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L'UNICEF appelle les gouvernements à protéger le personnel des agences humanitairesMardi 12 octobre 1999 : L'UNICEF a lancé aujourd'hui un appel en faveur d'un profond changement dans la façon dont la communauté internationale appréhende la protection des agents de l'aide humanitaire. L'appel intervient au lendemain de l'assassinat au Burundi du Représentant de l'UNICEF et d'un membre du personnel du Programme alimentaire mondial (PAM).« Nous avons assisté hier au Burundi à un assassinat délibéré, purement et simplement calculé. C'était le meurtre de travailleurs humanitaires exécutés de sang froid» a dit Mme Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF. « Nous ne pouvons pas et surtout nous ne devons pas perdre de vue que ces morts ne sont pas des incidents insolés. Ils sont une caractéristique d'une violence contemporaine en expansion et dans le processus duquel les agents de l'aide humanitaire ont été identifiés et repérés comme cible à abattre. Une forme de violence que le monde ne peut plus tolérer » a-t-elle ajouté. Mme Bellamy a noté que les décès survenus mardi portent à quatre le nombre de fonctionnaires de l'ONU tués en mission sur le terrain depuis quelques semaines. « Chaque Etat doit maintenant clairement comprendre que le nombre grandissant d'assassinats constitue un élément de crise qui requérent en retour une action déterminée et urgente, plutôt que quelques poignées de mains et des messages de condoléances ». « Le monde demande que les secours humanitaires soient apporté à la population civile dans le besoin -et demande que cela soit effectué correctement- il y a en même temps un vide concernant la réalité de la situation dans laquelle les travailleurs humanitaires exécutent cette tâche. Pour le dire plus simplement, on a trop souvent détourné les yeux sur ce qui devait être fait, et maintenant des gens le payent de leurs vies ». Mme Bellamy a par ailleurs rappellé que les organisations humanitaires et leur personnel sur le terrain dépendent,en ce qui concerne leur protection physique, de l'adhésion de tous aux conventions internationales en matière de droit humanitaire. « Mais dans un monde où le nombre de groupes militants et fanatiques qui bafouent le caractère sacré de la vie -autant que l'inviolabilité des principes humanitaires- est en constante augmentation, nous sommes convaincus que les gouvernements doivent demander le plein respect de ces règles au travers d'un renforcement strict de la législation. La communauté internationale et les Etats dans leur singularité ne doivent plus accepter que ceux qui tuent les travailleurs humanitaires le fassent en toute impunité. » a noté Mme Bellamy. Elle a notamment affirmé que des choix et solutions fortes doivent être proposés afin de désarmer les milices et autres groupes armés dans le monde et a souligné que les gouvernements et les institutions internationales qui permettent à ces groupes violents de prospérer, contribuent sans le savoir à la destruction et à la perte de vies qui trop souvent suivent leurs exactions. L'assassinat des travailleurs humanitaires dans les régions africaines des Grands lacs peut être perçu comme un effet direct de l'échec de la communauté internationale de désarmer les génocidaires dans les camps de réfugiés dans l'ex-Zaire après leur exode du Rwanda. Reconnaissant que les solutions ne sont pas évidentes, Mme Bellamy a fait observer que le simple fait, pour les agences de l'ONU, de se retirer de certains environnements dangereux devrait être l'ultime recours. Ce n'est bien sur pas du tout une solution acceptable, parce que c'est précisément dans ces situations que la population civile est la plus exposée aux risques. « Au Timor-Est et Ouest, au Kosovo, en Colombie et dans d'autres pays en Afrique, les gens ont un besoin urgent d'assistance humanitaire. Et des dizaines d'agences spécialisées et des milliers d'individus courageux veulent rester là pour dispenser cette aide. Nous appelons maintenant la communauté internationale, et les gouvernements en particulier, à mettre en commun leurs idées et toutes les volontés disponibles afin d'inverser la tendance et d'arrêter la spirale de cette violence qui ronge le principe de l'aide humanitaire» a ajouté la Directrice de l'UNICEF. « De plus, les agences de l'ONU ne peuvent pas par elles-mêmes susciter les changements nécessaires. Elles ne peuvent pas non plus continuer de travailler dans des zones de dangers et de conflits sans la garantie de sécurité idoine pour tout leur personnel. Pour l'exprimer d'une manière plus claire, les gouvernements et les agences onusiennes qui agissent en leurs noms, doivent assumer leur totale responsabilité en vue d'assurer cette sécurité. S'ils continuent de la sorte à esquiver leur responsabilité, ils abandonneront des hommes, des femmes et des enfants sans défense et sans protectionen proie à la brutalité irraisonnée des bandits armés et des terroristes.» « Nous devons bien cela à tous ces travailleurs humanitaires pleins de courage qui ont déjà donné leurs vies pour avoir voulu changer un tant soit peu le cours des choses : cette réorientation qui permet à l'aide humanitaire d'être délivrer partout où cela est nécessaire, quelles que soient les circonstances, mais qui est aussi fondée une adhésion pleine et entière et sur la détermination partagée et inébranlable de protéger tous ceux qui servent cette cause ». Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à media@unicef.org, sous la référence CF/DOC/PR/1999/44
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