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Le directeur général de l'UNICEF déplore les flagrantes violations des droits de l'enfant par l'Armée de résistance du Seigneur dans le nord de l'OugandaNew York, 18 septembre 1997: Carol Bellamy, directeur général du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) dit que de nouvelles informations concernant des atrocités commises sur des enfants par une faction rebelle en Ouganda ont confirmé de précédentes estimations de l'UNICEF, selon lesquelles jusqu'à 10 000 enfants auraient été victimes de tels agissements. "On possède des preuves accablantes de ces actes inqualifiables", a dit Mme Bellamy après la publication, plus tôt dans la journée, des rapports d'Amnesty International à Londres et de Human Rights Watch à New York. Les deux rapports décrivent, avec des détails terrifiants, comment les rebelles, membres de l'Armée de résistance du seigneur (ARS), ont enlevé, torturé - et bien souvent assassiné - des milliers d'enfants et d'adolescents. Les rebelles, incapables de rallier des adultes à leur cause, lancent des coups de main sur les villages et les écoles pour enlever des enfants. Ils brisent leurs prisonniers par desrites d'initiation brutaux, en les obligeant par exemple à tuer d'autres enfants à coups de hache et de bâton. Ce sont les enfants qui depuis 1994 constituent l'armature essentielle de l'ARS. Les rapports d'Amnesty International et de Human Rights Watch confirment des estimations antérieures de l'UNICEF selon lesquelles de 6000 à 10 000 enfants ont été enlevés, chez eux ou à l'école, à Gulu, à Kitgum et dans d'autres districts du nord de l'Ouganda. D'après Amnesty International, beaucoup de ces enfants avaient entre 11 et 16 ans au moment de leur capture. Les deux rapports affirment catégoriquement que l'ARS reçoit un soutien du Gouvernement soudanais; les forces armées du Soudan fourniraient des armes, des aliments et un refuge aux rebelles ougandais. En retour, l'ARS force les enfants soldats - filles et garçons - à combattre dans le conflit du Sud-Soudan, de même qu'elle les place en première ligne dans les affrontements avec l'armée ougandaise. "Les faits exposés par Amnesty International et Human Rights Watch sont bouleversants", dit Mme Bellamy. "Le Gouvernement soudanais devrait se justifier de ces allégations en dénonçant l'ARS immédiatement et publiquement, et en se distanciant des activités de celle-ci d'une manière évidente aux yeux de toute la communauté internationale. Si le Gouvernement soudanais ne peut se résoudre à cette démarche, alors les Nations Unies et la communauté internationale en tireront des conclusions extrêmement défavorables. L'UNICEF se joint à Amnesty International et à Human Rights Watch pour appeler le Représentant spécial récemment chargé par l'ONU de la question des répercussions des conflits armés sur les enfants à mener une enquête indépendante sur les violences commises contre des enfants par l'Armée de résistance du Seigneur, et pour demander aux gouvernements de soutenir le projet de Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, qui relèverait de 15 à 18 ans l'âge minimum de recrutement dans les forces armées. Les nouveaux rapports contiennent par dizaines des relations de première main d'enfants ayant réussi à s'échapper, expliquant, preuves à l'appui, comment les enfants sont transformés en porteurs, en esclaves sexuels, en chair à canon. Les descriptions des brutalités sont dures. "Un jour, une fille qui avait été enlevée a essayé de s'enfuir, mais elle a été rattrapée par les rebelles. Ils l'ont amenée devant nous, et nous ont dit de la tuer à coups de pied. Si nous ne la tuions pas, c'est nous qui serions passés par les armes. Dans nos coeurs, nous priions en silence pour cette fille, et nous demandions à Dieu de nous pardonner, parce que nous n'avions pas la volonté de la tuer," raconte un élève de 17 ans, à la suite du rapt de 137 jeunes filles enlevées dans une école religieuse. Les enfants qui réussissent à s'évader sont généralement d'abord interrogés par l'armée ougandaise, puis transférés dans un centre de réadaptation organisé par World Vision et soutenu par l'UNICEF. Le Fonds aide les communautés et les autorités locales à rassembler des données fiables sur les enfants enlevés. L'UNICEF a également mis en place un groupe de coordination composé de représentants des autorités publiques et d'ONG, pour améliorer le soutien psychosocial apporté aux enfants qui ont échappé à leurs ravisseurs de l'ARS, et à tous les enfants pris dans le conflit. "Il n'y a jamais de juste cause à la mort ou à la torture d'un enfant - alors, pourquoi le monde garde-t-il le silence sur ce qui se passe dans le nord de l'Ouganda?" conclut Mme Bellamy. "Tout comme l'on a appelé à enquêter sur les violations des droits de l'homme qui auraient été commises dans la Région des Grands Lacs, la communauté internationale doit faire preuve de la même conscience envers les enfants de l'Ouganda, et demander d'une seule voix la libération immédiate de tous les enfants encore détenus par l'Armée de résistance du Seigneur." Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à netmaster@unicef.org
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