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Communiqué de presse

L’UNICEF demande l’inclusion sociale des enfants handicapés en Afrique

Thème de la Journée de l’enfant africain 2012 : « Les droits de l’enfant handicapé : le devoir de protéger, de respecter, de promouvoir et de réaliser »

NEW YORK/ADDIS ABEBA, 16 juin 2012 – Un jeune de 17 ans, à qui la cécité des rivières a fait perdre la vue quand il avait 10 ans, s’exprime au nom de nombreux enfants handicapés d’Afrique quand il dit : « J’ai cru que c’était la fin du monde pour moi, mais si je reçois une éducation, j’espère pouvoir être utile à la société au lieu de mendier dans les rues ». Bai Kamara s’est inscrit au Centre pédagogique pour aveugles et mal-voyants, un établissement soutenu par l’UNICEF à Freetown, capitale du Sierra Leone, où l’on est en train de transcrire en Braille la loi du Sierra Leone sur les droits de l’enfant.

Des millions d’enfants vivent avec un handicap en Afrique. Pour la Journée de l’enfant africain 2012, l’UNICEF demande aux familles, aux communautés et aux gouvernements de tout le continent de protéger ces enfants de la violence, de la discrimination et de l’abandon et de leur donner accès aux services dont ils ont besoin pour grandir en bonne santé et atteindre leur plein potentiel.

« Les enfants qui vivent avec un handicap restent ceux qui sont les plus marginalisés de tous les groupes d’enfants africains », affirme la directrice de l’unité Handicaps de l’UNICEF, Rosangela Berman Bieler. « Seul un petit pourcentage d’entre eux est scolarisé, et rares sont ceux qui bénéficient de l’éducation adéquate et inclusive dont ils ont besoin ».

Les informations recueillies dans les pays laissent à penser que 5 à 10 pour cent de tous les jeunes Africains grandissent avec des handicaps. Les principales causes, en plus des maladies génétiques ou de complications lors de l’accouchement, en sont la poliomyélite, la rougeole, la méningite et le paludisme cérébral, ainsi que des soins prénatals et postanals insuffisants et une mauvaise alimentation entraînant un retard de croissance.

À ce jour, 25 des 55 pays africains n’ont toujours pas ratifié la Convention relative aux droits des personnes handicapées, laquelle stipule que les enfants handicapés ont le droit d’être protégés contre toute forme de discrimination et contre la violence, et qu’ils doivent avoir accès à l’éducation et aux services de santé. Tout État signataire s’engage à promouvoir l’égalité des chances pour les handicapés.

Dans la plupart des pays, la scolarisation des handicapés est beaucoup moins fréquente que celle des autres enfants. Une étude de l’UNICEF menée à Madagascar en 2011 a montré qu’en moyenne, seulement 11 pour cent des enfants handicapés étaient inscrits à l’école primaire et que la fréquentation scolaire était encore plus basse parmi les filles. Presque tous les enfants interrogés ont rapporté qu’ils étaient l’objet des moqueries de leurs congénères. Ce type de harcèlement, ajouté à l’absence de pratiques inclusives, explique que l’abandon scolaire soit plus important chez les enfants handicapés que chez ceux qui n’ont pas de handicap. Leur taux de réussite scolaire est souvent moins élevé que celui des autres enfants, car les écoles ne sont pas conçues pour les accueillir et les enseignants sont rarement formés à cet effet.

Les enfants albinos risquent davantage encore d’être frappés d’exclusion, voire de subir des agressions. La Tanzanie, pays comprenant la plus importante population albinos au monde, a réuni les enfants et adultes albinos dans des centres de protection spéciaux pour les protéger de la violence, voire du meurtre, dus à la croyance que des parties de leur corps peuvent être utilisées pour obtenir bonheur et richesses.

« Je préconise l’adoption de mesures législatives visant à améliorer le bien-être socioéconomique des enfants handicapés et la mise en place de programmes de protection et de réinsertion, a déclaré Mme Agnès Kabore Ouattara, présidente du Comité d’experts africain sur les droits et le bien-être de l’enfant.

Certains pays africains ont adopté des lois, politiques ou stratégies nationales pour répondre aux besoins des enfants handicapés. Mais dès qu’il s’agit de mettre des programmes inclusifs en place ou d’allouer les ressources nécessaires, beaucoup d’entre eux restent à la traîne. Il existe cependant des exemples d’activités visant à aider les enfants handicapés à réaliser tout leur potentiel.

Le Rwanda est l’un des pays qui a investi des sommes considérables dans l’enseignement spécial pour handicapés. Le nombre d’enfants qui en bénéficient est passé de 632 en 2000 à 17 000 environ en 2010. Au Ghana, quelque 6900 élèves fréquentaient des écoles spéciales en 2009/2010. En Guinée, l’ONG Centre Nimba (qui bénéficie du soutien de l’UNICEF) organise une formation de trois ans pour près de 90 enfants à qui elle enseigne l’artisanat, le ballet, le tricot, la cordonnerie ou la couture en plus des cours d’alphabétisation. Le Ministère de l’éducation du Lesotho a créé un Bureau pour l’enseignement spécial qui encourage l’intégration des élèves ayant des besoins éducatifs spéciaux dans les écoles traditionnelles et il organise des formations à cet effet pour les enseignants.

L’UNICEF appuie la création de structures nationales pour une éducation inclusive dans un certain nombre de pays africains, avec formation pour les enseignants, rédaction de matériaux pédagogiques appropriés et construction de bâtiments adéquats. Il préconise en outre des interventions concrètes pour les enfants handicapés, telles la distribution de manuels scolaires en braille pour les mal-voyants au Zimbabwe.

Dans toute l’Afrique, les bureaux de l’UNICEF, notamment au Bénin, en Guinée, au Ghana, en République démocratique du Congo et au Zimbabwe appuient des activités et des manifestations publiques autour de la Journée de l’enfant africain, afin de sensibiliser le grand public à la situation des enfants handicapés.

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Note pour les rédactions
La Journée de l’enfant africain commémore la marche de 1976 à Soweto, en Afrique du Sud, lorsque des milliers d’élèves africains sont descendus dans la rue pour protester contre la mauvaise qualité de leur éducation et exiger que soit respecté leur droit à recevoir un enseignement dans leur propre langue. Des centaines de jeunes garçons et filles ont été abattus et pendant les quinze jours de manifestation qui ont suivi, plus d’une centaine de personnes ont été tuées et plus d’un millier blessées. En l’honneur de ceux et celles qui ont été tués et pour rappeler le courage de tous les manifestants, la Journée de l’enfant africain est célébrée le 16 juin de chaque année depuis 1991, année de sa création par l’Organisation de l’unité africaine. Elle attire aussi l’attention sur la vie des jeunes Africains d’aujourd’hui.

À propos de l’UNICEF
L’UNICEF est à pied d’oeuvre dans 190 pays et territoires pour aider les enfants à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays en développement, l’UNICEF soutient la santé et la nutrition des enfants, l’accès à de l’eau potable et à des moyens d’assainissement, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le SIDA. L’UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de particuliers, d’entreprises, de fondations et de gouvernements.

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