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Communiqué de presse commun

Nouvelle initiative s’attaquant à la violence sexuelle contre les filles lancée lors de la réunion annuelle à New York de la Clinton Global Initiative

Démarrage d’une collaboration entre des organisations de premier plan du secteur public et du secteur privé pour attirer l’attention de la communauté internationale sur cette injustice

NEW YORK, NY, 25 septembre 2009 - Cinq institutions des Nations Unies (l’UNICEF, l’ONUSIDA, l’UNFPA, l’UNIFEM et l’OMS), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), et des soutiens du secteur privé vont se retrouver ce jour, grâce à la Clinton Global Initiative (CGI), pour une trouver une solution aux conséquences de la violence sexuelle sur les droits des filles et leur santé. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, en 2002, environ 150 millions de filles auraient vécu une expérience de violence sexuelle avec un contact physique. 

« La violence sexuelle contre les enfants constitue une violation flagrante de leurs droits, un scandale moral et éthique et un assaut contre la conscience du monde, » a dit Ann M. Veneman, la Directrice générale de l’UNICEF. « Les sévices sexuels peuvent priver les enfants de l’enfance à laquelle ils ont droit, les obliger à abandonner leurs études, provoquer des problèmes physiques et psychiques, favoriser la propagation du VIH, et entraîner la perte, souvent irréversible, de la dignité et de l’estime de soi. »

En 2007, les CDC, l’UNICEF et plusieurs organismes locaux ont constitué un partenariat afin de mener une enquête nationale sur la violence dont étaient victimes les filles et les jeunes femmes au Swaziland. Ce pays affiche la plus forte prévalence du VIH chez les adultes dans le monde. L’enquête a indiqué qu’environ un tiers des filles avaient subi un acte de violence sexuelle. En outre, plus de 40 pour cent des filles qui avaient subi des violences sexuelles au cours de leur vie avaient vécu deux agressions de ce type, voire davantage, avant l’âge de 18 ans.

Cette enquête a été suivie au Swaziland de toute une série de mesures en matière de politique et de législation, notamment la création de la première Unité des délits sexuels commis contre les enfants. Elle a également hâté la finalisation de la loi contre la violence domestique et les délits sexuels, qui doit être présentée au parlement d’ici fin octobre.

« Bien qu’on soit en général conscient du fait que la violence sexuelle perpétrée contre les filles constitue un problème mondial, les données sont très limitées sur l’étendue de ce problème dans le monde en développement. L’obtention de données pertinentes constitue une étape clé dans l’élaboration d’une politique de sensibilisation et d’autres actions positives », a dit le Dr Rodney Hammond, Directeur de la Division Prévention de la violence de l’Injury Center (Centre des traumatismes) des CDC.

« La violence sexuelle, y compris la contrainte, la maltraitance, l’exploitation, le viol et la traite, ont des effets catastrophiques sur les enfants, surtout les adolescentes et les préadolescentes, qui figurent parmi les personnes les plus vulnérables dans toute société », a dit Gary Cohen, administrateur de la Fondation des CDC et du Fonds américain pour l’UNICEF, et Vice-président exécutif de BD (Becton, Dickinson and Company). « Cette injustice grave ruine des vies, fragilise le potentiel humain, et facilite la propagation des maladies infectieuses, augmentant ainsi le nombre de ceux qui ont besoin de traitement. Elle a aussi une incidence de plus grande portée sur la société, car les filles qui sont protégées et éduquées apportent une contribution sans pareille à leur famille et à leur communauté. »

Les recherches montrent que la violence sexuelle contre les filles aggrave, directement et indirectement, l’épidémie de VIH/SIDA. Il est prouvé que le risque d’infection par le VIH augmente suite aux actes sexuels sous la contrainte, surtout chez les enfants. L’inégalité des sexes et la violence du partenaire sont associées à une grande partie des nouvelles infections par le VIH en Afrique, et les filles qui subissent une contrainte sexuelle ont peu de chances de recourir aux préservatifs et sont donc plus exposées aux infections sexuellement transmises (IST). En mettant fin à la violence sexuelle, on protège les filles des grossesses non désirées et du risque d’une transmission du VIH/SIDA de la mère à l’enfant.

