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L'UNICEF et OXFAM lancent un appel à de nouveaux fonds et demandent un allègement rapide de la dette

New York / Washington, 29 juillet 1999 - Les pays riches doivent honorer les engagements pris à Cologne et alléger rapidement la dette des pays concernés par cette Initiative du G-7 pour réduire la pauvreté, ont déclaré conjointement aujourd'hui le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et Oxfam.

Les deux institutions ont présenté ce document d'information à la Conférence des ministres des finances qui se tenait aujourd'hui à la Commission économique pour l'Afrique à Addis Abeba. L'Initiative de Cologne inspirée par le G-7 en juin dernier élargit l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (Initiative PPTE) et lui octroie environ 28 milliards de dollars supplémentaires, soit 2 à 3 milliards par an. Le G-7 a rappellé que son objectif principal était de porter une plus grande attention à la réduction de la pauvreté en augmentant ses investissements et sa participation dans les domaines de la santé, de l'éducation et des prestations sociales.

L'UNICEF et Oxfam font valoir que l'impératif le plus urgent est de savoir quelles nouvelles ressources pourraient être utiliser pour alléger la dette et comment presser le pas afin que les PPTE sortent de cette crise.

Le Président d'Oxfam, M. Raymond Offenheiser a demandé que l'allégement de la dette n'entaille pas les budgets accordés par les pays donateurs en faveur de l'aide internationale.

« Sans un accord pour trouver un nouveau financement, les pays riches tailleront dans leurs budgets d'aide, en fait en deshabillant Pierre pour habiller Paul. L'objectif atteint à Cologne ne représente en fait qu'un tiers du montant de l'aide déjà "coupée" par les pays riches. Nous avons besoin de ressources supplémentaires pour accélérer l'allègement la dette et être sur que les pauvres verront vraiment les résultats. Le projet UNICEF-Oxfam prend en compte le problème de la dette dans le sens de leurs engagements sociaux internationaux, comme la réduction de la mortalité infantile et maternelle et le principe de l'éducation pour tous. »

« Ces sommes sont en constante diminution depuis 1992 » a-t-il rappellé. « Il s'agirait d'une tragique ironie si l'allégement de la dette devenait un substitut inadéquat aux allocations d'aide en réduction. Les institutions ont proposé des programmes "dette et développement" par lesquels on déterminerait pour quel pays on pourrait négocier l'allégement de la dette en fonction de sa capacité à développer de l'épargne dans le cadre de stratégies nationales de réduction de la pauvreté. Elles considèrent qu'un tel processus devrait être conforme aux intérêts économiques du G-7. »

« L'accès universel aux services sociaux de base comme l'éducation et la santé est un stimulus important de la croissance économique », a affirmé la directrice générale de l'UNICEF, Mme Carol Bellamy. « Aucun pays n'a atteint ses objectifs de développement quand la majorité de sa population souffrent de l'extrême pauvreté, comme c'est le cas pour des centaines de millions de personnes dans le monde aujourd'hui. La réunion du G-7 à Cologne doit rappeller aux pays riches que les voies de la réforme économique et du développement humain ne sont pas contradictoires, mais en fait interdépendants. »

Maintenant, les pays débiteurs doivent intégrer ce processus complexe de six ans, afin d'obtenir l'aide aux PPTE. Le communiqué conjoint UNICEF-Oxfam propose que les pays remplissent les conditions exigées sur la base d'un rapport-étape bisannuel sur la réforme économique et la réduction de la pauvreté. Le document d'information encourage les pays pauvres à donner une importance spéciale à la gestion du budget, à l'organisation et à la création de programmes utiles aux plus pauvres, spécialement les enfants et les femmes.

Le communiqué insiste pour que la Banque mondiale et les autres donateurs se consacre à la réforme économique mais dans le sens où elle aiderait à réduire la pauvreté , plutôt qu'à l'augmenter.

Il souligne encore ce qui est la réalité des PPTE :

  • 47 millions d'enfants sont non scolarisés,
  • un enfant sur cinq meurt avant l'âge de cinq ans,
  • l'espérance de vie est 26 années plus courtes que dans les pays industrialisés.
« Briser le cycle de la pauvreté est beaucoup moins cher que le prix financier et moral qui permet à une misère si grave de continuer » a observé Mme Bellamy.

«Face à l'immense déficit en développement humain dans les pays pauvres, il est moralement mauvais et irrationnel du point de vue économique, pour eux, de dépenser plus au service de la dette qu'ils ne dépensent à l'éducation et à la santé » a rajouté M. Offenheiser.

Le document UNICEF-Oxfam poursuit en plaidant pour que l'an 2 000 soit l'année du jubilé et que la dette soit oubliée, afin d'amorcer un nouveau départ. Le résultat le plus tangible du consensus obtenu sur l'allégement de la dette est que ce point est maintenant à l'ordre du jour et sur la table de négociation des états les plus industrialisés du monde.

Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à media@unicef.org, sous la référence CF/DOC/PR/1999/28


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