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Le traité sur les mines passe la barre de la moitié des ratificationsJeudi, 18 juin 1998: Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, Kofi Annan, et le Directeur général de l'UNICEF, Carol Bellamy, ont félicité les 20 pays qui ont déjà ratifié le traité d'interdiction des mines antipersonnel et ils ont déclaré que leur exemple stimulera les efforts urgents pour que l'accord entre en vigueur cette année. La ratification du Pérou, le vingtième pays à ce jour, a été rendu officielle aujourd'hui. L'adhésion de 40 pays fera du traité un instrument obligatoire de droit international. "La ratification sera un pas de géant vers le déminage de la planète", a affirmé M. Annan. "Un retard ne fera qu'ajouter aux vies perdues et aux dépenses croissantes engagées pour ôter ces tueurs silencieux de la Terre". Il a invité tous les pays qui ont signé le traité à agir rapidement pour le ratifier et a exprimé l'espoir que les gouvernements qui n'ont pas encore signé le traité le fassent maintenant. Le traité, signé en décembre dernier à Ottawa, Canada, interdit l'utilisation, la production, la fabrication, l'achat, la vente, le stockage et le transfert des mines terrestres antipersonnel. Ces armes tuent et mutilent 26 000 civils chaque année, dont près de la moitié de femmes et d'enfants. "L'accord en vue de faire disparaître ces armes abjectes se fait avec une rapidité et une volonté remarquables", a affirmé Mme Bellamy. "Maintenant que nous sommes parvenus à la moitié des ratifications requises, il est permis d'espérer que les gouvernements parachèveront ce succès avec la plus grande promptitude". Plus de 120 gouvernements ont pris cette mesure préliminaire qu'est la signature de l'accord. Les vingt pays qui l'ont ratifié sont le Belize, la Bolivie, le Canada, la Croatie, le Danemark, Djibouti, Fidji, la Hongrie, l'Irlande, le Malawi, le Mali, Maurice, le Mexique, Nioué, le Pérou, Saint-Marin, le Saint-Siège, la Suisse, Trinité-et-Tobago et le Turkménistan. Pourtant, la menace des mines persiste, avec des dizaines de millions d'engins posés dans quelque 70 pays autour du monde et le risque permanent de nouvelles mines. "Chaque fois qu'un terrain est miné", a remarqué Mme Bellamy, "cette action s'inscrit dans la tendance honteuse qui consiste à prendre toujours plus les enfants et les femmes comme principales cibles de la violence dans les situations de conflit". Au chapitre des nouvelles positives, Mme Bellamy a exprimé sa gratitude à l'Organisation de l'unité africaine (OUA) qui a participé étroitement au mouvement pour interdire les mines. En février, Mme Bellamy et le Secrétaire général de l'OUA, Salim Ahmed Salim, ont publié un appel conjoint pour accélérer la ratification du traité en Afrique et pour faire du continent une zone exempte de mines. "Outres les vies qu'elles ont fauchées et les horribles blessures qu'elles ont infligées", a ajouté Mme Bellamy, "les mines ou même la suspicion des mines rendent à coup sûr inutilisables des terres agricoles, des forêts, des vergers et interdisent l'accès à des points d'eau, des écoles et des services de santé. Elles empêchent également les secours d'urgence de parvenir dans les communautés, excepté par de coûteux ponts aériens". Les rapports qui parviennent notamment de l'Angola, du Burundi et de la Sierra Leone concordent pour indiquer que des mines sont encore posées dans ces pays. En Angola, par exemple, les mines terrestres ont réapparu dans des régions qui avaient été déminées. L'UNICEF a travaillé avec plusieurs partenaires à des programmes majeurs de sensibilisation au danger des mines, y compris le récent lancement de bandes dessinées multilingues de Superman et Wonder Woman pour avertir les enfants des risques des mines cachées dans des régions spécifiques. De plus, l'UNICEF a aidé à créer des pièces de théâtre, des jeux, des spectacles de marionnettes et des chansons pour apprendre aux enfants du monde à reconnaître une mine et à savoir quoi faire s'ils en trouvent une. Pour venir en aide aux dizaines de milliers de personnes mutilées par les mines, l'UNICEF travaille avec des partenaires afin de soutenir les centres de fabrication de prothèses et fournir des soins psychologiques aux victimes des mines. "La communauté mondiale doit s'assurer que le traité d'interdiction des mines entrera en vigueur aussi rapidement que possible", a déclaré Mme Bellamy, "afin de nous rapprocher du jour où ces armes ne seront plus qu'une menace du passé".
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