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Six pays d’Afrique centrale se réengagent pour les enfants dans la sous-région par la Déclaration de N’Djamena

Un engagement pour mettre fin au recrutement d'enfants soldats dans la région

N’Djamena, Tchad,  9 juin 2010 – Six pays d’Afrique centrale ont pris l’engagement historique de mettre fin au recrutement des enfants soldats et de soutenir leur réinsertion sociale en signant la Déclaration de N’Djamena lors d’une conférence régionale tenue aujourd'hui au Tchad.

Le Cameroun, le Niger, le Nigeria, la République centrafricaine, le Soudan et le Tchad ont signé cette déclaration lors de la cérémonie de clôture de cette conférence régionale organisée par le gouvernement du Tchad et l’UNICEF sur le thème « Mettre fin au recrutement et à l’utilisation des enfants par des forces et groupes armés : contribution à la paix, à la justice et au développement », organisée par le gouvernement du Tchad et l'UNICEF. 

La Déclaration de N’Djamena est un document contraignant qui insiste sur les engagements en matière de protection des enfants et renforce les normes internationales sur le sujet, notamment le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) sur l’implication des enfants dans les conflits armés (OPAC), celui sur la vente d’enfants, la prostitution d’enfants et la pornographie (OPSC) mettant en scène des enfants, et les Engagements de Paris (et Principes et Directives de Paris) sur le recrutement et l’utilisation des enfants par des forces et groupes armés.

« L’intérêt des personnes concernées pour cette conférence est sans précédent dans l’histoire du Tchad. Nous, au Tchad, nous avons pris en compte certaines conditions et certaines mesures pour respecter les droits de nos enfants affectés par les conflits armés. Si nous restons sans réaction face à ces atrocités qui ont lieu au coeur même de nos sociétés touchées par des conflits constants, qui d’autre agira a notre place ? », a déclaré Mme Ngarmbatina Odjimbeye Soukate, ministre de l’Action sociale du Tchad.

Le Tchad et le Soudan ont signé et ratifié l’OPAC. Le Cameroun et le Nigeria l’ont signé mais pas ratifié et la République centrafricaine et le Niger ne l’ont ni signé ni ratifié.

« C’est un nouveau départ en Afrique, un pas ferme pour offrir à tous les enfants de la région la dignité d’une enfance qui leur a été si souvent volée par des décennies de conflits ; il est aujourd’hui temps de traduire ces mots forts en actions concrètes, » a déclaré le Représentant de l’UNICEF au Tchad, le Dr. Marzio Babille, rappelant que « l’UNICEF Tchad reste engagée à soutenir les efforts de tous les pays de la région pour atteindre cet objectif essentiel et noble. »

Un Comité de suivi a été mis en place dans le but de surveiller la mise en oeuvre de la Déclaration de N’Djamena. Il se réunira régulièrement en développant un plan d’action et un calendrier pour la communication de l’information.

Le Tchad, la République centrafricaine, le Nigeria et le Soudan ont connu des conflits armés internes qui ont eu des répercussions transfrontalières. La manipulation, les abus et l’exploitation des enfants par des groupes armés et des réseaux ont été dénoncés dans tous ces pays. La situation est encore aggravée par la pauvreté.

Les résolutions 1612 et 1882 du Conseil de sécurité des Nations Unies appellent à la fin du recrutement et de l’utilisation des enfants par des forces et groupes armés. Le conflit dans la région du Darfour au Soudan et l’instabilité d’autres pays ont également entrainé la prolifération des armes légères, du crime organisé et des engins non explosés. Le Nigeria connait en outre des épisodes de violences religieuses qui ont de graves conséquences sur les enfants. Les afflux de refugiés de pays voisins et les mouvements de population déracinée par des conflits posent des défis importants en matière de protection des enfants, tous ces pays partageant des frontières immenses et poreuses qui sont difficiles à surveiller et offrant des conditions propices au recrutement forcé ou négocié, à l’exploitation et aux abus des enfants vulnérables. Le manque d’opportunités en matière d’éducation et d’activités génératrices de revenus augmente encore les risques pour les enfants vivant dans ces zones frontalières.

Un ensemble de questions autour du recrutement des enfants par des forces et groupes armés a été évoqué pendant la conférence, notamment la violence à l’égard des filles et la prolifération des armes et de leur utilisation par des enfants dans les pays qui connaissent des conflits dans la région.

Parmi les orateurs : le Premier ministre et chef du Gouvernement tchadien, Emmanuel Nadingar, la Directrice régionale adjointe de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Barbara Bentein, le Directeur régional adjoint pour l’Afrique du HCR, Raouf Mazou, la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général pour le Tchad, Rima Salah, le Coordonnateur résident des Nations Unies pour le Tchad, Michele Falavigna, et quatre anciens enfants soldats de Sierra Leone, du Libéria, de la RDC et du Soudan.

Un concert gratuit, organisé dans la capitale tchadienne le 8 juin, a rassemblé plus de 15.000 personnes, avec notamment les chanteurs locaux Sultan, Mounira et Yeleen, Prince Eyango du Cameroun, ainsi que l’ancien enfant soldat soudanais aujourd’hui artiste rap international, Emmanuel Jal. A cette occasion, une chanson appelant à mettre fin au recrutement d’enfants, écrite par Sultan, a été reprise en chœur par des milliers de personnes.

A l’attention des diffuseurs : des vidéos et des photos haute-résolution sont disponibles à l’adresse suivante: www.thenewsmarket.com/unicef

Pour plus d’informations veuillez contacter :
Hector Calderon, Médias UNICEF, Tchad,
tél. : +235 634 12 450

Salma Zulfiqar, Médias UNICEF, Tchad,
tél. : +235 6620 2957

Maree Claire Yaya UNICEF, Tchad
tél. : + 235 6623 4281

Gaelle Bausson, Médias UNICEF, Bureau régional Afrique de l'Ouest et du Centre,
tél. : + 221 338 69 56 42


 

 

 

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