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L'UNICEF demande des mesures élargies de lutte contre le sida

Lundi 1er décembre 1997.- Le Directeur général de l'UNICEF, Carol Bellamy, a déclaré que la dixième célébration annuelle aujourd'hui de la Journée mondiale du SIDA devrait être une occasion de se souvenir et de faire preuve de solidarité, mais aussi d'une volonté affermie de protéger les enfants du monde de la propagation accélérée du virus qui cause le SIDA.

"Les enfants étant de plus en plus à risque du fait du VIH/SIDA, il est nécessaire de toute urgence de disposer de programmes élargis de traitement et de protection, y compris d'éducation et de sensibilisation au SIDA", a déclaré Mme Bellamy. "Ainsi que l'a noté le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, l'éducation et l'information sont parmi les armes les plus puissantes pour mener à bien ce combat".

Selon Carol Bellamy, il est important de faire comprendre comment les enfants et les jeunes sont touchés par le VIH/SIDA en prônant les principes contenus dans la Convention relative aux droits de l'enfant; en diffusant des informations aux jeunes sur les risques de transmission et les méthodes de prévention; et en offrant une éducation et des services en santé génésique. "Connaître le pouvoir de son ennemi est le premier pas pour le vaincre", a-t-elle souligné. "Tant que les gouvernements, les organisations communautaires et le secteur privé ne se rendront pas pleinement compte de l'ampleur du drame qui pèse sur les enfants du monde, il sera d'autant plus difficile de faire adopter les mesures élargies, nécessaires de toute urgence pour les protéger de l'infection à VIH et les traiter."

"Mais le temps presse", ajoute-t-elle. "Nous savons maintenant que le virus de l'immunodéficience humaine, quasiment inconnu de la science médicale il n'y a pas si longtemps, sera une cause majeure de mortalité des enfants dans un peu moins d'une décennie, et que la majorité des décès se produiront dans les pays qui sont le moins à même d'absorber la perte de tant de jeunes".

"Ce sont là des tragédies qui ravageront des familles, mais causeront aussi des dommages incalculables aux perspectives de développement et de bien-être économique de ces pays".

Mme Bellamy s'est exprimée au moment où le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) a fourni de nouveaux chiffres qui montrent que la pandémie de SIDA, loin de ralentir, s'accélère beaucoup plus rapidement que prévu dans des régions du monde en développement, particulièrement en Afrique subsaharienne, et alors que l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) a lancé une mise en garde affirmant que le nombre d'enfants rendus orphelins par la maladie explosera dans des pays en développement particulièrement vulnérables au cours des 12 prochaines années.

L'UNICEF et ses partenaires du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) estiment que si la propagation du SIDA n'est pas ralentie, la mortalité infantile dans les régions les plus touchées pourrait atteindre en 2010 jusqu'à 75% et que la mortalité des moins de cinq ans augmentera de plus de 100%.

Le nombre d'enfants infectés par le VIH en 1997, qui progresse à un rythme dépassant nettement 1000 cas par jour, atteindra un million d'ici la fin de l'année, contre 830 000 à la fin de l'an dernier.

L'ONUSIDA estime qu'à la moitié de 1996, neuf millions d'enfants de moins de 15 ans avaient perdu leur mère emportée par le SIDA, dont plus de 90% en Afrique subsaharienne. Le rapport de l'ONUSIDA, qui se concentrait sur 23 pays durement touchés par le SIDA, prévoit que 42,6 millions d'enfants perdront leurs parents en raison du SIDA ces 12 prochaines années.

"L'une des conséquences les plus complexes et les plus destructrices de la situation est sans nul doute le sort des enfants qui n'échappent à la maladie que pour voir l'un de leurs parents ou les deux en mourir", a noté Mme Bellamy. "La perte de leurs parents est déjà suffisamment traumatisante. Mais les orphelins du SIDA doivent aussi affronter le fardeau des préjugés et de l'exclusion sociale. Isolés et méprisés, privés de leur droit à l'éducation et à des soins appropriés, ces enfants tombent facilement dans un cercle infernal de pauvreté croissante leur faisant courir un risque plus élevé de contracter le SIDA".

Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à netmaster@unicef.org avec la référence CF/DOC/PR/1997/61

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