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Appel de l'UNICEF à la Chine et la Fédération de Russie sur l'interdiction des mines terrestres

Vendredi 5 septembre 1997: Le directeur général de l'UNICEF, Carol Bellamy, a demandé aujourd'hui à la Chine et la Fédération de Russie de se joindre en tant que participants à part entière aux entretiens menés sous l'impulsiondu Canada en vue de conclure un traité d'interdiction des mines antipersonnel d'ici à décembre 1997.

Mme Bellamy a lancé cet appel à l'occasion de la réunion de 121 nations à Oslo (Norvège), pour trois semaines de négociations sur la rédaction du traité, que les organisateurs espèrent voir déboucher sur un document final qui sera signé à Ottawa. Le traité interdirait la production, la vente, le stockage et l'utilisation des mines antipersonnel.

Parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Chine et la Fédération de Russie (assistant avec le statut d'observateur) sont les deux seuls pays à ne pas participer aux entretiens, connus sous le nom de Processus d'Ottawa. Les Etats-Unis ont annoncé il y a deux semaines qu'ils se joindraient aux entretiens, bien qu'ils aient apporté un certain nombre de réserves à la table de négociation.

"Le nombre de nations adhérant au processus d'Ottawa a atteint un total qui ne semblait guère possible il y a un an à peine", a remarqué Mme Bellamy. "Parmi les pays qui ont été de grands producteurs de mines, il reste à la Chine et à la Fédération de Russie d'annoncer leur participation avant la fin de la réunion d'Oslo le 19 septembre. Et cette participation devra être sincère - sans réserves, exceptions ou lacunes. Dans cette question de vie ou de mort, il est essentiel que l'élan humanitaire triomphe des considérations politiques".

Mme Bellamy a cité le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, déclarant cette semaine à Oslo que les entretiens actuels avaient "des conséquences capitales pour le continent africain et pour le monde entier". L'élimination des mines terrestres est devenue une cause vraiment mondiale, et le Processus d'Ottawa a le pouvoir, selon les termes mêmes employés par le Secrétaire général, de "faire des mines terrestres une arme du passé et un symbole de honte".

Les négociations d'Ottawa se sont accélérées de manière extraordinaire ces sept derniers mois, depuis l'annonce en février par l'Afrique du Sud d'une interdiction unilatérale de l'utilisation, de la production et du commerce des mines antipersonnel. L'initiative sud-africaine a abouti à une série d'engagements de la part de pays d'Afrique australe, notamment l'Angola, le Malawi, le Mozambique, le Swaziland et le Zimbabwe. Puis, en mai, le Gouvernement britannique nouvellement élu a annoncé qu'il détruirait ses stocks de mines antipersonnel d'ici à l'an 2005 et ferait plus énergiquement pression pour une interdiction mondiale. En juin, lors de la réunion annuelle de l'Organisation de l'unité africaine, 40 pays africains ont soutenu une résolution visant à faire de l'Afrique une "zone exempte de mines". En août, l'Allemagne a annoncé, dans la ligne de sa décision prise l'an dernier de renoncer totalement aux mines, qu'elle achèverait la destruction de ses stocks de mines terrestres d'ici la fin de l'année.

Au total, 90 pays assistent en qualité de participants aux entretiens qui se déroulent actuellement à Oslo, et 31 autres ont le statut d'observateur.

"Nous lançons un appel à tous les pays qui sont restés à l'écart des entretiens, ou qui y assistent à titre d'observateur seulement, et leur demandons de se joindre comme participants à part entière à cet effort pour rédiger un traité qui pourrait changer la face de notre planète", a dit Mme Bellamy. La participation de la Chine et de la Fédération de Russie est vitale pour ce processus, ajoute-t-elle. Elle précise: "S'il est possible de susciter un mouvement irréversible pour une interdiction mondiale des mines terrestres sans la participation de certaines nations de taille modeste, il sera presque impossible d'y parvenir sans l'engagement de la Chine et de la Fédération de Russie qui sont membres permanents du Conseil de sécurité".

"Chacun des 2000 accidents dus aux mines terrestres qui se produisent chaque mois est vraiment inutile et aurait pu être évité. L'UNICEF est chargé de représenter les intérêts des enfants du monde. Nous ne pouvons pas nous contenter de regarder s'alourdir ce tribut mortel tandis que le débat fait rage", affirme Mme Bellamy.

Malgré l'indignation accrue de la communauté internationale face au carnage causé par les mines - un million de victimes depuis 1975, dont plus de 30% des blessés et des morts avaient moins de 15 ans - de 20 à 50 nouvelles mines sont encore posées pour chaque mine enlevée dans le monde. Produire une mine ne coûte que de 3 à 10 dollars, mais l'enlever revient parfois à 1000 dollars.

Mme Bellamy a également souligné qu'une interdiction internationale de la production, de la vente, de l'utilisation et du stockage des mines terrestres antipersonnel n'est pas suffisante en soi pour juguler la menace mondiale posée par les plus de 100 millions de mines actuellement enfouies dans le sol de 68 pays. Il est vital aussi d'augmenter les ressources allouées au déminage et aux programmes de sensibilisation au danger des mines, et il faut répondre aux besoins physiques et assurer la réhabilitation psychosociale des victimes des mines.

Voir également Les droits de l'enfant et le Protocole sur les mines de 1996

Veuillez envoyer vos commentaires ou demandes d'information par courrier électronique à netmaster@unicef.org avec la référence CF/DOC/PR/1997/36

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