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Les agences humanitaires de l’ONU expriment leur «profonde inquiétude» face aux combats à Kisangani.

Vendredi 9 juin 2000 – Les directeurs des cinq organisations humanitaires des Nations Unies expriment leur « profonde inquiétude », car la situation se détériore pour les civils dans la ville de Kisangani, en République démocratique du Congo, où les combats font rage entre les troupes du Rwanda et de l’Ouganda. Le nombre de civils blessés ou tués, le manque d’eau, de nourriture et d’électricité et l’avenir sans doute compromis d’une importante campagne antipolio sont cités parmi les plus importants sujets d’inquiétude.

Dans un communiqué conjoint publié à New York, les déclarations du Conseil de sécurité de l’ONU et du Secrétaire général Kofi Annan, faisant écho à celles des directeurs du Programme alimentaire mondial (PAM), du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), du Bureau de la coordination des affaires humanitaires, des Nations Unies, et du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) exhortent toutes les parties au conflit à cesser immédiatement les hostilités.

« Nous sommes scandalisés par la situation dans laquelle se trouvent les civils de Kisangani, en particulier les femmes et les enfants, dont beaucoup souffrent de malnutrition, déclarent les chefs de ces organisations. Nous demandons instamment aux gouvernements du Rwanda et de l’Ouganda de mettre fin immédiatement aux combats qui tuent des civils innocents. »

Selon les organisations de l’ONU, la population de Kisangani tout entière est prise sous les tirs et elle est complètement coupée de toute aide humanitaire. Ces derniers jours, 19 enfants ont été tués alors qu’ils étaient à l’école, le complexe de l’UNICEF a été touché et l’hôpital a été bombardé.

Elles disent leur inquiétude devant l’incapacité actuelle des organisations humanitaires à transporter des secours urgents à travers les lignes de front. Ils ajoutent que les vaccins stockés dans des entrepôts frigorifiques sont menacés à cause de l’absence d’électricité. Selon les agences, la campagne de vaccination contre la polio prévue pour juillet dans la province de Kisangani, qui couvre une surface de la taille de la France, est sérieusement compromise.

L’agence demande instamment à toutes les parties en conflit

  • de mettre fin immédiatement aux combats et de se retirer des zones peuplées de civils,
  • de respecter le droit des civils à recevoir une aide humanitaire,
  • de garantir la sécurité des travailleurs humanitaires et de leur permettre de joindre tous les civils ayant besoin d’eux,
  • de respecter le caractère sacré des hôpitaux et des écoles,
  • de permettre la remise en état rapide des circuits de distribution d’électricité pour entreposer les vaccins et d’eau pour éviter les maladies,
  • de fournir un accès immédiat et sans limitations aux secours humanitaires afin qu’ils puissent parvenir à Kisangani en toute sécurité.

Des membres du personnel des cinq agences des Nations Unies s’activent à Kisangani et dans les provinces voisines, ainsi que le CICR et plusieurs organisations humanitaires non gouvernementales.

Les directeurs des agences qui publient le communiqué comprennent Catherine Bertini, Directrice générale du PAM, Sadako Ogata, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Gro Harlem Brundtland, Directrice générale de l’OMS, Carolyn McAskie, Coordinatrice des secours d’urgence des Nations Unies ad interim et Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF.

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