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Communiqué de presse

Les communautés détiennent la clé pour mettre fin aux coutumes qui font du tort aux enfants, selon l’UNICEF

Thème de la Journée de l’enfant africain 2013 : « Élimination des pratiques sociales et culturelles néfastes à l’enfant : notre responsabilité collective »

New York/Addis Abeba, le 16 juin 2013 – L’UNICEF se joint à l’Union africaine à l’occasion de la Journée de l’enfant africain pour saluer les efforts faits par des communautés de ce continent pour promouvoir le changement social et mettre fin à des pratiques qui, chaque année, mettent en danger la santé et la vie de centaines de milliers d’enfants.

Les coutumes sociales et culturelles néfastes comme les mutilations génitales féminines ou le fait  d’accuser des enfants de sorcellerie sont certes profondément ancrées, mais si elles persistent, c’est souvent parce que personne ne les remet en question.

« Rien n’a plus d’effet qu’une communauté qui s’aperçoit elle-même des souffrances qu’elle inflige à ses propres enfants, et qui décide – collectivement – d’y mettre fin, explique Nicholas Alipui, directeur des programmes de l’UNICEF. Les communautés détiennent la clé de la santé et du bien-être des enfants africains soumis à de cruelles pratiques. »

Le manque d’équité est à  la racine de ces abus. Certaines traditions, comme le mariage des enfants, les soi-disant « meurtres d’honneur », le repassage des seins et l’infanticide féminin sont encore considérées comme acceptables, en dépit de la gravité de leurs effets. D’autres, comme les accusations de sorcellerie, servent souvent de prétexte, par exemple à un nouvel époux, pour chasser un enfant de la famille.

Il est prouvé qu’en engageant le dialogue sur les mutilations génitales féminines vues sous l’angle des droits de l’homme avec des communautés tout entières, on permet à celles-ci de mieux comprendre le caractère néfaste de cette tradition et de l’abandonner. Grâce à cette approche, on a vu diminuer le nombre de filles subissant cette pratique potentiellement mortelle. Les données publiées en février 2013 montrent qu’elle est globalement moins répandue et que la jeune génération y est moins exposée.

Dans 29 pays d’Afrique et du Moyen Orient, où la pratique des mutilations génitales féminines est la plus répandue, 36 pour cent des filles de 15 à 19 ans ont subi cette opération, contre 53 pour cent des femmes de 45 à 49 ans. La baisse a été spectaculaire dans certains pays : au Kenya, par exemple, le pourcentage de femmes de 45 à 49 ans ayant subi cette mutilation est trois fois plus élevé que celui des filles de 15 à 19 ans.

L’UNICEF travaille à prévenir les pratiques néfastes, par exemple en aidant à mettre en place des cadres juridiques et des codes de conduite qui avertissent ou punissent les auteurs de ces actes. Il mobilise aussi les dirigeants des communautés religieuses ou autres pour faire évoluer les normes ou les influences qui perpétuent les violences et poussent des parents, des enseignants ou ceux qui ont la charge d’enfants à discipliner ceux-ci par la force. Il appuie aussi la formation de ceux qui travaillent en institution pour leur apprendre à s’occuper convenablement des enfants handicapés ou victimes de violences.

Partout où des pratiques traditionnelles, coutumières, sociales et/ou religieuses portent tort à l’enfant ou lui font du mal, de quelque manière que ce soit, les communautés doivent s’efforcer d’abandonner celles-ci, pour préserver le bien-être physique, psychologique et social des jeunes autant que leur santé, leur éducation et leur développement général.

Nombreux sont les déclarations, manuels, politiques d’orientation, études, recherches et rapports sur ce sujet qui ont été rédigés et adoptés, dont la Résolution 2012 de l’Assemblée générale sur l’Intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines. Les États africains et leurs partenaires doivent faire preuve d’une volonté politique plus grande, cependant, afin d’éliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes.

« Une fois que des individus, puis l’ensemble ou une partie importante de la communauté réalisent que la disparition d’une pratique néfaste leur sera bénéfique à tous, l’élimination complète semble à portée de main », constate Benyam Mezmur Dawit, président du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant.

« Les familles africaines aiment leurs enfants et ne veulent que le meilleur pour eux. Si l’on y ajoute les campagnes de sensibilisation et les réformes juridiques en cours, l’élimination des pratiques néfastes est en train de devenir réalité, ajoute-t-il. Mais il nous faut élaborer des lois, des politiques et des programmes qui encouragent l’éradication rapide, massive et permanente de ces pratiques dans un vaste ensemble de communautés en Afrique. »

Les réformes législatives et politiques nationales doivent s’aligner sur les instruments juridiques régionaux tels que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et son Protocole sur les droits de la femme en Afrique, et la Charte africaine des droits de l’enfant.

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Note aux éditeurs

La Journée de l’enfant africain commémore la marche de 1976 à Soweto, en Afrique du Sud, lorsque des milliers d’élèves africains sont descendus dans la rue pour protester contre la mauvaise qualité de leur éducation et exiger que soit respecté leur droit à recevoir un enseignement dans leur propre langue. Des centaines de jeunes garçons et filles ont été abattus et pendant les quinze jours de manifestation qui ont suivi, plus d’une centaine de personnes ont été tuées et plus d’un millier blessées. En l’honneur de ceux et celles qui ont été tués et pour rappeler le courage de tous les manifestants, la Journée de l’enfant africain est célébrée le 16 juin de chaque année depuis 1991, année de sa création par l’Organisation de l’unité africaine. Elle attire aussi l’attention sur la vie des jeunes Africains d’aujourd’hui.

À propos de l’UNICEF

L’UNICEF est à pied d’œuvre dans plus de 190 pays et territoires du monde entier pour aider les enfants à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays en développement, l’UNICEF soutient la santé et la nutrition des enfants, l’accès à de l’eau potable et à des moyens d’assainissement, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le SIDA. L’UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de particuliers, d’entreprises, de fondations et de gouvernements. Pour en savoir plus sur l'UNICEF et son travail : www.unicef.org/french

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