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Déclaration

Intervention de M. Anthony Lake, Directeur général de l'UNICEF, au Comité italien pour l'UNICEF

Rome, Italie 28 septembre 2011

M. le Président Spadafora, grazie mille pour votre chaleureux accueil.

Mesdame et Messieurs, c'est avec grand plaisir que je me retrouve ici à Rome.  Non seulement j'ai été honoré de cette invitation, mais également excité de cette occasion qui m'était donné de visiter l'un de mes pays préférés au monde.

Et c'était un honneur de commencer ma visite ce matin par une rencontre avec le Président Napolitano…

 Il bel paese a tant donné au monde : depuis l'art et l'architecture à la culture et la cuisine. Mais de toutes les choses pour lesquelles nous vous admirons, que je trouve particulièrement frappante c'est l'exemple de la famille italienne… qui place l'enfant au coeur de son amour.

Je n'oublierait jamais l'un des premiers de mes nombreux voyages en Italie, il y a de nombreuses années déjà, alors que je visitais Rome en famille. Ma fille, Nellie, avait alors environ deux ans. et aujourd'hui pour son père aimant, elle ressemblait vraiment à un chérubin de la Renaissance… Mais comme nous marchions dans les rues de Rome, ma femme et moi étions bouleversés par le nombre de personnes qui nous arrêtaient pour l'admirer, s'exclamant encore et encore : “Que bella bambina!” Et comme ils tombaient en amour devant notre petite fille, je suis tombé amoureux de l'Italie.

Je pense que ceci illustre bien, en cette occasion des 150 ans d'unité nationale, les progrès de l'Italie pour améliorer la survie de ses enfants. L'histoire de l'Italie est semblable à celle d'autres nations industrialisées, qui ont vue la mortalité infantile chuter au cours du dernier siècle. L'UNICEF est fier d'avoir contribué modestement à cette réussite  succès après la deuxième Guerre mondiale, à un moment où tant d'enfants souffraient si durement.

C'est ce désir mutuel d'améliorer la vie des enfants qui a fait de l'UNICEF et de l'Italie deux solides partenaires. Et ce partenariat est devenu chaque fois plus fort grâce au leadership de l'Italie et de son engagement pour la sauvegarde des enfants … et aussi certainement grâce au dévouement et à l'inventivité du Comité italien pour l'UNICEF – parmi les plus talentueux de la famille UNICEF – et aussi grâce à la générosité du peuple italien.

Mais, commevous le savez, la condition des enfants d'Italie, il y a 150 ans, est aujourd'hui malheureusement celle des enfants de bien trop de pays, et demain le futur de bien plus encore d'enfants.

Nos récentes estimations tournent autour de 7,6 millions d'enfants de moins de cinq ans qui meurent de causes évitables chaque année – plus du double de la population de Rome. Cela signifie que chaque jour près de 21 000 enfants vont mourir. Ce n'est pas une fatalité. Nous pouvons les sauver.

21 000 est un chiffre terrible. Mais c'est aussi le chiffre de l'espoir.

Parce que dans les années 80 ce chiffre était de 36 000. En 1990, 33 000. En 2000, 26 000. Et, la semaine dernière, nous avons appris qu'en 2010 il tait de 21 000.

Comment l'avons-nous fait - chacun d'entre nous ? Nous l'avons fait en attirant l'attention sur la mortalité infantile – en 1990 au Sommet mondial pour les enfants, et sans cesse après cela. Nous l'avons fait grâce à la vaccination. Nous l'avons fait grâce à des programmes de nutrition. Nous l'avons fait en améliorant l'eau et l'assainissement.

Et maintenant, nous devons redoubler d'effort pour sauver ces 21 000 enfants.

Où sont-ils ? Massivement parmi les plus pauvres des communautés. Et le fait le plus rude est que les progrès réalisés pour sauver la vie des enfants de moins de cinq ans  ont été disproportionnés parmi les enfants les  mieux lotis et dans les secteurs les plus faciles à atteindre. Désormais, nous devons faire le nécessaire pour parvenir jusqu'aux plus difficiles à atteindre, les efnats oubliés.

C'est pourquoi l'UNICEF  privilégie l'équité dans tous ses programmes.  Nous ne le faisons pas seulement parce que c'est juste, c'est évident, mais parce qu'une étude récente de l'UNICEF démontre également que c'est plus rentable.  Pour simplifier les conclusions d'une modélisation complexe : vous sauvez plus de vies d'enfants en investissant là où les besoins sont les plus grands.

En concentrant nos ressources sur ces endroits les plus difficiles d'accès, nous pouvons accélérer les progrès jusqu'au jour où le nombre des enfants mourant de causes évitables sera de zéro. 

 Zéro.  Imaginez. 

Pour que ce jour arrive, nous devons tout faire, bien plus que de simplement croire en ce chiffre zéro. Nous devons tous jouer notre rôle pour y parvenir … de la sensibilisation à la collecte de fonds et au don de soi.

Qui, plus que le peuple italien, avec son amour des enfants et de la famille, aurait la plus grande joie le jour du chiffre zéro ? Et qui peut mieux nous aider à atteindre ce jour ?

Je suis très heureux d'être ici pour célébrer  

Je suis très heureux d'être ici pour célébrer l'engagement de l'Italie dans cette campagne, de même que je sais que chacun s'y associera pour répondre aux besoins désespérés des enfants de la Corne de l'Afrique qui, alors que nous nous réunissons, sont confrontés à d'indescriptibles privations. 

Et malheureusement, de plus en plus sont en train de mourir et souffrent loin des caméras et des gros titres. Nous ne devons pas les oublier.

 À travers la Somalie, l'Éthiopie et le Kenya des dizaines de milliers de gens sont déjà morts ; plus de 300 000 enfants souffrent de malnutrition sévère aiguë et sont en grand danger de mort.

En Somalie 4 millions de personnes ont des besoins extrèmes. 1,5 million d'enfants dans le sud requièrent une aide humanitaire immédiate. Nous estimons que 19 000 enfants souffrent de malnutrition sévère et aiguë. Sans aide, ces enfants seront mort dans quelques semaines.

Leurs souffrances réclament et méritent notre action la plus urgente. L'UNICEF a établi des centaines de centres et de programmes de nutrition en Somalie ; nous touchons plus 4 millions de personnes grâce à nos interventions dans le domaine de l'eau et de l'assainissement ; et nous prévoyons de lancer des programmes de vaccination contre la rougeole afin de vacciner plus de 10 millions d'enfants dans cette région. Mais cela ne suffit pas. La crise a atteint maintenant des sommets. Il n'y aura pas de récoltes majeures d'ici à la fin de l'année. Dans l'immédiat le désastre ne peut qu'empirer.

Nous ne pouvons pas la prévenir, mais nous pouvons encore sauver beaucoup de vies. Et un jour, nous saurons que nous avons fait de notre mieux. Mais nous devons le faire avec le soutien de nos amis dans le monde. Des amis comme l'Italie, et nous apprécions grandement sont appui. Nous en avons besoin maintenant plus que jamais.

Car, qu'ils soient de la Corne de l'Afrique … parmi les 21 000 qui meurent dans le monde chaque jour … ou qu'ils soient d'Italie morts inutilement il y a 150 ans, ce sont tous des enfants. C'est pour eux que nous devons croire au chiffre zéro – vogliamo zero! 

 Grazie … vi auguro tanto successo!  


 

 

 

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