Page d'accueil | Activités de l'UNICEF | Dossiers | Information et publications | Cartes de vux, cadeaux et dons | Coin des médias | La voix des jeunes | A propos de l'UNICEF
|
La malnutrition: un danger immense et persistant selon l'UNICEFMardi le 16 décembre 1997: La malnutrition joue un rôle dans la mort de quelque sept millions d'enfants chaque année - ce qui est plus que n'importe quelle maladie infectieuse, guerre ou catastrophe naturelle, affirme le rapport La situation des enfants dans le monde 1998 lancé aujourd'hui par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF). Et quand elle ne tue pas, la malnutrition laisse chez des millions de survivants des séquelles durables sous forme de handicaps physiques ou mentaux et d'un système immunitaire affaibli. "La persistance de la malnutrition a des implications profondes et redoutables pour les enfants, la société, et l'avenir de l'humanité", a déclaré Carol Bellamy, le directeur général de l'UNICEF. "Pourtant malgré l'accumulation de preuves irréfutables et toujours plus nombreuses du danger, la crise planétaire de la malnutrition a suscité peu d'inquiétude dans l'opinion." Si certaines régions du monde ont accompli des progrès spectaculaires dans la réduction de la malnutrition, de façon générale le nombre absolu d'enfants malnutris dans le monde a augmenté. En Asie du Sud, un enfant sur deux de moins de cinq anssouffre de malnutrition; un sur trois en Afrique, ainsi que des millions d'enfants du monde industrialisé. La malnutrition n'est pas seulement une "urgence silencieuse", elle est aussi largement invisible, constate le rapport de l'UNICEF. Les trois quarts des enfants qui, dans le monde, meurent de causes liées à la malnutrition sont affectés de ce que les spécialistes appellent "malnutrition légère à modérée", qui ne s'accompagne d'aucun signe extérieur. Les famines, les guerres et autres catastrophes ne sont responsables que d'une petite partie de la crise nutritionnelle mondiale, même si elles reçoivent un large écho dans les médias mondiaux, souligne le rapport. "La malnutrition des enfants ne dépend pas simplement de la satisfaction de l'appétit: un enfant qui mange assez pour calmer sa faim immédiate peut néanmoins être malnutri", explique Mme Bellamy. Une bonne nutrition repose sur l'interaction de plusieurs composantes: un apport alimentaire adéquat, des services de santé de qualité et des soins de santé adaptés aux besoins des femmes enceintes et des enfants. La malnutrition peut se présenter sous différentes formes qui agissent en symbiose, comme la malnutrition protéino-énergétique et les carences en micronutriments tels que l'iode, le fer et la vitamine A. La malnutrition est principalement une conséquence de la maladie et d'un apport alimentaire inadéquat. Mais selon le rapport, beaucoup d'autres éléments entrent aussi en jeu, notamment la discrimination à l'égard des femmes: dans certaines régions, elles mangent après les autres membres de la famille et leur ration est moindre; elles n'ont pas accès à l'éducation qui les rendrait plus aptes à protéger leur santé et celle de leurs enfants. Les femmes enceintes malnutries mettent au monde des enfants de poids insuffisant et dont la capacité de jouer un rôle dans la société, à l'âge adulte, est diminuée. Les bébés qui présentent une insuffisance pondérale à la naissance, par exemple, ont un QI inférieur de cinq points en moyenne à celui d'enfants en bonne santé. Et les femmes qui présentent une insuffisance de taille - la conséquence à long terme d'un faible poids à la naissance, d'un régime alimentaire inadéquat, et de maladies répétées - risquent plus que les autres de connaître des complications obstétricales et donc de mourir en donnant la vie. "On sait depuis longtemps que la malnutrition est une conséquence de la pauvreté; il devient de plus en plus évident qu'elle est également l'une de ses causes", souligne Mme Bellamy. L'UNICEF estime que les récentes percées de la science nutritionnelle pourraient non seulement avoir des effets bénéfiques inespérés sur le développement des enfants, mais aussi contribuer à limiter et même prévenir certaines des maladies les plus meurtrières. "Nous croyons aujourd'hui qu'une nutrition équilibrée pourrait constituer un élément clé pour surmonter certains défis de la santé parmi les plus ambitieux auxquels le monde est confronté: la mortalité maternelle, le paludisme et même le VIH/SIDA", précise Mme Bellamy. "On a de plus en plus de raisons de penser que l'amélioration de la nutrition des jeunes