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Discours

Discours prononcé par Anthony Lake, Directeur général de l'UNICEF, à l'occasion de la table ronde de haut niveau sur la violence à l'encontre des enfants

New York, 11 octobre 2011

Merci, Marta.  c'est avec plaisir que je suis ici.  Je forme l'espoir que cette rencontre sera la première de beaucoup d'autres avec les partenaires régionaux pour planifier nos progrès et réaliser les recommandations de l'étude des Nations Unies sur la violence contre les enfants.

Protéger les enfants de la violence, de l'exploitation et des abus est un impératif moral. Un impératif urgent car, dans le monde, des millions d'enfants sont les victimes d'inexcusables actes de cruauté.

Selon des estimations faites en 2006, la plupart des 53 000 décès d'enfants étaient des homicides.

Environ 150 millions de filles et 73 millions de garçons, de moins de 18 ans, ont vécu des formes de violence sexuelle.

L'année dernière, le BIT a estimé qu'il y avait 215 millions d'enfants au travail ; 115 millions d'entre eux étant astreints à un travail dangereux.

Plus de la moitié des enfants aujourd'hui détenus dans le monde n'ont été ni jugés ni condamnés. Beaucoup sont placés en détention avec des adultes et sont exposés aux abus.

Aujourd'hui, on considère que deux millions d'enfants vivent dans des institutions.

Ceci est juste un instantané. Je pourrais parler des enfants soldats, de la prostitution enfantine, du mariage des enfants, des enfants handicapés, des mutilations génitales féminines et de la violence psychologique – ou parfois, de la violence débilitante ou physique. Les formes prises par la violence sont vastes et insidieuses, et une réalité quotidienne pour bien trop d'enfants.

La violence ne fait pas de distinction. Elle frappe sans distinction de race, de religion, de classe et de culture. Elle entre dans les foyers et les familles, les écoles et sur les lieux de travail, les foyers d'accueil et les communautés.

Indépendamment de l'endroit où elle se produit, le résultat final peut être le même : un enfant paralysé par la peur, ou même diminué par le manque d'assurance. Un enfant qui ne travaille pas bien à l'école, et qui plus que probablement sera au chômage à l'âge adulte. Un enfant qui devient plus facilement la proie des abus sexuels et de l'exploitation. Un enfant qui a une chance plus grande de sombrer dans la délinquance, la dépression, le dénuement.

Ces enfants ont besoin de notre aide, maintenant. Et nous pouvons les aider à grandir pour devenir des professeurs, des agents de santé, des leaders communautaires, des employeurs et des employés compétents. À devenir de bons parents.

Prévenir la violence contre les enfants est essentielle, non seulement pour leur propre bien-être, mais pour la santé et le progrès de notre communauté mondiale.

L'Étude 2006 des Nations Unies sur la violence contre les enfants a constitué un tournant dans nos efforts afin de protéger les enfants partout. C'était, et ça l'est toujours, Le seul ensemble de preuves mondial à notre disposition qui récapitule l'échelle, la nature et les causes de la violence contre les enfants et qui présente des recommandations claires pour l'empêcher.

Depuis lors, il y a eu des progrès encourageants. Les gouvernements, les agences des Nations Unies et les partenaires de la société civile ont travaillé dur pour améliorer les données sur la fréquence de la violence. Beaucoup de pays ont entrepris des enquêtes nationales sur la violence à la maison et aussi à l'école, apportant des réponses plus ciblées.

Dans quatre régions, les cadres des politiques pour la  protection de l'enfance enfants sont désormais en place : la Ligue des États arabes, le Conseil de l'Europe, la Commission permanente sur les enfants du MERCOSUR, et l'Initiative de l'Asie du Sud pour mettre fin à la violence contre les enfants. Et le processus est en cours dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Asie du Sud-est.

Et nous avons accompli des avancées significatives vers la ratification universelle des Protocoles facultatifs à la Convention relative aux droits de l'enfant, qui consistent à bannir l'utilisation des enfants dans les conflits armés, la vente d'enfants, la prostitution et la pornographie enfantines. Nous demandons instamment à toutes les nations qui ne l'ont pas encore fait,  de signer et ratifier ces protections essentielles.

Enfin, mais non la moindre, loin de là, la nomination de mon amie Marta Santos Pais comme  Représentante Spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence contre les enfants a été essentielle pour sensibiliser à cette question et galvaniser l'action.

Rassembler chacun d'entre vous, avec la culture et l'expertise de tous les pays que vous représentez, peut constituer un jalon de notre parcours pour éliminer la violence envers les enfants. Vous jouez un rôle crucial pour la traduction dans les priorités régionales et l'action nationale des engagements internationaux.

Nous tous ici, dans cette salle, nous constituons un réseaux puissant de connaissance. Ces liens seront renforcés avec chaque expérience partagée … chaque défi lancé… et chaque solution débattue.

Répondre à la violence est au coeur des efforts de l'UNICEF sur l'équité parce qu'elle requiert que l'on mette l'accent sur les enfants qui sont les plus difficiles à atteindre. La pauvreté et l'exclusion sociale mettent les enfants en plus grand danger d'être exploités et abusés. Soyez asurés que l'UNICEF est fermement décidée à travailler avec chacun d'entre vous, avec les gouvernements nationaux, et d'autres partenaires pour poursuivre sur la base des progrès accomplis pour la protection des enfants.

Et au moment où vous allez entamer vos discussions, rappelons nous chacun des millions d'enfants à qui l'on a volé un droit précieux : le droit d'avoir une enfance.

Je vous remercie.


 

 

 

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