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L'UNICEF préconise l'annulation de la dette en faveur de l'éducationJeudi 27 avril 2000 - Mme Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF, a demandé ce jour aux pays donateurs d'annuler immédiatement la dette des pays pauvres qui disposent d'un plan viable pour réaliser l'objectif de l'Éducation pour tous. Prenant la parole au Forum mondial sur l'éducation qui se tient à Dakar (Sénégal), Mme Bellamy a exhorté les représentants et la communauté internationale à accélérer les démarches entreprises pour que les plans et programmes en faveur de l'éducation reçoivent un appui suffisant. "Il ne sera pas dit qu'un pays qui est sérieusement acquis à l'éducation de base aura été empêché d'atteindre cet objectif par un manque de ressources", a-t-elle dit en citant un projet de plan d'action présenté au Forum pour adoption. Le Forum est la plus importante réunion consacrée à l'éducation depuis la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous, tenue à Jomtien (Thaïlande) en 1990 et qui s'était fixé comme objectif de parvenir à l'éducation pour tous avant l'an 2000. La réunion de Dakar devrait repousser à 2015 la date à laquelle l'objectif d'une éducation de base de qualité pour tous les enfants devrait être atteint et à 2005 celle de la fin des inégalités entre filles et garçons sur le plan de la fréquentation scolaire. Mme Bellamy a dit que l'on ne pourra y parvenir qu'avec le soutien actif de toutes les composantes de la société - les familles et les collectivités, les gouvernements et les organismes de financement, les prestataires de services de toutes catégories, les médias, le secteur privé et la société civile. À cet égard, l'UNICEF a engagé le Forum à essayer de faire en sorte que tous les enfants soient scolarisés en 2005 et que les objectifs de 2015 soient atteints d'ici à 2010. Mme Bellamy a invité les 1500 participants au Forum à aborder cinq domaines essentiels :
Notant que l'éducation est un droit pour tous les enfants - et une obligation pour tous les gouvernements -, Mme Bellamy a souligné qu'il fallait s'employer d'urgence à faire en sorte que les enfants les plus marginalisés aient accès à une éducation de qualité. "Nous ne devons pas nous dissimuler que pour envoyer à l'école les derniers 5 à 30 % des enfants qui n'y vont pas encore, il faudra sans doute adopter des approches plus innovantes - et dégager des ressources financières plus importantes - que pour les 70 à 95 % des enfants déjà scolarisés", a-t-elle ajouté. Les filles représentent le groupe d'enfants non scolarisés le plus important. On a demandé à l'UNICEF de continuer de piloter l'initiative de l'ONU en faveur de l'éducation des filles, a annoncé aujourd'hui à Dakar le Secrétaire général Kofi Annan. "Il est révoltant de constater que l'immense majorité des enfants d'âge scolaire, qui sont plus de 110 millions de par le monde, sont des filles", a dit Mme Bellamy, en notant qu'il fallait mettre tout en œuvre au niveau mondial pour briser cet obstacle majeur sur la voie de l'Éducation pour tous. Il est avéré que l'éducation des filles est "un investissement des plus judicieux" pour le développement humain, social et économique", a-t-elle dit. "Mais, par-dessus tout, c'est le droit de chaque fille - et à l'oublier, nous mettons en péril notre avenir sur cette planète." Mme Bellamy a dit que le Plan d'action en cours de négociation à Dakar doit désigner nommément l'éducation des filles comme une priorité. L'expérience acquise depuis au moins 10 ans nous montre la marche à suivre, a-t-elle ajouté. À titre d'exemple, nous devons veiller à ce que les écoles soient situées de façon que les filles puissent s'y rendre sans difficulté et à ce que chaque école dispose de latrines en bon état et séparées pour les filles et les garçons. Par ailleurs, les filles auront envie de fréquenter régulièrement l'école si elles peuvent compter sur la présence de jeunes maîtresses.
Mme Bellamy a également plaidé devant le Forum la cause d'autres groupes d'enfants exclus des écoles, et tout particulièrement des 250 millions d'enfants qui travaillent dans le monde, ainsi que des enfants appartenant à des minorités ethniques et des enfants touchés par des handicaps, la violence et les conflits, ainsi que le VIH/sida. "Nous devons nous occuper sans plus attendre des enfants atteints par le VIH/sida. Nous devons veiller à ce que, moyennant des programmes novateurs et dynamiques de préparation à la vie pratique qui communiquent une information et modifient le comportement, l'éducation ait un impact sur la pandémie - sur la baisse du taux de transmission du virus. Nous devons nous attaquer de front aux conséquences catastrophiques du virus du sida sur les collectivités et les institutions, y compris les systèmes d'enseignement, et trouver le moyen de les atténuer autant qu'il est humainement possible de le faire", a dit Mme Bellamy. Elle a indiqué que dans certaines régions d'Afrique, on a calculé qu'au moins 30 % des enseignants et professeurs d'écoles normales sont séropositifs et mourront probablement dans les dix prochaines années; que 40 % peut-être des spécialistes de l'enseignement sont malades et mourants, et que l'on ne compte plus les enfants rendus orphelins. Les nouvelles technologies telles que la connectivité Internet et l'enseignement par la radiodiffusion ont également été abordées au Forum, qui a étudié la possibilité de les mettre en œuvre de façon plus imaginative afin de réduire, et non de renforcer, les inégalités en matière d'accès à une instruction de qualité. "Nous demandons aux créateurs de nouvelles technologies de mettre leurs compétences et leurs gains financiers au service de l'Éducation pour tous, et non d'un petit nombre de privilégiés, ce dans tous les pays du monde", a dit Mme Bellamy. L'UNICEF est l'une des cinq institutions des Nations Unies à avoir organisé le Forum mondial sur l'éducation. Les autres sont le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et la Banque mondiale. "Il n'existe pas de solution unique pour élargir l'accès à l'éducation et en améliorer la qualité", a dit Mme Bellamy. "Il faut parler au contraire de milliers de solutions ayant fait leurs preuves aux niveaux local et national. La décennie qui s'achève nous lègue un grand nombre de pratiques concluantes : nous avons mis en place des structures qui ont donné de bons résultats dans de nombreux pays. Il s'agit à présent de mettre ces acquis au service de l'avenir de l'Éducation pour tous." Voir aussi : |
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