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Communiqué de presse

L’UNICEF exhorte les gouvernements à tenir leurs engagements et à mettre fin aux mutilations génitales féminines et à l'exicision

Saisir l’occasion que présente la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines

Addis Abeba/Nairobi, le 6 février 2003 – Vivement préoccupé par des chiffres indiquant qu’entre 100 et 130 millions de femmes ont subi des mutilations génitales ou l’excision quand elles étaient petites, l’UNICEF a déclaré aujourd’hui que les Etats doivent remplir les engagements pris lors de la Session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants et agir sans attendre pour éliminer ces pratiques d’ici à 2010.

« Le fait que 100 millions de femmes aient subi des mutilations génitales ou l’excision prouve que la communauté internationale n’a pas réussi à les protéger », a déclaré Carol Bellamy, Directrice générale de l’UNICEF.

« Chaque année, quelque 2 millions de fillettes risquent de subir une excision ou des mutilations génitales. Non seulement cette pratique est une violation des droits de l’enfant, mais elle présente de réels dangers et elle a des conséquences graves sur la santé des filles, a-t-elle ajouté. Voilà pourquoi les gouvernements et les collectivités locales doivent agir sans attendre pour mettre fin à cette pratique. Et il n’y a pas de meilleur moment pour commencer qu’aujourd’hui, où l’on célèbre la toute première Journée internationale contre les mutilations féminines. »

Mme Bellamy a fait valoir que six des huit grands objectifs adoptés par tous les Etats Membres des Nations Unies en 2000 et intitulés Objectifs de développement pour le Millénaire concernent les enfants. Mettre fin à toutes les formes de mutilation, a-t-elle précisé, est indispensable pour atteindre deux de ces objectifs : améliorer la santé maternelle et promouvoir l’égalité des sexes.

L’UNICEF s’est engagé à éliminer toutes les formes de mutilation. Dans son travail, l’organisation insiste sur la nécessité de créer un milieu protecteur pour les enfants afin de les mettre à l’abri de la maltraitance et de l’exploitation. L’UNICEF est convaincu que huit grandes conditions doivent être réunies pour éliminer les mutilations génitales féminines et l’excision :

Les attitudes, traditions, coutumes et croyances doivent évoluer, afin que les parents et communautés prennent conscience des dangers que représentent les mutilations et l’excision et que les fillettes qui ne sont pas soumises à cette pratique ne subissent pas de discrimination. L’engagement des autorités religieuses est indispensable pour réussir. 

  • Les gouvernements doivent montrer clairement qu’ils sont décidés à éliminer ces pratiques. Pour cela, la ratification des   instruments internationaux interdisant ces pratiques est nécessaire.
  • La législation interdisant les mutilations génitales féminines et l’excision doit être appliquée et les contrevenants punis.
  • La pratique des mutilations génitales féminines et de l’excision doit être dénoncée ouvertement par les médias nationaux et les associations de la société civile.
  • Les enfants et adolescents doivent être informés des dangers que ces pratiques représentent.
  • Les enseignants, agents sanitaires et travailleurs sociaux qui ont des contacts avec les jeunes doivent être en mesure de lutter contre les mutilations féminines et l’excision sous toutes leurs formes. 
  • Les services sociaux et sanitaires doivent être en mesure de répondre aux graves conséquences de ces pratiques, notamment des blessures pouvant être mortelles ou des complications pendant l’accouchement.
  • Evaluer la nature et la prévalence de ces pratiques est une des premières démarches à accomplir et cela est indispensable.

« Des filles sont victimes de mutilations génitales, de l’excision, d’autres formes de violence chaque jour dans le monde entier : en Afrique, en Asie du Sud et de l’Est et dans certaines régions d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Australie, a déclaré Mme Bellamy. C’est pourquoi nous exhortons les dirigeants du monde entier à tenir leurs engagements et à mettre fin à cette pratique d’ici à 2010. Pour ces filles, c’est le minimum. »

Certes, la volonté politique est une condition essentielle pour mettre fin à cette pratique, mais le travail de la société civile est également d’une importance capitale. C’est dans cet esprit que l’UNICEF applaudit l’initiative d’ONG internationales intitulée « Stop aux mutilations génitales féminines » qui a été lancée par le Parlement européen en décembre 2002.

L’appel à l’action de Mme Bellamy coïncide avec la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines, lancée à Addis Abeba par le Comité interafricain sur les pratiques traditionnelles.


Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à :
Jehane Sedky-Lavandero, UNICEF Média / New-York, (1-212) 326-7269 jsedky@unicef.org


 

 

 

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