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Burundi : Le Gouvernement et ses partenaires se mobilisent en faveur de la sécurité alimentaire et de la nutrition pour garantir la survie et le développement des enfants

BUJUMBURA, 14 décembre 2011 – À l’occasion du premier Forum National sur la Sécurité Alimentaire et la Nutrition au Burundi du 12 au 14 décembre, l’UNICEF appuie vivement l’appel du Gouvernement du Burundi et de ses partenaires à considérer les interventions en matière de nutrition comme un investissement et non comme un coût pour le développement du pays, et rappelle qu’elles  doivent impérativement être mises en œuvre dès les 1000 premiers jours de vie de l’enfant pour avoir un réel impact sur sa capacité à grandir, à apprendre et à sortir du cycle de pauvreté, dans un pays où plus d’un enfant sur deux souffre de malnutrition chronique.

Organisé par le Ministère burundais de l’agriculture et de l’élevage sous le haut patronage du Président de la République du Burundi, avec le soutien du système des Nations Unies et de plusieurs autres partenaires techniques et financiers, ce forum, le premier jamais organisé au Burundi sur le thème « Investir dans la sécurité alimentaire et la nutrition, un préalable pour un  développement durable », a pour objectif de sensibiliser et de mobiliser les autorités, les décideurs, les partenaires au développement et autres acteurs sur la nécessité d’investir davantage dans la sécurité alimentaire et la nutrition pour accélérer les progrès en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Les résultats préliminaires de l’enquête Démographique et Santé de 2010 indiquent que  le taux de malnutrition aigüe chez les enfants de moins de cinq ans a diminué entre 2005 et 2010 au Burundi pour s’établir à 6 pour cent. Cependant, le niveau de  malnutrition chronique (retard de croissance) reste particulièrement élevé, touchant  58 pour cent des enfants, ce qui fait du Burundi l’un des pays à plus forte prévalence de retard de croissance des enfants en Afrique. Ces résultats révèlent également qu’au Burundi, le retard de croissance des enfants est près de deux fois plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain, et que les enfants issus de ménages ayant un faible niveau de scolarisation sont deux fois plus frappés que ceux issus des milieux les plus scolarisés.

« Il est possible de rompre le cycle de la malnutrition de l’enfant à condition de concentrer les interventions sur les groupes les plus vulnérables et pendant les trois périodes dites "fenêtres d’opportunité" au cours desquelles le bénéfice des interventions est le plus élevé », a déclaré Souleymane Diabaté, représentant a.i. de l’UNICEF au Burundi. « Ces fenêtres d’opportunité se situent pendant les 1000 premiers jours de vie de l’enfant, durant l’adolescence de la jeune fille et pendant la grossesse de la femme. Pour cela, il faut que la nutrition fasse l’objet d’un engagement politique et financier fort et durable, et il faut agir maintenant ».

Les causes de la malnutrition, qui contribue à environ 35 pour cent des décès d’enfants de moins de cinq ans dans le monde, ne sont pas seulement nutritionnelles : elles relèvent aussi de l’insuffisance d’accès et de la faible qualité des services sociaux de base en matière d’éducation ; de la protection ; de l’agriculture ; de l’eau, hygiène et assainissement. Parmi les facteurs déterminants de malnutrition des enfants au Burundi figurent également la forte démographie et le faible accès à la terre ; les problèmes de quantité (faible production), de qualité (manque de diversification) et de pratiques alimentaires inappropriées. Des études ont montré que la malnutrition chronique chez les enfants de moins de deux ans peut entraîner des dégâts irréversibles – faible développement du cerveau, déficiences physiques et mentales - pour le reste de leur vie.

Au Burundi, l’UNICEF soutient des interventions reconnues comme efficaces en matière de santé et de nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant : fortification alimentaire de la mère pendant sa grossesse pour permettre au fœtus de se développer normalement ; allaitement maternel exclusif du nourrisson jusqu’à l’âge de six mois ; puis alimentation de complément, déparasitage, supplémentation en vitamine A et micronutriments, ainsi que prise en charge thérapeutique de la malnutrition aigüe. Le défi est de mettre ces interventions à l’échelle dans le cadre d’une offre holistique.

En réponse, le Gouvernement du Burundi a développé depuis 2010 avec l’appui de l’UNICEF et d’autres partenaires un certain nombre d’initiatives, dont la révision du protocole national de prise en charge de la malnutrition basée sur l’approche communautaire (CMAM), ainsi que l’approche dite de Déviance positive, qui privilégie la participation des communautés à la recherche de solutions locales appropriées pour la prévention et le traitement de la malnutrition de leurs enfants jusque dans les zones les plus difficiles d’accès. Le Gouvernement a également adopté des indicateurs clé de nutrition dans le nouveau système national d’information sanitaire pour mieux évaluer la situation nutritionnelle et les performances des programmes au niveau des districts.

« Ce forum est un appel à un engagement politique fort et un investissement financier plus important dans les interventions en matière de sécurité alimentaire et de nutrition », a dit M. Diabaté. « C’est seulement grâce à cela qu’il sera possible d’atteindre les populations les plus vulnérables et les plus isolées, et que les interventions auront un impact à long terme pour les enfants du Burundi ».
 
Le Forum national organisé par le gouvernement est soutenu par les partenaires du  système des Nations Unies (PAM, FAO, OMS, UNICEF, PNUD, IFAD), de la Banque mondiale, de l’USAID, de l’Union européenne, ainsi que des Coopérations allemande (GIZ) et belge (CTB).

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À propos de l’UNICEF
L’UNICEF est à pied d’oeuvre dans 190 pays et territoires pour aider les enfants à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays en développement, l’UNICEF soutient la santé et la nutrition des enfants, l’accès à de l’eau potable et à des moyens d’assainissement, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le SIDA. L’UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de particuliers, d’entreprises, de fondations et de gouvernements.

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Anne-Isabelle Leclercq, UNICEF Burundi, Spécialiste Communication,
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