il faut donc leur inculquer les connaissances, les attitudes et les compétences qui leur permettront de se protéger et d’éviter d’être contaminés par la suite.

L’UNICEF s’efforce aussi de limiter la transmission du virus du sida de la mère à l’enfant. Dans ses projets pilotes au Botswana et au Rwanda, il préconise une approche globale du problème, alliant les conseils aux soins médicaux. Grâce à un projet exécuté dans le nord de la Thaïlande, les taux de transmission du virus de la mère à l’enfant ont chuté de 25 à 7,5 %.

Le Progrès des nations 2000 fait également le point sur trois autres secteurs des droits de l’enfant : les soins à prodiguer aux jeunes enfants, la vaccination et la protection contre l’exploitation et la négligence.

« Bien que le thème principal du rapport soit le VIH/sida, la propagation de la maladie chez les jeunes est le symbole d’un problème plus général : le monde a échoué dans sa tentative de faire respecter les droits de l’enfant, » a déclaré Bellamy. « En fait, si les gouvernements investissaient suffisamment de ressources dans les soins à prodiguer aux jeunes enfants et dans l’éducation, les soins aux femmes enceintes, la vaccination de base, et s’ils protégeaient efficacement les enfants contre l’exploitation, la prévalence du VIH/sida n’atteindrait pas les sommets qu’elle affiche actuellement. »

Dans sa présentation sur la petite enfance intitulée «Un bon départ dans la vie», Bellamy affirme que les soins aux enfants de moins de huit ans sont au cœur du développement humain. « L’essentiel se résume à peu de choses, » écrit Bellamy, « les petits enfants ont besoin de soins de santé, d’une bonne nutrition (surtout d’être nourris au sein), d’un milieu protégé et hygiénique et d’un entourage aimant et stimulant. » Selon l’UNICEF, avec 70 à 80 milliards de dollars de plus chaque année, on pourrait élargir les services de base et fournir à tous les enfants les infrastructures essentielles à leur développement. Les statistiques qui accompagnent la présentation de Bellamy portent sur le retard de la croissance, la carence en iode, l’insuffisance pondérale à la naissance, les soins prénatals, l’utilisation des soins de santé communautaires et les mères adolescentes.

Dans la troisième présentation, « Le pouvoir de la vaccination », le Dr William Foege, un expert réputé en santé internationale, associé à l’Équipe spéciale pour la survie et le développement de l’enfant, plaide en faveur d’une amélioration et d’un élargissement de la vaccination de base, surtout dans les pays pauvres. Tout en reconnaissant que des succès considérables ont été remportés dans les années 80 et 90, il fait valoir qu’une toute nouvelle génération de vaccins et d’interventions est nécessaire pour atteindre l’objectif de la vaccination pour tous et vaincre des maladies qui font de plus en plus de ravages, comme le Hib (Haemophilus influenzae de type B, qui est à l’origine de la pneumonie bactérienne et de la méningite), le paludisme et le VIH/sida. Il révèle que 30 000 enfants meurent chaque jour de causes qui auraient pu être évitées. Les statistiques portent sur la couverture par le DTC3 (diphtérie, tétanos, coqueluche), les progrès réalisés vers l’éradication de la poliomyélite, les décès provoqués par le tétanos néonatal et le financement des vaccins.

La dernière présentation, « Les enfants perdus » par Juan Somavía, Directeur général de l’Organisation internationale du Travail, porte sur les centaines de millions d’enfants qui, « égarés parmi les vivants », souffrent dans l’anonymat le plus complet. Ce sont les enfants qui travaillent dans des fermes ou des usines, qui sont prisonniers de la prostitution, les enfants soldats, ceux qui n’ont pas été déclarés à la naissance ou qui vivent dans les rues. Les statistiques portent sur les écarts entre les zones urbaines et rurales en termes de scolarisation, le dilemme des orphelins, la mutilation génitale des femmes, le manque d’accès à l’eau salubre et à l’assainissement et le fléchissement de l’aide publique au développement.

Le rapport et des informations complémentaires sont disponibles sur le site de l’UNICEF.

Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à media@unicef.org sous la référence CF/DOC/PR/2000-55.


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