Information
En Bref

Page d'accueil| Activités de l'UNICEF | Dossiers| Information et publications | Cartes de vœux, cadeaux et dons | Coin des médias | La voix des jeunes | A propos de l'UNICEF

Cinq ans après la Conférence de Beijing sur les femmes, la violence domestique à l'égard des femmes et des filles reste une épidémie mondiale, déclare l'UNICEF.

Vendredi 31 mai 2000 - Cinq ans après que la Conférence de Beijing sur les femmes a réclamé des mesures globales pour mettre fin aux violences à l'égard des femmes, une étude de l'UNICEF démontre que les progrès restent insuffisants face à la forme la plus commune que prennent celles-ci, à savoir la violence domestique. Celle-ci fait que les droits des femmes continuent d'être bafoués dans tous les pays et elle mine la vie d'une femme sur deux dans certains d'entre eux.

Le rapport estime que ce type de violence se retrouve dans tous les pays, sans distinction de culture, de classe, d'éducation, d'ethnie ou d'âge. On estime à 60 millions le nombre de femmes absentes des statistiques de la population mondiale ; victimes de leurs proches, elles ont été assassinées délibérément ou sont mortes de privations, simplement parce qu'elles sont du sexe féminin.

L'étude sur la violence domestique publiée par le Centre de recherche Innocenti de l'UNICEF à Florence, en Italie, explique qu'à ce jour, 44 pays ont adopté une législation particulière sur la violence domestique, dont 12 en Amérique latine.

Selon la Déclaration des Nations Unies de 1993 sur l'élimination de toutes les formes de violence à l'égard des femmes, celle-ci recouvre trois domaines (sans se limiter à ceux-ci) : la violence au sein de la famille, celle au sein de la communauté et celle perpétrée ou tolérée par l'Etat.

Le rapport de l'UNICEF, préparé en vue de la Réunion d'évaluation de Beijing + 5, qui se tiendra à New York à partir du 5 juin, se penche en particulier sur la violence domestique que nombre de pays et de cultures ont tendance à considérer comme insoluble, car elle se passe dans la sphère familiale et fait partie des mœurs.

Dans son rapport, l'UNICEF déclare que la violence domestique est un des dénis les plus pernicieux des droits de l'homme, car perpétré non par des étrangers mais par des proches, des personnes en position de confiance. Elle est répandue dans le monde entier et a un impact sur la santé physique et affective des femmes et des enfants, elle menace leur sécurité financière et mine leur estime de soi et leur espoir de vivre une enfance normale. Dans les pires des situations, elle peut être mortelle, comme dans le cas de femmes assassinées ou se suicidant par désespoir.

Le rapport de l'UNICEF propose une stratégie qui s'attaque aux causes de la violence contre les femmes tout en fournissant immédiatement des services aux victimes. Il suggère une approche intégrée et une implication de nombreux segments de la société civile, y compris les chefs religieux et les responsables locaux et demande qu'on améliore la « sécurité » des femmes et des filles en leur offrant des possibilités légales d'alphabétisation, d'éducation et de travail.

Le rapport réclame une série de mesures destinées à réduire ce « bilan scandaleux », y compris des réformes juridiques qui mettent un terme à l'impunité des agresseurs. Les pays d'Amérique latine qui ont mis en place une telle législation sont l'Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l'Equateur, le Salvador, le Mexique, le Nicaragua, le Pérou, Porto Rico et l'Uruguay. Le rapport relève que même si certaines nations, dont le Mexique, la Namibie, l'Afrique du Sud et les Etats-Unis, ont voté des lois contre le viol conjugal, la plupart des pays ne considèrent pas les abus sexuels et le viol par un partenaire intime comme un crime.

Dans un article signé contenu dans le rapport, Radhika Coomaraswamy, Rapporteur spécial des Nations Unies sur la violence à l'égard des femmes, souligne les responsabilités particulières de l'Etat dans la lutte contre la violence domestique.

« Les autorités devraient garantir qu'il n'y aura pas d'impunité pour ceux qui se rendent coupables de violence domestique, explique-t-elle, et que les cas de violence familiale feront l'objet d'une enquête et seront punis. »

La loi sur la violence domestique votée en 1998 par l'Afrique du Sud comprend un élément particulièrement novateur : la possibilité d'accorder une injonction temporaire de protection dans les cas où le tribunal est convaincu que les actions de l'agresseur représentent un « préjudice immédiat » pour la plaignante. Cette décision protège la santé, la sécurité et le bien-être de la requérante et inclut une disposition selon laquelle l'agresseur sera expulsé du foyer conjugal tout en continuant de fournir une assistance financière à la requérante.

L'étude de l'UNICEF sur la violence domestique dresse un catalogue terrifiant des types de violence perpétrée contre les femmes par des proches, et ce tout au long de leur vie.

Cela peut commencer par un avortement si le fétus est de sexe féminin et comprend, outre les coups et autres formes « visibles » de violence comme les jets d'acide et les crimes d'honneur, la malnutrition imposée, le manque d'accès aux soins de santé et à l'école, la prostitution et le travail forcés. Le rapport fait le lien entre la violence domestique et l'épidémie de VIH/SIDA . Il met également en évidence le rapport entre la violence domestique et la facilité croissante avec laquelle on peut se procurer des armes. En dehors des mesures législatives, il existe d'autres exemples, cités par le rapport, d'initiatives entreprises pour s'attaquer au problème :

Former le personnel judiciaire aux différences entre les sexes (une formation pour les juges de la Cour suprême, les avocats commis d'office, les procureurs, les assistants sociaux et le personnel de soutien a donné de bons résultats au Costa Rica, en Inde et aux Etats-Unis)

Des commissariats de police féminins (le premier commissariat de police féminin, dont le personnel est entièrement composé d'équipes féminines pluridisciplinaires prêtes à répondre aux besoins variés des victimes a été établi a Sao Paulo, au Brésil, en 1985, en réponse aux critiques de femmes qui se plaignaient de ne pouvoir déposer plainte, car on les accueillait avec scepticisme et un manque total de respect. L'exemple brésilien a poussé l'Argentine, la Colombie, le Costa Rica, le Pérou, l'Uruguay et le Venezuela a mettre en place des systèmes similaires.)

Pour télécharger une copie du résumé d'Innocenti, consulter le site Web de l'UNICEF : www.unicef.org

Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à media@unicef.org, sous la référence CF/DOC/PR/2000-45


Page d'accueil | Activités de l'UNICEF | Dossiers | Information et publications | Cartes de vœux, cadeaux et dons | Coin des médias | La voix des jeunes | A propos de l'UNICEF