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L'Indonésie face à un problème de fond

Lundi, 17 août 1998: L'UNICEF a affirmé aujourd'hui que les nombreux risques que courent les enfants d'Indonésie dans le domaine de la santé, du bien-être et de l'éducation de base constituent une urgence internationale. Carol Bellamy, directrice générale de l'UNICEF, estime qu'il est urgent d'accroître l'aide humanitaire pour pallier l'aggravation des conditions sociales et économiques de ce pays, l'un des quatre plus grands du monde.

Le message de Mme Bellamy a coïncidé avec la célébration du Jour de l'indépendance de l'Indonésie.

« Le sort de millions de femmes et d'enfants indonésiens est en jeu », a-t-elle affirmé. « Quelque quatre millions d'enfants de moins de deux ans sont déjà atteints de malnutrition grave et 30 % des enfants risquent de ne pas terminer l'école primaire. L'agitation civile a débouché sur des violations flagrantes des droits de l'homme. Avec une monnaie qui a perdu un cinquième de sa valeur et des biens de première nécessité dont le prix a doublé, il faudra des années avant que le pays sorte de l'effondrement d'une catastrophique impasse économique.

Mme Bellamy craint que les prêts d'urgence de plus de 50 milliards de dollars consentis à l'Indonésie par le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et d'autres bailleurs de fonds soient insuffisants. « Il faudra des années à l'Indonésie pour se remettre de cette situation », a-t-elle encore affirmé, « et une aide internationale soutenue pour sauver ses enfants. La communauté mondiale doit faire ce qui est nécessaire pour sauver le potentiel des enfants indonésiens grâce à une nutrition et une éducation adéquates qui leur permettent de participer de manière compétitive au monde du 21e siècle. »

« Un nombre croissant de familles pauvres n'ont plus la possibilité d'envoyer leurs plus jeunes enfants à l'école et sont obligées d'en retirer les enfants plus âgés pour qu'ils les aident à subsister », explique Mme Bellamy. « L'UNICEF participe à une importante campagne de maintien des enfants à l'école. Mais pour que cette initiative aille de l'avant nous avons besoin de fonds. » L'UNICEF attend toujours de recevoir quelque cinq millions de dollars promis par les bailleurs de fonds pour ses programmes d'éducation

Sur le plan de la nutrition, malgré les contributions généreuses de l'Australie, du Canada, de la Norvège des Etats-Unis d'Amérique et d'autres encore, il manque toujours à l'UNICEF les quelque 18 millions de dollars dont il aurait besoin chaque année pour aider à garantir aux enfants indonésiens de moins de deux ans une nutrition adéquate.

En mars dernier, l'UNICEF a lancé une initiative d'alimentation complémentaire d'urgence destinée aux nourrissons. « Les aliments pour nourrissons pré-emballés sont vendus au prix de 0,04 dollar les 500 g - une quantité suffisante pour nourrir un enfant pendant 10 jours », a expliqué Mme Bellamy. « Il est regrettable que nous n'ayons pas suffisamment de fonds pour des aliments aussi bon marché. »

L'UNICEF est en train de réorienter de fond en comble son programme pour l'Indonésie afin d'être plus opérationnel face à l'aggravation de la crise. Mais il est évident que l'UNICEF accordera la priorité aux besoins de santé, d'approvisionnement en eau et de nutrition des familles pauvres frappées de plein fouet par une inflation galopante. L'UNICEF collabore avec des organisations non gouvernementales et travaille en liaison étroite avec le Gouvernement pour faire en sorte que les politiques nationales tiennent compte des droits des femmes et des enfants.

Mme Bellamy s'inquiète des violations des droits de l'homme en Indonésie et demande que l'on condamne les auteurs des viols, lors des troubles qui ont suivi la chute du président Suharto en mai dernier, de plus de 150 femmes et filles d'origine chinoise, dans la ville et aux alentours de Jakarta.

« Etant donné la nature récurrente des crises qui touchent les enfants et les femmes partout dans le monde, la lassitude des donateurs est compréhensible. Mais lorsque quelques centimes permettent de mesurer la différence entre la vie et la mort, nous devons faire tout ce qu'il est humainement possible, et agir sans délai. »

Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à netmaster@unicef.org

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