enfants et des femmes pendant la grossesse est susceptible de réduire l'incidence des affections cardiaques et d'autres maladies chroniques et dégénératives, plus tard dansla vie." L'une des découvertes les plus passionnantes est le pouvoir de la vitamine A, qui est présente dans des aliments comme les oeufs, le beurre, le lait entier et le foie. Des études montrent que la supplémentation en vitamine A de l'alimentation des enfants peut amener une réduction de 35 à 40 % du nombre de décès par diarrhée. D'autres études prouvent que l'administration de vitamine A peut aussi abaisser de moitié la mortalité imputable à la rougeole. Enfin, une étude à grande échelle réalisée au Népal a permis de constater une diminution spectaculaire du nombre des décès parmi les femmes enceintes qui reçoivent des suppléments faiblement dosés en vitamine A - de 44% en moyenne dans les zones où a carence est répandue. Bien que la recherche ne soit pas encore concluante, il semble qu'un apport suffisant en vitamine A pourrait freiner la propagation du VIH/SIDA dans les pays où la malnutrition est endémique. Les résultats d'une enquête menée en 1994 au Malawi chez des femmes séropositives ont montré que le risque d'infection du nourrisson par sa mère était quatre fois et demie plus élevé chez les femmes souffrant d'avitaminose A pendant leur grossesse que chez celles dont le statut était normal à cet égard. La supplémentation en zinc et en vitamine A peut renforcer la résistance des enfants au paludisme qui, à l'heure actuelle, tue chaque année quelque 600 000 jeunes enfants. En outre, la supplémentation en zinc paraît efficace pour réduire l'incidence de la mortalité due à la diarrhée et à la pneumonie dans les pays pauvres. "Comme les progrès en matière de vaccination qui ont été réalisés dans les années 80, les suppléments nutritionnels simples et bon marché pourraient être l'une des mesures de santé publique les importantes de la fin des années 90", indique Mme Bellamy. Bon nombre de mesures de ce genre sauvent déjà des vies et les améliorent. Soixante pour cent du sel de consommation dans le monde est aujourd'hui iodé, ce qui contribue à réduire l'incidence des troubles dus à une carence en iode qui, récemment encore, était la principale cause d'arriération mentale évitable dans le monde. Jusqu'en 1990, environ 40 millions d'enfants naissaient chaque année avec le risque de présenter un handicap mental dû à une carence en iode dans le régime alimentaire de leur mère. En 1997, ce chiffre n'était plus que de 28 millions. En 1997, les programmes de distribution de capsules de vitamine A mis en oeuvre dansles pays en développement ont sauvé la vie à 300 000 enfants au moins. Plus de 35 pays distribuent régulièrement des capsules de vitamine A dans le cadre de leurs campagnes de vaccination ou de santé. De façon générale, l'UNICEF estime que dans les pays où l'avitaminose A est répandue, plus de la moitié des jeunes enfants ont reçu des capsules de vitamine A en 1996, contre environ un tiers en 1994. Le rapport contient également de nombreux exemples des améliorations spectaculaires qui, grâce à l'action communautaire, ont été constatées sur le front de la nutrition. En Tanzanie, la malnutrition grave a pratiquement disparu et des milliers d'enfants ont été sauvés de la mort grâce à une initiative communautaire de surveillance de la croissance. Celle-ci a permis aux parents d'évaluer le bien-être nutritionnel de leursenfants et de prendre des mesures pour améliorer leur santé. La volonté politique et l'engagement des communautés, et notamment des femmes, à résoudre leurs propres problèmes sont des éléments communs à toutes les réussites. Mais l'UNICEF sait que beaucoup reste à faire pour réduire le nombre des victimes de la malnutrition grave et modérée. Que ce soit dans les pays pauvres ou les pays nantis, les gouvernements doivent prendre l'initiative et s'engager. Ils doivent dégager les fonds nécessaires et monter des actions de masse ayant toutes chances de réussir et susceptibles d'être mises en oeuvre par les communautés elles-mêmes. Le prix de l'inaction est élevé, souligne le rapport: des millions d'enfants intellectuellement diminués, physiquement atteints et particulièrement vulnérables à la maladie. Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à netmaster@unicef.org avec la référence CF/DOC/PR/1997-62
|
Page d'accueil | Activités de l'UNICEF | Dossiers | Information et publications | Cartes de vux, cadeaux et dons | Coin des médias | La voix des jeunes | A propos de l'UNICEF |