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Communiqué de presse

Alors que la guerre fait rage en Iraq, l'UNICEF rappelle la crise humanitaire que traverse l'Afrique australe

Les mesures à prendre en Afrique australe doivent êtres axées sur les femmes et les enfants

Johannesburg, le 3 avril 2003 - Alors que la communauté internationale a les yeux fixés sur l'Iraq, Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF, s'est rendue en Afrique australe cette semaine pour s'occuper d'une crise humanitaire qui bouleverse la vie de millions de femmes et d'enfants loin des caméras.

Le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe, six sociétés essentiellement agricoles, traversent une crise due à une pénurie alimentaire provoquée par la sécheresse et exacerbée encore par une épidémie de sida catastrophique. Dans ces six pays, un adulte sur quatre environ vit avec le VIH ou le sida ; ces décès et ces maladies, dont le nombre ne cesse d'augmenter, ont mis ce qui reste des filets de protection sociale désormais hors de portée des ménages pauvres. L'avenir des enfants paraît particulièrement compromis : 2,35 millions d'enfants qui ont perdu un parent au moins à cause du sida, et 600 000 jeunes de moins de quinze ans, eux-mêmes séropositifs, vivent dans ces six pays.

« Ces pénuries alimentaires associées au VIH représentent une combinaison particulièrement dévastatrice pour les femmes et les enfants, a constaté la directrice générale de l'UNICEF, Carol Bellamy. Les femmes sont le pivot des communautés d'Afrique australe. C'est grâce à elles qu'il y a de quoi manger sur la table, elles sont le ciment de la famille en période de crise. Non seulement ce sont les femmes qui sont les plus durement atteintes par le VIH mais encore ce sont elles qui assument l'essentiel des soins à donner aux jeunes, aux vieux, aux malades et aux mourants.

« Si nous touchons les femmes, nous touchons leurs enfants, la famille entière et l'ensemble de la communauté. Comme l'a dit le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, pour sauver l'Afrique, il nous faut sauver ses femmes. »

Il faut donc réagir de toute urgence, a-t-elle poursuivi et non seulement répondre aux besoins immédiats des femmes, mais aussi s'attaquer aux barrières et inégalités structurelles sous-jacentes, telles que la violence sexuelle et les mauvais traitements, très répandus, le manque d'accès aux biens de production et des normes sociales destructrices qui aggravent l'épidémie de VIH/sida.

L'UNICEF a également publié aujourd'hui les résultats de la première analyse approfondie d'enquêtes nutritionnelles dans la région, une analyse qui montre que le statut nutritionnel des jeunes enfants a cessé de se détériorer en Afrique australe.

Mais cette étude, qui analyse en profondeur plus de 60 enquêtes nutritionnelles dans les six pays concernés par la crise, montre également que certains groupes d'âge, en particulier les enfants de moins de trois ans, sont terriblement exposés aux effets combinés de la sécheresse et de l'infection par le VIH qui ont balayé toute l'Afrique australe.

« Ce rapport important nous montre que l'aide humanitaire - plus précisément l'association des vivres d'urgence avec de l'eau potable et salubre, des compléments de vitamine A et la vaccination des enfants -- a enrayé la propagation dramatique de la malnutrition infantile dans toute l'Afrique australe », a déclaré Urban Jonsson, Directeur régional de l'UNICEF pour l'Afrique australe et de l'Est.

L'étude montre également que le déclin du statut nutritionnel est plus prononcé parmi les enfants des zones urbaines ou péri-urbaines, où l'on constate une plus grande prévalence du VIH/sida. Elle indique aussi que les orphelins sont les plus vulnérables : ils courent deux fois plus de risquesde souffrir de malnutrition que les enfants dont un parent au moins est encore en vie.

« La pandémie de VIH/sida en Afrique australe a érodé les progrès accomplis pendant les années 80 et au début des années 90. A cause d'elle, les sociétés sont en situation d'extrême vulnérabilité face aux chocs ou aux crises comme la sécheresse et les mauvaises récoltes. La lutte contre le VIH/sida est indispensable si l'on veut réparer le tissu social et maintenir les bons résultats obtenus grâce aux initiatives de développement lancées dans la région », a précisé M. Jonsson.

L'analyse des enquêtes nutritionnelles a été menée par l'UNICEF en collaboration avec l'université de Tulane et la Community Systems Foundation.

Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à :
Madeline Eisner, UNICEF Média, +254 722 520595
Brinda Adhikari, UNICEF Média, +27 83 463 5208


 

 

 

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