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Communiqué de presse

L’UNICEF demande à l’Angola de montrer l’exemple

A l’occasion du lancement d’une campagne contre la rougeole, il exhorte le Gouvernement angolais à continuer à « investir pour les enfants »

Luanda/New York/Genève, le 22 avril 2003 – L’UNICEF a exhorté aujourd’hui le Gouvernement angolais à soutenir les premiers pas du processus de paix en augmentant les dépenses en faveur de la santé et de l’éducation des enfants.

S’exprimant après le lancement d’une campagne nationale de vaccination contre la rougeole qui devrait permettre d’immuniser sept millions d’enfants au cours des quatre prochaines semaines, Carol Bellamy, Directrice générale de l’UNICEF, a déclaré que le Gouvernement angolais devrait « prolonger l’élan fourni par cette campagne sanitaire massive et profiter de cette énergie pour améliorer l’éducation et les services de santé de base. »

« Nous demandons au gouvernement de continuer à investir pour les enfants, a continué Mme Bellamy. Qu’il donne à l’Angola un avenir stable en protégeant ses enfants. C’est ainsi qu’il percevra les vrais dividendes de la paix. »

La déclaration de l’UNICEF a une résonance particulière en Angola, où la moitié des 14 millions d’habitants a moins de dix-huit ans. Depuis la signature, l’an dernier, de l’accord de paix qui a mis fin à une guerre civile longue de 27 ans, l’UNICEF a demandé à plusieurs reprises au Gouvernement angolais de consacrer aux services sociaux de base les ressources jadis destinées à l’effort de guerre.

L’UNICEF estime que 5 000 écoles et 60 % des hôpitaux ont été détruits pendant la guerre. 45 % des jeunes Angolais souffrent de malnutrition chronique et le taux de mortalité infantile et maternelle du pays est l’un des plus élevés du monde.

Mme Bellamy s’est félicitée des initiatives prises par l’Angola pour consolider la paix à l’aide de programmes sociaux et elle a pris en exemple la campagne de vaccination actuelle, qui représente l’initiative sanitaire la plus importante jamais entreprise dans le pays. Mais beaucoup reste à faire, a-t-elle souligné, tout en demandant au gouvernement de remplir ses engagements :

  • en s’efforçant de réduire la mortalité infantile et maternelle
  • en soutenant un programme national de rentrée des classes
  • en augmentant les dépenses en matière d’éducation et de services de santé de base pour les aligner sur les budgets du Comité de développement de l’Afrique australe
  • en faisant du respect et de la protection des droits des enfants une priorité dans le calendrier de la paix et de la stabilisation.

« Nous sommes aujourd’hui les témoins de premiers pas encourageants, a fait valoir Mme Bellamy. Et ce pays a le potentiel de montrer l’exemple à toute l’Afrique. Mais un million de ses enfants n’est toujours pas scolarisé. L’ensemble du système sanitaire doit être renforcé et il faut établir les conditions qui permettront une vaccination de routine efficace dans tout le pays. Si l’on y parvient, dans cinq ans, quand les enfants seront tous scolarisés et que les taux de mortalité infantile seront en baisse, nous pourrons regarder en arrière et proclamer que 2003 fut l’année où les enfants sont devenus la priorité no.1 du pays. »

Mme Bellamy a également exhorté la communauté internationale à soutenir les efforts du gouvernement. « Les Angolais essayent de consolider tout le système sanitaire et éducatif, en dépit d’obstacles importants, de renforcer les services publics dans les zones reculées et de s’attaquer aux causes de la mortalité infantile. Cela doit venir en grande partie du pays même, mais je suis sûre que la communauté internationale continuera à soutenir l’Angola et ses objectifs de reconstruction. Ce sont les partenariats que nous forgeons maintenant qui permettront d’engranger de bons résultats. »

Cette visite de deux jours, la troisième pour Mme Bellamy dans ce pays d’Afrique australe, comprenait des rencontres avec le président, cinq ministres, une tournée des écoles et une visite dans la province centrale de Malange qui a énormément souffert pendant les 30 ans de guerre.

Faits et chiffres :

  • Plus de 10 000 enfants angolais meurent chaque année de la rougeole, et 95 % des cas touchent les moins de quinze ans.
  • La rougeole reste en Angola la première cause des décès que la vaccination permettrait d’éviter. Dans le monde développé, 999 enfants sur 1 000 survivent à cette maladie. En Angola, 100 d’entre eux en mourront.
  • L’Angola a l’un des pire taux de mortalité infantile au monde : un Angolais sur quatre meurt avant son cinquième anniversaire.
  • L’Angola est l’un des dix pays au monde ayant la plus mauvaise couverture vaccinale, il se situe bien au-dessous de la couverture vaccinale en Afrique subsaharienne, laquelle était estimée à 46 % en 2001.
  • Seuls 27 % des nourrissons âgés d’un an sont complètement vaccinés contre les maladies évitables.
  • 45 % des enfants angolais souffrent de malnutrition chronique, ce qui illustre les effets négatifs à long terme de près de trois décennies de guerre sur la croissance des enfants.
  • Malgré une campagne de rentrée des classes qui profitera à 500 000 enfants, un million de jeunes Angolais n’iront toujours pas à l’école.

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Pour de plus amples informations :

James Elder, UNICEF Angola, + 244-91-219-524
jelder@unicef.org
Patricia Cervantes, UNICEF Angola, + 244 - 91-501-943
pcervantes@unicef.org
Damien Personnaz, UNICEF Genève, + 41 – 22 – 909 – 5517,
dpersonnaz@unicef.org
Mohammed Jalloh, UNICEF New York, + 1 – 212 – 3267516,
mjalloh@unicef.org

 


 

 

 

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