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L'UNICEF au Conseil de sécurité de l'ONU : plaidoyer pour la protection des enfants en Angola

New York, le 23 août :

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a rappellé aujourd'hui au Conseil de sécurité de l'ONU que trente ans de guerre ont laissé les enfants en Angola sans la moindre garantie sur leur sécurité et sans les éléments dont ils ont besoin pour leur survie, leur croissance et leur développement.

Dans son discours, la Directrice générale de l'UNICEF, Carol Bellamy, a dressé le bilan des actions de l'UNICEF et des autres institutions accomplies en faveur des enfants de ce pays en guerre, mais elle a affirmé que, sans un arrêt immédiat des hostilités et sans une intervention humanitaire importante, même ces modestes acquis seront perdus et un grand nombre d'enfants mourront en Angola.

«De jour en jour, la situation des enfants devient plus précaire», a-t-elle expliqué. « Les opportunités dans l'éducation sont souvent, en période de guerre, le seul point positif dans la vie des enfants. Elles vont disparaître et les espoirs et les promesses d'une génération seront perdus ».

Même avant la reprise de la guerre civile, les enfants en Angola étaient en très grand danger, a noté Mme Bellamy à l'adresse du Conseil de sécurité. Le pays affichait une mortalité des moins de cinq ans de 292 pour 1 000 naissances vivantes et un taux de 42 % quant à l'insuffisance pondérale (moyenne et aggravée). Seul 50 % des enfants en âge scolaire vont en classe, avec un taux élevé d'absentéisme après le premier cycle, notamment pour les filles. La directrice de l'UNICEF a déclaré que quand ces estimations furent effectuées en 1997 (pendant une période relativement calme), les dépenses sociales étaient en déclin et la santé publique et les systèmes d'éducation s'étaient effondrés, provoquant une dépendance accrue en matière d'aide extérieure.

La reprise de la guerre en décembre 1998 a entraîné d'autres détériorations. Plus de 1,6 millions de personnes ont été déplacées et des milliers d'enfants ont été recruté en tant que combattants. Aujourd'hui, l'Indice de risque pour les enfants (IRE) de l'UNICEF classe l'Angola dans la catégorie des pays où les enfants connaissent un taux très élevé de mortalité, de malnutrition, d'abus et de sous-développement.

«Notre analyse souligne que le conflit en Angola est l'une des raisons majeures de cette triste réalité », a indiqué Mme Bellamy auprès du Conseil de sécurité.

Malgré des contributions restreintes et une insécurité grandissante, l'UNICEF et les autres agences spécialisées de l'ONU, le Comité International de la Croix-Rouge, les donateurs bilatéraux et les organisations non-gouvernementales continuent d'aider le gouvernement à assurer un filet de sécurité pour les enfants.

Ces mesures comprennent l'acheminement et la distribution de nourriture, de semences et d'outils ; l'assistance et le conseil aux victimes de traumatisme et d'abus, des services de santé de base ; l'assistance en eau et assainissement ; du matériel pour abris ; un appui à l'éducation ; des campagnes intensives d'information pour la population sur les dangers de vivre dans une des régions les plus lourdement minées du monde ; et des négociations serrées avec l'UNITA pour atteindre tous les enfants dans le besoin.

Mme Bellamy a affirmé que, même en ces tristes circonstances, de grands progrès ont été réalisés. En avril, l'UNICEF a pu protéger de la polio 634 000 enfants en mettant sur pied une campagne de vaccination d'urgence en réponse a une recrudescence locale de cas de polio. En plus, l'OMS, l'UNICEF et Rotary International financent la campagne des Journées nationales de vaccination. Deux phases de vaccination ont été organisé en juin et en juillet et on prévoit une troisième phase le mois prochain. 2,7 millions d'enfants au total seront ainsi protégés.

Avec l'aide de l'UNICEF, l'Angola mène à bien la révision de son système de justice pour enfants. Des centres d'accueil et un système de placement chez des parents nourriciers ont été développés pour les enfants séparés de leurs parents à cause du conflit.

Néanmoins, des indices pour cette année laissent présager une aggravation de la situation, en ce qui concerne la survie, le développement et la protection des enfants.

Mme Bellamy, dans son discours au Conseil de sécurité, s'est durement adressée à toutes les parties en leur demandant de mettre fin immédiatement à toutes les attaques directes et menées sans dicernement à l'encontre des femmes, des enfants et du reste de la population civile et les a incité à honorer leurs obligations en vue du respect des principes régissant le droit humanitaire international et les droits de l'homme.

Mme Bellamy a aussi appelé les partenaires et les donateurs à s'engager et à souscrire généreusement à l'Appel consolidé de l'ONU pour l'Angola, actuellement sous-financé . « A ce stade, seul une aide extérieure de grande ampleur et rapide peut nous aider à éviter une catastrophe pour les enfants en Angola ».

Pour conclure son allocution, la directrice de l'UNICEF a prié instamment le gouvernement angolais, en tant qu'Etat partie à la Convention relative aux droits de l'enfant et à toutes les autres normes internationales applicables, d'honorer ses obligations envers les enfants. Elle a également demandé à l'UNITA d'assurer la protection, le bien-être et les droits des enfants angolais conformément avec les normes et les principes humanitaires en vigueur.

Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à media@unicef.org, sous la référence CF/DOC/PR/1999/31


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