
Page d'accueil| Activités de l'UNICEF | Dossiers | Information et publications | Cartes de vux, cadeaux et dons | Coin des médias | La voix des jeunes | A propos de l'UNICEF
|
L'UNICEF recommande un allégement de la dette de l'EquateurMercredi 27 octobre 1999 : « L'Equateur nécessite de toute urgence l'assistance de la communauté internationale afin d'alléger l'énorme fardeau de sa dette, avec notamment un appui en faveur d'une renégociation globale de sa dette extérieure, proposée récemment » a affirmé aujourd'hui l'UNICEF.« Bien qu'il ne soit pas courant que l'UNICEF rentre dans les détails complexes de la réduction de la dette de chaque pays, la situation actuelle en Equateur est si grave et si tendue, et comporte tellement de risques pour les femmes et les enfants, que nous nous devons d'intervenir » a souligné la Directrice générale de l'UNICEF, Mme Carol Bellamy. « L'Equateur n'a pas le même poids économique que l'Indonésie, la Russie ou le Brésil, mais on doit lui apporter la même attention qu'à ces pays pour lesquels le monde a tant déboursé en vue de résoudre leurs crises financières ». Mme Bellamy a rappelé que l'importante crise économique et sociale que vit actuellement l'Equateur représente une grande menace en terme de détérioration de l'état de santé et de bien-être de la population, particulièrement pour les enfants des familles pauvres. Une des causes sous-jacentes de la crise est le fardeau d'une dette publique qui s'est accumulée au fil des ans, et qui représente maintenant 16 milliards de dollars, soit 107 % du PNB du pays. Sur ce montant total, 13 milliards de dollars concernent la seule dette extérieure. Le Bureau de l'UNICEF à Quito a indiqué que l'économie équatorienne devrait connaître une récession d'au moins 7 % cette année. Le chômage a pratiquement doublé par rapport à l'année précédente, passant de 9 à près de 17 %. L'inflation a grimpé jusqu'à atteindre 55 %, alors que le salaire réel a chuté de 40 %. Le pourcentage d'Equatoriens obligés de survivre avec moins de deux dollars par jour a augmenté de 38 à 44 % de la population au cours des douze derniers mois. L'UNICEF à Quito souligne qu'il existe des signes alarmants montrant que la crise a considéremment réduit l'accès de la population pauvre, dont les enfants, à une alimentation correcte et aux services de base. Une étude récente sur les récipiendaires du Bono Solidario (aide de solidarité), une modeste prime gouvernementale accordée aux plus pauvres, révèle que près de 70 % des destinataires de cette allocation ont, à un moment ou un autre, reporter à plus tard, pour des raisons économiques, les soins de santé à apporter à leurs enfants. Près de 60 % ont admis avoir également réduit le nombre de repas journaliers. Environ 20 % des bénéficiaires habitant la région côtière ont été forcé de reprendre, pour les mêmes raisons financières, au moins un enfant de l'école pendant le premier semestre de 1999. Le gouvernement a proposé la mise en place d'un programme de protection sociale d'urgence afin de combattre les effets de la crise, qui frappent plus particulièrement les couches les plus pauvres de la société. Quoiqu'il en soit, le fardeau de cette énorme dette accumulée au cours des dernières décennies par les gouvernements successifs grève très sérieusement le montant des ressources qui pourraient être dédié aux programmes sociaux, à cause d'un service de la dette comptant pour près du double du budget alloué à de tels programmes. Pour l'année 2000, les sommes requises au service de la dette prendront près de la moitié du budget proposé par le gouvernement. En comparaison, les dépenses en matière d'affaires sociales ont été réduites de 76 millions de dollars, dont 37 millions de coupure pour les programmes liés à l'éducation. Afin d'alléger le fardeau de la dette, les instances gouvernementales en Equateur ont annoncé la semaine dernière qu'elles s'achemineraient vers une renégociation de la dette extérieure, incluant les obligations Brady, les Eurobonds et les prêts contractés auprès du Club de Paris. Mme Bellamy a lancé un appel aux bailleurs de fonds de l'Equateur, tant à l'adresse des gouvernements que du secteur privé, pour qu'ils appuient cette initiative. « L'engagement de l'Equateur vis-à-vis de sa dette est sans nul doute de bonne foi. Néanmoins, le service de la dette ne doit pas se faire au détriment de la santé et du bien-être des citoyens et en particulier des enfants ». De plus, Mme Bellamy a encouragé la communauté des donateurs internationaux à renforcer son assistance envers l'Equateur, au travers notamment de prêts afin de l'aider à maintenir les services sociaux prioritaires dans les domaines de l'éducation de base, des soins de santé primaires et de la nutrition de l'enfant. L'UNICEF avait participé de manière active aux activités de l'Initiative en faveur des pays fortement endettés, lancé en 1996 et qui visait à fournir une assistance aux 41 plus pauvres pays de la planète au problème de la dette. A cause des critères de l'époque, l'Equateur n'avait pas été retenu pour intégrer cette Initiative. « C'est cette opportunité, inhabituelle, qui me permet de parler du piège de la dette dont le fléau ravage tant de pays en développement. Si la dette extérieure de l'Equateur peut être renégocier dans le sens d'une diminution du poids écrasant du remboursement, ce qui permettrait au gouvernement d'accorder de plus grandes ressources aux programmes sociaux, cela créerait un précédent important pour les autres pays d'Amérique latine » a déclaré Mme Bellamy. Enfin, elle a également prié le gouvernement d'accorder, dans son exercice budgétaire 2000, la priorité aux programmes sociaux de base. Le fait d'élargir la couverture des services de base favorisera non seulement la protection des groupes vulnérables vis-à-vis des pires effets de la crise, mais cela pourrait contribuer à une croissance économique durable et équitable. L'UNICEF appuie le programme d'urgence de protection sociale du gouvernement équatorien, notamment en matière de santé maternelle et infantile, de soins à donner à la petite enfance, de nutrition et d'éducation de base, comprenant le payement de subsides afin d'éviter que les parents retirent leurs enfants de l'école. L'UNICEF a également participé au développement de mécanismes de surveillance de l'impact social de la crise, avec une vérification du montant et de l'efficacité des allocations sociales gouvernementales. Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à media@unicef.org, sous la référence CF/DOC/PR/1999/47
|
Page d'accueil | Activités de l'UNICEF | Dossiers | Information et publications | Cartes de vux, cadeaux et dons | Coin des médias | La voix des jeunes | A propos de l'UNICEF |