Les mauvais traitements et l'exploitation ont des effets néfastes prolongés sur un développement sain
Genève / New York, le 4 avril 2003 - Alors que le monde se prépare à commémorer la Journée mondiale de la santé lundi, l'UNICEF a indiqué aujourd'hui que, chaque année, la santé de dizaines de millions d'enfants est gravement et durablement affectée par les mauvais traitements, l'exploitation et les violences et que l'on omettait souvent de prendre en compte ces dangers lors de la planification des programmes de santé publique.
« Un enfant bien nourri qui est battu à la maison n'est pas en bonne santé », a précisé Mme Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF. « Un enfant qui subit des sévices sexuels à l'école n'est pas en bonne santé. Un enfant vacciné qui exerce de force un travail dangereux n'est pas en bonne santé. Ces mauvais traitements, cette exploitation ont des répercussions énormes sur la santé et le développement à long terme de millions d'enfants ».
Parce que le thème adopté pour la Journée mondiale de la santé le 7 avril est « Des environnements sains pour les enfants », Mme Bellamy a souligné que les gouvernements et les communautés devaient aborder à la fois la question de l'environnement physique dans lequel les enfants passent leurs journées et celle de l'environnement « protecteur » si essentiel pour mettre chaque enfant à l'abri du danger.
Au rang des principaux dangers de l'environnement pour les enfants, a dit l'UNICEF, on trouve l'insalubrité, l'eau insalubre, la mauvaise hygiène, la pollution et d'autres problèmes qui pouvaient se solder par des maladies mortelles comme le paludisme, les diarrhées et les infections respiratoires aiguës.
Mais l'UNICEF a indiqué qu'un « environnement protecteur » pour les enfants était d'une importance tout aussi capitale pour leur santé et leur développement, et a qualifié les violences, les mauvais traitements et l'exploitation de « menaces silencieuses » qui se terrent dans toutes les sociétés du monde.
« Les enfants ont droit à un environnement qui les protège non seulement des maladies, mais aussi des mauvais traitements », a précisé Mme Bellamy.
L'UNICEF définit comme « protecteur » un environnement dans lequel les communautés et les familles s'engagent à protéger les droits des enfants, où des lois sont en place pour protéger les enfants et poursuivre ceux qui les enfreignent, où ces lois sont appliquées avec constance et cohérence, où le gouvernement affecte des ressources à l'élimination de l'exploitation des enfants, où les médias soulignent bien les problèmes et dénoncent les attitudes discriminatoires, et où les adultes qui sont amenés à passer du temps avec les enfants, qu'ils soient parents, enseignants, chefs religieux ou autres, sont capables de reconnaître à certains signes qu'un enfant est maltraité et d'y répondre en conséquence.
L'UNICEF fait remarquer que des dizaines de millions d'enfants sont chaque année victimes de sévices graves et de violences :
« La persistance de ces sévices montre que la communauté internationale a systématiquement failli à sa mission de protection de ceux qui sont le moins capables de se défendre », indique Mme Bellamy. « Tous les enfants ont le droit de grandir dans un environnement qui assure leur protection ».
Les risques encourus par les enfants à l'école et là où ils jouent
Mme Bellamy a indiqué que la santé des enfants pouvait être également menacée dans les endroits mêmes où l'on peut penser qu'ils sont le plus en sécurité : l'école et la communauté.
Elle a fait remarquer que la plupart des écoles du monde en développement n'avaient pas suffisamment d'installations sanitaires de base et de sources d'eau potable. Dans ces conditions, les enfants contractent aisément des maladies infectieuses comme les diarrhées et les infections respiratoires aiguës. Un million et demi d'enfants environ meurent de diarrhées chaque année.
Les mêmes conditions s'appliquent aux endroits où les enfants jouent. Les égouts à ciel ouvert, l'élimination insalubre des déchets ménagers ou industriels et la pollution des sources d'approvisionnement en eau exposent les enfants à de nombreux dangers immédiats ou à long terme pour leur santé et leur développement.
A l'échelle planétaire, le nombre d'enfants qui meurent avant leur cinquième anniversaire atteint presque les 11 millions ; les affections qui en sont la cause, dans l'écrasante majorité des cas, pourraient être prévenues ou traitées.
L'UNICEF recommande une approche intégrée mettant en jeu des interventions simultanées dans les domaines de la santé et de la nutrition et touchant les enfants et les mères ; la salubrité et l'assainissement de l'eau ; les soins psychosociaux et l'apprentissage dès le plus jeune âge ; et la protection contre les violences, les mauvais traitements et l'abandon.
« On doit donner aux enfants les meilleures chances possibles de survie et d'épanouissement », a dit Mme Bellamy. « Il ne faut pas croire que les dangers qui hypothèquent la santé et le bien-être des enfants se limitent aux maladies et aux infections. Les enfants doivent vivre dans un environnement protecteur qui leur donne contre l'exploitation les mêmes armes que celles qui leur sont fournies contre les maladies par une bonne santé et une bonne nutrition ».
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