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Une naissance sur trois n'est pas enregistrée, affirme l'UNICEFSans certificat de naissance, la santé, l'éducation et l'identité de l'enfant sont menacées Genève, 8 juillet 1998 - Chaque année, un enfant sur trois court des risques parce qu'il n'est pas enregistré à la naissance, affirme Le progrès des nations 1998, un rapport du Fonds des Nations Unies pour l'enfance sur la manière dont les nations améliorent effectivement le statut de leurs enfants. Faute d'être enregistrés, quelque 40 millions d'enfants sont privés chaque année de nom officiel ou de nationalité. Vingt deux pays ne possèdent pas de données sur l'enregistrement des naissances. « Il s'agit là d'une des histoires les plus méconnues de notre temps », a affirmé aujourd'hui Carol Bellamy, le Directeur général de l'UNICEF, à l'occasion du lancement de ce nouveau rapport. « L'absence d'un certificat de naissance valide constitue une menace fondamentale pour un enfant, car il décide de l'accès aux soins de santé, à la vaccination, à l'éducation. Faute de ce document, il n'est pas possible non plus à un enfant de prouver qu'il est trop jeune pour être appelé sous les drapeaux, ou pour travailler dans une usine. » Un enfant dépourvu de preuve d'identité n'existe pas aux yeux de l'administration, qu'il aille à la ville à la recherche d'un emploi ou qu'il franchisse la frontière pour fuir un conflit armé. C'est une non-personne. L'absence de papiers est particulièrement grave dans le cas des personnes déplacées par la guerre, la famine ou les catastrophes naturelles. « Il est si facile, dans le monde d'aujourd'hui, de devenir un enfant sans patrie », souligne Mme Bellamy. Sans certificat de naissance, les enfants ne peuvent pas être vaccinés légalement dans au moins 20 pays. Plus de 30 pays exigent un certificat de naissance pour recevoir des soins dans un centre de santé. Dans presque tous les pays, le certificat de naissance est nécessaire pour l'inscription à l'école. Des lois discriminatoires font que, dans certains pays, un enfant qui n'a pas de père ou dont le père est étranger n'a pas d'identité juridique. Le rapport note que l'article 7 de la Convention relative aux droits de l'enfant garantit le droit de chaque enfant à un nom et à une nationalité. « Sans système d'enregistrement, un pays ne peut pas planifier l'avenir » a encore affirmé Mme Bellamy. « Il ne saura pas combien il lui faut acheter de doses de vaccin, ou construire de salles de classe. Tous les gouvernements doivent évaluer leurs systèmes d'enregistrement et s'assurer que tous leurs citoyens reconnaissent la valeur du certificat de naissance - et puissent l'obtenir sans difficulté. » Le progrès des nations 1998 fait également le point de la vaccination. « En dépit des progrès spectaculaires réalisés dans ce domaine au cours des deux dernières décennies, des millionsd'enfants passent encore à travers les filets de sécurité. Il est vital que nous concentrions les efforts sur les disparités. Si la grande majorité des enfants sont vaccinés, il est important d'en savoir plus sur ceux qui ne le sont pas, et pourquoi ils ne le sont pas. » Au début du 21e siècle, les nouveaux vaccins pourront sauver jusqu'à huit millions d'enfants de plus chaque année. Mais pour que ces vaccins atteignent ceux qui en ont le plus besoin, il faut l'engagement des donateurs aussi bien que des gouvernements des pays en développement. La facture totale de la vaccination complète des enfants dans les pays les plus pauvres du monde se monterait à 700 millions de dollars par an - à peine 12 cents par personne dans le monde. « Une économie planétaire de 30 trillions de dollars a sans aucun doute les moyens de consacrer un cent par mois pour protéger la vie des citoyens les plus pauvres et les plus vulnérables. » Le progrès des nations 1998 aborde également le problème des adolescentes et le phénomène croissant des sans-abri dans les pays industrialisés. Selon le rapport, les jeunes de 10 à 19 ans représentent le sixième de la population mondiale. Les mariages et les grossesses précoces, le travail des enfants, la non-scolarisation et la discrimination sexuelle sont quelques-uns des problèmes dont le monde doit se préoccuper sans plus tarder, alors que la génération d'enfants la plus nombreuse de l'histoire entre dans le troisième millénaire. « L'adolescence est la période des grandes opportunités, mais aussi des grands risques » affirme encore Mme Bellamy. « Nous devons être à l'écoute des jeunes et mettre en place des structures qui favorisent leur participation et leur développement. » La multiplication des sans-abri dans les pays industrialisés est le résultat des disparités économiques dans les nations les plus riches du monde. Lorsque les filets de sécurité s'amenuisent au point que les gens n'ont plus les moyens de se procurer les biens de première nécessité, ce sont les femmes et les enfants qui sont les premiers touchés. Dans 12 des pays les plus nantis, le produit national brut par habitant a plus que doublé au cours des 15 dernières années - tandis que le nombre des sans-abri augmentait. Dans l'introduction à ce rapport, Kofi Annan, le Secrétaire général des Nations Unies, affirme que Le progrès des nations 1998 est « un appel vibrant au combat en faveur des enfants » et rappelle que « les belles phrases sur les enfants doivent être appuyées par une action concrète ».
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