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L'UNICEF se félicite du projet de traité sur l'interdiction des mines terrestres antipersonnel

Oslo, Genève, New York, 18 septembre -- Carol Bellamy, directeur général de l'UNICEF, s'est dite aujourd'hui heureuse de l'adoption d'un projet de traité interdisant les mines terrestres antipersonnel, mais déçue que les Etats-Unis se soient retirés à la dernière minute des discussions menées sous l'égide du Canada, et que la Chine ainsi que la Fédération de Russie n'y aient pas participé du tout.

Selon les mots mêmes de Mme Bellamy : "C'est une victoire pour tous les peuples et les gouvernements qui ont lutté pour mettre fin à cette boucherie insensée qui mutile et tue des civils, y compris de nombreux enfants."

"Le maintien du texte dans sa forme pure et dure démontre l'efficacité du processus d'Ottawa. Malgré des pressions sans merci pour édulcorer les dispositions du traité, la communauté internationale a su faire le bon choix. Il fut un moment où le lobby qui voulait affaiblir le traité a été sur le point d'anéantir ce que nous avions réussi à bâtir, mais le bon sens et la justice ont prévalu en fin de compte."

Le processus est une initiative qui a commencé dans la capitale canadienne en octobre 1996 avec la première réunion stratégique internationale de gouvernements décidés à faire interdire les mines terrestres dans le monde entier.

Tout au long de l'année qui vient de s'écouler, la Campagne internationale pour l'interdiction des mines terrestres a rassemblé des groupements civiques, des organisations non gouvernementales nationales et internationales, aux côtés du Comité international de la Croix Rouge (CICR), de l'UNICEF et d'autres organisations intergouvernementales.

Plus de 100 pays représentés à la Conférence d'Oslo y ont négocié trois semaines durant le texte du traité. Mme Bellamy est convaincue que l'élan ainsi donné entraînera d'autres nations. "Certains bien sûr voudront rester en dehors du mouvement, mais je suis persuadée que la plus grande partie du monde s'y joindra."

Le traité, qui s'ouvrira aux signatures le 3 décembre à Ottawa, interdit l'utilisation, la production, le développement, l'acquisition, la vente, le stockage et le transfert des mines terrestres antipersonnel. Il entrera en vigueur lorsque 40 Etats au moins l'auront ratifié.

Les Etats-Unis se sont retirés des discussions lorsqu'ils n'ont pas réussi à obtenir un compromis sur leur demande d'être autorisés à utiliser un système de minage mixte (incluant des mines antipersonnel), de prévoir un délai de neuf ans avant l'entrée en vigueur du traité, et de suspendre les dispositions de celui-ci en temps de guerre.

A l'échelle mondiale, pour chaque mine enlevée, vingt autres sont placées. Les mines font chaque mois 800 tués ou blessés - soit un million depuis 1975 - dont 30 % sont des enfants de moins de 15 ans. Plus de 115 millions de mines non explosées sont cachées à la surface de la planète, et 2 millions de mines s'y ajoutent chaque année. La plupart d'entre elles se trouvent réparties dans quelque 70 pays en développement, dont 18 en Afrique. Si le prix de la fabrication d'une mine est d'environ 3 dollars, celui de son enlèvement peut atteindre 1000 dollars.

Le traité ne couvre pas les mines antichars, dont l'explosion exige généralement la pression d'un véhicule lourd. Pourtant, les engins antichars ont coûté la vie à bien des civils voyageant en camion, et à des paysans travaillant sur leurs tracteurs.

En même temps qu'il maintiendra son appui au processus d'Ottawa, l'UNICEF continuera à prêter son assistance au traitement et à la réadaptation des victimes des mines, et son soutien aux programmes de sensibilisation au danger des mines terrestres, autre clause du traité.

En effet, comme l'a dit Mme Bellamy, "il est particulièrement important de faire connaître aux populations le danger des mines, car il faudra des décennies pour que les mines déjà posées soient enlevées ou neutralisées."

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