Centre de presse

Directives de reportage

Principes directeurs de reportage pour la protection des enfants exposés

Principes pour la réalisation de reportages sur les enfants

Réaliser des reportages sur des enfants et des jeunes présente des problèmes particuliers. Quelquefois, le simple fait d’écrire à leur sujet risque de compromettre leur sécurité et ils risquent d’être victimes de représailles ou mis au ban de la société.

L’UNICEF a élaboré ces principes pour aider les journalistes lorsqu’ils enquêtent sur des questions concernant les enfants. Ils sont présentés sous formes de principes directeurs qui devraient, pense l’UNICEF, aider les médias à faire des reportages sur les enfants en tenant compte de l’âge des enfants et de la délicatesse du sujet. Ces principes ont pour but d’aider les reporters animés des meilleures intentions : servir le grand public sans compromettre les droits des enfants.

I. Principes

1. La dignité et les droits de tout enfant doivent être respectés en toute circonstance.

2. Lorsqu’on enquête sur les enfants ou lorsqu’on les interroge, il faut accorder une attention particulière au droit de tout enfant à la confidentialité et au respect de sa vie privée, à son droit de se faire entendre, à participer aux décisions qui l’affectent et à être protégé contre toutes formes de violences et représailles, y compris le risque même de violences et représailles.

3. L’intérêt supérieur de tout enfant est plus important que toute autre considération, y compris le plaidoyer pour les questions d’enfants et la promotion des droits de l’enfant.

4. Lorsqu’on essaie de déterminer l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit de l’enfant à se faire entendre doit être pris en compte, en fonction de son âge et de sa maturité.

5. Les personnes les plus proches de l’enfant, les mieux placées pour évaluer sa situation, doivent être consultées à propos des conséquences politiques, sociales et culturelles de tout reportage.

6. Ne pas publier un article ou une photo qui risque de mettre l’enfant, ses frères et sœurs ou ses camarades en danger, même lorsque les identités sont changées, obscurcies ou non utilisés.

II. Principes directeurs concernant les interviews d’enfants

1. Ne pas nuire à quelque enfant que ce soit; éviter les questions, attitudes et commentaires qui reflètent des jugements de valeur, qui sont insensibles aux valeurs culturelles, qui mettent l’enfant en danger ou l’exposent à l’humiliation, ou qui raniment la douleur et le chagrin provoqués par des événements traumatisants.

2. Ne pas faire de discrimination lors du choix des enfants pour les interviews fondée sur le sexe, la race, l’âge, la religion, le statut social, l’éducation ou les capacités physiques.

3. Ne pas faire de mise en scène. Ne pas demander aux enfants de raconter une histoire ou de faire quelque chose si cela ne fait pas partie de leur propre expérience vécue.

4. S’assurer que l’enfant ou la personne qui s’occupe de lui savent qu’ils parlent à un journaliste. Expliquer le but de l’interview et la façon dont elle sera utilisée.

5. Obtenir la permission de l’enfant et de la personne qui est responsable de lui pour toutes les interviews, les vidéos et, dans la mesure du possible, les photos de documentaire. Le cas échéant, lorsque cela est approprié, cette permission devrait être donnée par écrit. La permission doit être obtenue en veillant à ne pas faire pression sur l’enfant ou la personne qui s’occupe de lui et s’assurant qu’ils comprennent qu’ils font partie d’une histoire qui risque d’être diffusée sur place ou dans le monde entier. Il faut veiller à obtenir la permission de l’enfant dans sa langue à lui et à ce que la décision soit prise en accord avec un adulte auquel l’enfant fait confiance.

6. Choisir soigneusement l’endroit où l’enfant est interviewé et la façon dont l’interview est menée. Limiter le nombre d’interviews et de photos. Essayer de s’assurer que l’enfant est à l’aise et capable de raconter son histoire sans pression de l’extérieur, y compris celle de l’interviewer. Lors des interviews filmées ou enregistrées pour la radio, tenir compte du décor visuel ou audio et de ce que ce décor peut sous-entendre vis à vis de l’enfant, de sa vie et de son histoire. S’assurer que la sécurité de l’enfant ne sera pas compromise si l’on diffuse des images de son foyer, de sa communauté ou de son environnement en général.

III. Principes directeurs concernant les reportages sur les enfants

1. Ne pas accentuer la stigmatisation d’un enfant; éviter d’étiqueter les enfants et de les décrire de manière à les exposer à des représailles, notamment des violences physiques et psychologiques, ou à des discriminations ou à la mise au ban de leurs communautés.

2. Donner toujours le contexte exact d’un article sur l’enfant ou d’une image de lui ou elle.

3. Toujours changer le nom et masquer l’identité visuelle de tout enfant qui est présenté comme :

a. Victime d’abus ou exploitation sexuels,

b. Auteur d’abus sexuels ou d’actes de violence physique,

c. Séropositif, vivant avec le SIDA ou décédé du SIDA, sauf si l’enfant, un parent ou le tuteur donne une autorisation dûment informée,

d. Accusé ou coupable d’un crime,

e.  Un enfant soldat, actuel ou passé, qui tient une arme ou des armes.

4. Dans certaines circonstances, si un enfant risque d’être victime de représailles, il convient de changer le nom et masquer le visage de tout enfant présenté comme :

a. Un ex enfant soldat qui ne tient pas une arme, mais pourrait être en danger

b. Un demandeur d’asile, un réfugié ou une personne déplacée à l’intérieur de son propre pays.

5. Dans certains cas, utiliser l’identité de l’enfant – son nom et/ou sa photo reconnaissable – peut le mieux servir ses intérêts. Toutefois, lorsqu’on se sert de l’identité d’un enfant, il faut continuer à le protéger et soutenir contre toute stigmatisation et toutes formes de représailles.

Certains exemples de ces cas spéciaux :

a. Lorsqu’un enfant entre en contact avec un reporter, souhaitant exercer son droit de libre expression et son droit à se faire entendre.

b. Lorsqu’un enfant se considère comme un militant et/ou fait partie d’un programme de mobilisation sociale et tient à être identifié de cette manière.

c. Lorsqu’un enfant est engagé dans un programme psychosocial et que l’affirmation de son nom et de son identité fait partie de son épanouissement.

6. Obtenir la confirmation de ce que l’enfant a à dire, que ce soit auprès d’autres enfants, ou d’un adulte, et de préférence auprès des deux.

7. En cas d’incertitude concernant la sécurité d’un enfant, préparer le reportage sur la situation générale des enfants plutôt que sur un enfant particulier, quel que soit l’intérêt de son histoire. 
 
IV. Utilisation du matériel de communication de l’UNICEF

Tout le matériel de l’UNICEF est protégé par les droits d’auteur, que ce soient les textes, les photos, les images et croquis et les images vidéo. La permission de reproduire une partie du matériel de l”UNICEF doit être obtenue auprès du bureau de l’UNICEF d’origine et elle ne sera accordée que si ces principes figurant dans ce document ont été respectés.

Sources : La Convention relative aux droits de l’enfant; Droits des enfants et médias; Principes directeurs à l’intention des journalistes (PDF en anglais), Fédération internationale des journalistes; Les médias et les enfants ayant besoin d’une protection spéciale (documents interne), Division de la communication de l’UNICEF; Deuxième consultation internationale sur le VIH/SIDA et les droits de l'homme, Secrétaire général des Nations Unies.


 

 

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