Les nations avancent lentement vers les objectifs qu’elles ont définis ensemble en mai 2002
New York, le 8 mai 2003 – Les nations du monde n’ont guère avancé vers les objectifs définis de concert lors d’un sommet des Nations Unies en mai 2002, a déclaré l’UNICEF aujourd’hui en précisant que la moitié seulement des gouvernements du monde ont pris des mesures pour élaborer un plan d’action en faveur des enfants de leur pays.
Selon l’UNICEF, à ce jour, 105 nations ont présenté ce qu’elles avaient l’intention de faire pour améliorer les conditions de vie des enfants. Près de 90 pays doivent encore rédiger ou modifier leur plan d’action avant la fin de 2003, conformément au calendrier convenu.
« Déclarer publiquement et sans équivoque ce que chaque gouvernement fera pour améliorer les conditions de vie des enfants est un premier pas important vers des progrès concrets, a déclaré Mme Carol Bellamy, Directrice générale de l’UNICEF. Je suis heureuse que tant de nations aient déjà présenté leur plan. Nous ne pouvons atteindre les objectifs convenus pour 2005, 2010 ou 2015 si nous ne commençons pas par dire exactement ce que chacun d’entre nous compte faire. C’est notre responsabilité et je félicite les gouvernements qui ont rempli ce premier engagement. »
Pour Mme Bellamy, les ressources et l’attention qui auraient dû être consacrées aux problèmes des enfants au cours de l’année écoulée ont été mobilisées pour des situations de crise ou la guerre.
« La situation des enfants d’Iraq est importante, mais n’oublions pas qu’il y a 2,1 milliards d’enfants dans le monde, dont la moitié vit dans une misère absolue ; 150 millions souffrent de malnutrition, 120 millions ne sont pas scolarisés et 11 millions d’enfants meurent chaque années de causes que l’on aurait pu éviter. C’est là-dessus que les gouvernements doivent se concentrer, avec rigueur et cohérence. »
La première Session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants s’est tenue à New York du 8 au 10 mai 2002. Des délégations de chaque pays, y compris quelque 70 chefs d’Etat et près de 200 enfants, ont convenu d’une série d’objectifs assortis de délais dans l’intention :
Mme Bellamy a affirmé qu’il serait pas réaliste d’espérer afficher des progrès statistiques majeurs dans ces domaines au bout d’un an seulement, mais elle a insisté sur le fait qu’il faut privilégier les actions concrètes pour atteindre ces objectifs, en particulier les Objectifs de développement pour le Millénaire, qui ont pour la plupart 2015 comme date butoir, assortis de buts intérimaires entre-temps.
L’UNICEF a également mis en valeur deux initiatives nationales qui ont illustré, au cours de l’année écoulée, les changements rapides que l’on peut constater lorsque les dirigeants sont résolus à investir en faveur des enfants.
L’UNICEF a cité le cas du Kenya, un pays où l’une des toutes premières initiatives du nouveau gouvernement, en janvier 2003, a été de s’engager à offrir une éducation gratuite à tous les enfants du pays. Les frais d’inscription scolaire de toutes sortes ayant été abolis, les effectifs ont augmenté de façon spectaculaire. C’est 1,5 million d’enfants de plus qui se sont présentés le jour de la rentrée. L’UNICEF continue de soutenir le Kenya, qui s’efforce d’améliorer son système éducatif, pour que les enfants restent scolarisés et reçoivent l’éducation de qualité qui les aidera à s’affranchir de la pauvreté.
L’UNICEF a également cité l’Afghanistan, qui en dépit de circonstances extrêmement difficiles, a également fait d’immenses progrès dans la scolarisation des enfants, des filles en particulier. Dès la rentrée des classes de mars 2002, quand près de 2 millions d’enfants sont arrivés dans les écoles, et tout au long de l’année scolaire qui a débuté en mars 2003, l’Afghanistan a vu doubler ses effectifs scolaires. Et pour la première fois depuis des années, un nombre impressionnant de filles fréquentent l’école.
« La seule manière de changer réellement les choses pour les enfants, c’est de prendre des mesures hardies, a assuré Mme Bellamy. Dans le cas du Kenya, il s’est agi d’un trait de plume éliminant les frais scolaires. En Afghanistan, c’est lorsqu’il a été décidé de faire de la remise en état du système éducatif la première grande priorité nationale. En faisant preuve d’audace pour les enfants, nos sociétés deviendront prospères et agréables à vivre. C’est prouvé. »
Mme Bellamy a cité d’autres améliorations dans la vie des enfants au cours de l’année écoulée :
Un monde digne des enfants
Le vrai travail visant à réaliser les objectifs définis lors de la Session extraordinaire de l’ONU consacrée aux enfants ne fait que commencer, a fait remarquer Mme Bellamy. « Les progrès accomplis au cours des douze derniers mois sont un bon début, mais il nous reste d’énormes défis à relever. Toutes les parties prenantes (gouvernements, société civile et ONG, familles et enfants, ainsi que la communauté internationale) doivent aller de l’avant, ne pas se contenter de mots et passer à l’action, ne pas se contenter d’élaborer des plans et formuler des politiques mais agir et obtenir des résultats », a-t-elle expliqué.
L’UNICEF a également dressé une liste d’initiatives que les gouvernements doivent lancer immédiatement pour se conformer à leurs engagements en faveur d’un monde digne des enfants.
« A en juger par la tendance actuelle, a constaté Mme Bellamy, il y a peu de chance que le monde atteigne les objectifs de développement pour le Millénaire. Mais si nous investissons maintenant pour les enfants, surtout s’il s’agit de ces investissements peu coûteux mais hautement efficaces dont nous savons qu’ils produisent des résultats, nous aurons au moins une chance d’atteindre ces objectifs. Ils en valent la peine. Pour le bien des enfants, redoublons tous d’efforts. »
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