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Bellamy demande un soutien accru en faveur des victimes de la sécheresse dans la Corne

21 juin 2000 – Carol Bellamy, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance, a exhorté aujourd’hui les donateurs, tant gouvernementaux qu’individuels, à accroître leur soutien aux efforts déployés pour venir en aide aux victimes de la sécheresse dans la région de la Corne de l’Afrique, où au moins 13 millions de personnes dans cinq pays sont menacées de déplacement, de maladie et des conséquences d’un conflit.

Revenant d’une mission de cinq jours dans cinq pays de la région de la Corne, où elle a visité des camps de personnes déplacées ainsi que des centres de ravitaillement et de vaccination d’urgence, Bellamy a déclaré qu’un soutien accru de la part des donateurs était essentiel au succès des opérations de secours. Elle a observé qu’en raison de la lenteur avec laquelle les donateurs ont répondu à ses précédents appels, l’UNICEF a dû financer ses initiatives avec des fonds empruntés à l’ONU.

« J’ai fait ce voyage parce que je craignais que la crise humanitaire provoquée par la sécheresse ne soit obscurcie par le conflit entre l’Éthiopie et l’Érythrée », a expliqué Bellamy. « Maintenant qu’un cessez-le-feu a été signé, nous avons une excellente opportunité de nous consacrer aux besoins humanitaires que la guerre et la sécheresse ont créés. Sans un soutien supplémentaire, nous ne serons pas en mesure de sauver des vies dans la Corne de l’Afrique, notamment chez les enfants. »

Au cours de son voyage, Bellamy s’est rendue en Éthiopie, en Érythrée, à Djibouti, en Somalie et au Kenya.

Il y a deux semaines, l’ONU a lancé un appel en faveur de la sécheresse qui a permis de rassembler 386 millions de dollars. Ces fonds sont destinés à financer des activités comprenant des secours alimentaires, l’amélioration des sources d’eau potable, le remplacement du bétail, la vaccination des enfants et la fourniture de matériel pédagogique d’urgence. Les fonds rassemblés sont destinés à 85 % à l’aide alimentaire. Les 15 % restants couvrent une aide non alimentaire, comme la fourniture de médicaments, d’eau et les interventions d’assainissement et autres nécessaires pour sauver des vies. La part de l’UNICEF, environ 30 millions de dollars pour les cinq pays, est principalement destinée à l’assistance non alimentaire.

Bellamy a déclaré que les principaux donateurs internationaux, dont la plupart sont des gouvernements, se sont engagés à apporter environ la moitié des fonds demandés. Elle a observé toutefois que presque tous les engagements sont destinés à l’aide alimentaire. « Je dois faire remarquer que bien que l’aide alimentaire soit nécessaire, elle n’est pas suffisante. Les enfants qui souffrent de malnutrition ont besoin de suppléments alimentaires et de soins spéciaux. La vaccination est essentielle pour éviter les maladies. L’assainissement et l’approvisionnement en eau propre peuvent contribuer à empêcher les maladies de se répandre dès le début », a expliqué Bellamy.

« C’est pourquoi je sollicite un soutien renouvelé en faveur des habitants de la Corne de l’Afrique ».

Bellamy a dit que son voyage dans la région l’a convaincue que « bien qu’à des degrés variés selon les localités, toute la région est en proie à une sécheresse très grave ».

« En Érythrée notamment, il existe un danger immédiat pour les habitants », a indiqué Bellamy. « En raison de la sécheresse et de la guerre, l’Érythrée est menacée d’une crise humanitaire atteignant une échelle presque inimaginable. Entre un tiers et la moitié de toute la population a été déplacé. Les perspectives sont très mauvaises pour l’agriculture. J’ai visité un camp qui abritait presque 70 000 personnes, dont environ 90 % d’enfants et de femmes. Ce camp n’existait même pas il y a trois semaines », a-t-elle observé.

« Le Kenya est aussi menacé d’une crise humanitaire grave », a ajouté Bellamy. « On m’a dit dans plusieurs petits villages dans le nord du pays que cette sécheresse est pire que toutes celles des années 80 ou 90. En outre, contrairement à certaines régions de l’Éthiopie et de la Somalie, le nord du Kenya n’a reçu aucune pluie depuis plusieurs mois ».

Malgré les défis que pose la situation, Bellamy se dit réconfortée par les initiatives menées dans chaque pays pour apporter de l’aide. « Les gouvernements, les agences des Nations Unies, les organisations non gouvernementales (ONG) et les communautés elles-mêmes font une réelle différence », a-t-elle remarqué. « Je suis sûre que des vies sont sauvées».

Outre un soutien important de la part des donateurs, qu’il s’agisse de gouvernements ou du grand public, Bellamy affirme que la paix et la sécurité dans la région sont essentielles pour surmonter la crise générale qui frappe cette partie du monde.

« L’UNICEF espère vivement qu’avec la fin de la guerre, la crise humanitaire passera au premier plan », a dit la Directrice de l’UNICEF. « Il est absolument essentiel que nous axions nos efforts sur les moyens de sauver des vies, et non d’en perdre ».

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