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Des experts de l’ONU demandent que l’on examine de plus près l’impact des pratiques disciplinaires sur les enfants

NEW YORK, 15 octobre 2010 - Lors d’une manifestation spéciale organisée aujourd’hui au Siège des Nations Unies, des experts des Nations Unies ont demandé de meilleures données et recherches sur les violences à l’encontre des enfants, afin de renforcer l’action des gouvernements dans la prévention et l’intervention contre la violence et de soutenir des interdictions légales.

La table ronde interactive sur le thème de la promotion de meilleures données et recherches pour étayer des lois, politiques et  actions adaptées et efficaces pour les enfants a été organisée par la Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants, l’UNICEF et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, avec l’appui du gouvernement de la Suède. Elle a permis de mettre en évidence de nouveaux éléments concernant l’exposition des enfants aux punitions physiques et aux agressions psychologiques.

Parmi les participants se trouvaient des représentants de haut niveau des gouvernements du Brésil et de la Suède, une ONG partenaire, Plan International, ainsi que des représentants des coorganisateurs de la manifestation spéciale.

« Les violences à l’encontre des enfants restent trop souvent dissimulées  derrière une culture du silence généralisée, » a dit Mme Marta Santos-Pais, Représentante spéciale chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants. « Faute de  données de qualité, la planification nationale est compromise, la mise en place de politiques efficaces et la mobilisation des ressources sont entravées et les interventions ciblées sont limitées dans leur capacité à prévenir et combattre les violences à l’encontre des enfants. »

La manifestation a mis en évidence de nouveaux éléments sur  l’exposition des enfants à la violence dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Les résultats préliminaires d’un nouveau rapport de l’UNICEF sur les pratiques disciplinaires à l’encontre des enfants au foyer révèlent que, parmi les enfants étudiés, trois sur quatre subissent une forme de discipline violente, environ la moitié subissent des punitions physiques et trois sur quatre des agressions psychologiques.

« La plupart des violences qui sont infligées aux enfants le sont au foyer et tendent donc à être cachées, » explique Susan Bissell, Chef de la protection de l’enfance à l’UNICEF. « Ce rapport cherche à faire sortir de l’ombre l’étendue des pratiques disciplinaires violentes afin de promouvoir des pratiques disciplinaires positives ainsi que des méthodes participatives d’éducation de l’enfant. »

Les études existantes mettent en lumière  les conséquences négatives d’une discipline violente sur l’enfant mais aussi sur la société dans laquelle il vit. Elles montrent que même les formes modérées de discipline physique sont néfastes pour l’enfant, entravent ses capacités cognitives et accroissent sa propension à de futurs actes de violence. On a montré également que  la discipline psychologique violente, qui comprend la moquerie, les menaces et l’intimidation, a également des impacts comportementaux négatifs sur l’enfance et au-delà.

La Convention relative aux droits de l’enfant ne laisse aucune place à la justification des méthodes de discipline violentes ou dégradantes. Pourtant, les résultats préliminaires du rapport montrent qu’il existe un décalage entre les attitudes et les comportements. Bien que la sanction physique soit répandue, dans la plupart des pays la majorité des personnes qui s’occupent d’un enfant ne pensent pas qu’elle soit nécessaire. En moyenne, seulement une de ces personnes sur quatre pense que la sanction physique est nécessaire pour élever correctement un enfant.

Ce rapport est une étape importante dans l’apport de preuves. Il demeure néanmoins nécessaire de renforcer la collecte de données et les recherches  sur les violences à l’encontre des enfants afin d’orienter  le plaidoyer, la planification nationale, l’évolution de la législation et des politiques, et les interventions récusant l’acceptation sociale de la violence à l’encontre des enfants.
 
« Pour s’occuper de la violence à l’encontre des enfants sous toutes ses formes, tous les pays doivent mettre en oeuvre une stratégie nationale complète, bien coordonnée, disposant  de bonnes ressources et fondée sur des données et une analyse solides, » a dit Mme Santos-Pais, la Représentante spéciale.

À propos de l’UNICEF
L'UNICEF est sur le terrain dans plus de 150 pays et territoires pour aider les enfants à survivre et à s'épanouir, de leur plus jeune âge jusqu'à la fin de l'adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays en développement, l'UNICEF soutient la santé et la nutrition des enfants, l'accès à l'eau potable et à des moyens d'assainissement, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles, ainsi que la protection des enfants contre la violence, l'exploitation et le SIDA. L'UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de particuliers, d'entreprises, de fondations et de gouvernements. Pour davantage d'informations sur l'UNICEF et son travail, consultez notre site : www.unicef.org/french

Pour plus d’informations :
Rebecca Fordham, UNICEF Médias, New York,
tél. :+ 1 212 326-7162,
courriel : rfordham@unicef.org  

Joost Kooijmans, Assistant spécial de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les enfants,
tél. : + 1 917 265-4605,
courriel : jkooijmans@unicef.org                                                                                                                                                 


 

 

 

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