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Pour l'UNICEF, les jeunes sont la clef de la lutte contre le VIH/SIDAMardi, 1er décembre 1998: Alors que le VIH/SIDA se répand toujours comme une traînée de poudre dans les pays en développement, les gouvernements et les communautés doivent reconnaître que les jeunes sont la clef pour contenir la maladie, a affirmé le Directeur général de l'UNICEF, Carol Bellamy. Dans un discours prononcé au Club national de la presse à l'occasion de la onzième Journée mondiale de lutte contre le SIDA, elle a déclaré que le tour que prendrait la pandémie du VIH/SIDA dépendait des jeunes. « Il est absolument vital que nous fassions tout ce qui est nécessaire pour les doter des connaissances dont ils ont besoin pour se protéger et protéger leurs communautés », a-t-elle précisé. D'après les statistiques publiées la semaine dernière par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), des 6 millions de personnes contaminées cette année par le virus qui provoque le SIDA, la moitié sont âgées de 15 à 24 ans - soit près de cinq jeunes gens et jeunes filles infectés toutes les minutes. Le tribut de plus en plus lourd versé par les jeunes - et leur capacité largement inexploitée de mobiliser une réaction efficace - ont incité l'ONUSIDA et ses partenaires et organismes co-parrainants, dont l'UNICEF, à centrer la Campagne mondiale 1998 de lutte contre le SIDA sur le rôle des jeunes comme « forces du changement ». Mme Bellamy a noté que le VIH/SIDA était « en passe d'annuler les réductions substantielles des taux de mortalité des enfants qui ont été obtenues dans les années 80 et pendant la première partie de la présente décennie », ajoutant que « la maladie produira presque certainement 40 millions de nouveaux orphelins d'ici le début du prochain siècle. » Pourtant, a-t-elle regretté, la gravité de la crise du VIH/SIDA dans le monde en développement semble masquée par l'inaction et la dénégation. Pour briser la « conspiration du silence » entourant le VIH/SIDA dans le monde en développement, il faut commencer par encourager les gouvernements à mobiliser « la volonté politique de lancer une campagne massive de prévention destinée à ceux qui sont les plus vulnérables au VIH - les pauvres, les exclus et les faibles, particulièrement les enfants et les jeunes », a-t-elle affirmé. « Cela exige non seulement d'informer la population, mais aussi de créer un dialogue et une discussion qui s'appuient sur l'énergie, l'idéalisme et l'engagement propres des jeunes. » A son sens, l'effort doit inclure deux éléments: une vaste campagne d'information sur le VIH ciblée sur les jeunes - et l'accès généralisé et volontaire à des services confidentiels de dépistage et de consultation sur le VIH. Mme Bellamy a reconnu que la propagation du VIH/SIDA dans le monde en développement est une urgence médicale et sociale qui émane d'une violation flagrante des droits fondamentaux des jeunes et des enfants - des droits déjà reconnus par les 191 nations qui ont ratifié la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant. Elle a rappelé que les jeunes supportent une part disproportionnée des souffrances car, à l'âge de l'éveil de la sexualité, « ils sont privés du droit à des services de santé et de nutrition, à un milieu sûr et susceptible de leur offrir un soutien, où ils seraient protégés de l'exploitation et des abus - y compris des rapports sexuels non consentis », et du droit « de participer et de faire entendre leur opinion dans les questions qui les concernent ». « Quand ces droits sont refusés », a ajouté Mme Bellamy, « les individus ne peuvent obtenir l'information et les compétences essentielles dont ils ont besoin pour éviter l'infection à VIH, et ils sont privés de l'accès aux tests de dépistage du VIH, qui sont essentiels pour juguler la maladie ». Elle a noté qu'aux Etats-Unis et dans d'autres pays industrialisés, « le recours à un protocole complexe de médicaments a aidé à contenir la diffusion du virus. Mais ces traitements sont coûteux - et certainement bien au-dessus des moyens des habitants des pays en développement ». « Les nouveaux chiffres de l'ONUSIDA montrent l'urgence extrême de la situation », a-t-elle souligné. « Et ces chiffres vont de pair avec un fait terrible, incontournable: l'essentiel des pertes est à déplorer chez les jeunes, chez les personnes de moins de 24 ans ». Les nouveaux chiffres de l'ONUSIDA révèlent également que davantage de femmes deviennent victimes du VIH/SIDA. Elles représentaient jusqu'à 41% des adultes séropositifs l'an dernier, contre 43% cette année. Les conséquences pour les enfants sont évidentes. Un dixième des personnes infectées cette année ont moins de 15 ans, ce qui porte le nombre d'enfants séropositifs vivants à 1,2 million - dont la plupart ont été contaminés par leur mère. Mme Bellamy a rappelé que les pays vulnérables ont besoin d'assistance et de ressources pour construire des systèmes de santé capables de faire face aux effets de la maladie, y compris des mesures qui aideront à réduire le risque que les mères déjà porteuses du virus transmettent le VIH à leurs nourrissons. « Les pays pauvres ont besoin d'autre chose que des encouragements », a-t-elle conclu. « Ils requièrent un appui financier, des mesures d'allégement de la dette et de solides filets de sécurité sociale. »
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