« La violence sexuelle contre les filles augmente leur vulnérabilité à l’infection par le VIH et doit cesser », a dit Michel Sidibé, Directeur général de l’ONUSIDA. « Les ripostes au SIDA doivent comprendre des initiatives destinées à empêcher la violence sexuelle dans le cadre de programmes de prévention et de traitement du VIH. » 

Les partenaires dans cette initiative collaborent afin de :

  • trouver les financements permettant aux CDC et à l’UNICEF d’accroître la surveillance de la violence sexuelle contre les filles dans les pays en développement et émergents
  • élaborer un ensemble technique d’interventions à mettre en œuvre au niveau national pour diminuer l’incidence de la violence sexuelle à l’encontre des filles. Ces interventions sont fondées sur les données obtenues et des stratégies d’intervention qui ont fait leurs preuves
  • préparer et lancer une campagne médiatique importante pour accroître la sensibilisation à ce problème et pour favoriser des changements au sein de la société et dans les comportements

Ces trois stratégies d’intervention constituent les piliers du mouvement mondial en passe d’émerger pour s’attaquer à cette injustice humaine catastrophique, qui est aussi un grave problème de santé publique.

« La violence sexuelle constitue une grande priorité et tout le monde doit s’atteler à son élimination, par diverses interventions », a dit Thoraya Ahmed Obaid, la Directrice exécutive de l’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la population. « Nous espérons que notre partenariat dans cette initiative va contribuer à la réduction de ces violences grâce aux actions concrètes proposées par le partenariat. »

À PROPOS DES PARTIES CONCERNÉES

Les organisations chefs de file
Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et l’UNICEF
s’engagent à effectuer des recherches, au niveau national et dans un grand nombre de pays, sur la violence sexuelle contre les filles et à élaborer un ensemble technique d’interventions. Sept autres pays d’Asie et d’Afrique ont déjà exprimé leur intérêt pour le lancement d’enquêtes nationales dont la première démarrera en septembre 2009.

A l’aide de financements obtenus par le biais de la Fondation des CDC, les CDC s’engagent à augmenter leurs investissements dans les projets de santé publique destinés à empêcher la violence sexuelle et à créer une équipe travaillant à temps complet, constituée d’épidémiologistes et d’autres spécialistes dans le secteur de la santé publique. Cette équipe sera responsable de la conception et de la mise en œuvre d’actions de surveillance accrues et de l’élaboration d’un ensemble technique d’interventions.

L’UNICEF s’engage à travailler en partenariat avec les CDC sur cette initiative. Par le biais de ses représentants dans les pays, l’UNICEF servira d’intermédiaire entre les gouvernements et d’autres parties prenantes clés, et dirigera la procédure de recrutement et de gestion des personnes chargées des entretiens au niveau local, pour achever le travail d’enquête mené au niveau du pays (en partant du principe qu’un financement suffisant sera obtenu de la part des donateurs et d’autres sources).

Les partenaires clés
La Fondation des CDC s’engage à jouer le rôle d’organe de coordination primaire pour la réception et l’affectation des fonds aux secteurs des CDC concernés et aux autres partenaires chargés de la mise en œuvre, pour le suivi des progrès réalisés et pour la fourniture des rapports d’avancement aux donateurs et autres parties prenantes.

La Fondation Nduna, dirigée par Amy Robbins, sa fondatrice, s’engage à fournir d’une part des financements importants à la Fondation des CDC pour lancer cette action, et d’autre part un soutien stratégique en matière de planification, de communication et d’image de marque. Amy est membre du Conseil d’administration de l’US Fund for UNICEF (Fonds américain pour l’UNICEF) et de Millennium Promise, entre autres. Elle est également membre du Comité consultatif de The Elders.

Le Grupo ABC, un conglomérat de premier plan dans la communication et les services, dont le siège est au Brésil, s’engage à fournir, sans contrepartie, des services dans le domaine des médias et de la communication afin de provoquer des changements d’ordre social et comportemental favorisant une diminution de la violence sexuelle contre les filles. Cet engagement comprend l’élaboration d’un contenu pour les médias par le biais de plateformes telles que les annonces de service public (PSA) et des feuilletons. Cet engagement prévoit également de travailler avec les grands médias locaux, en Afrique, afin de faire passer les messages dans les journaux, à la radio, à la télévision et sur Internet. Grupo ABC dirige en outre les actions en vue d’intégrer les messages liés à cette initiative dans les messages sociaux de la Coupe du monde en Afrique du Sud en 2010 et au Brésil en 2014.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) va collaborer avec les CDC et l’UNICEF à l’élaboration de l’ensemble technique d’interventions. L’OMS va aussi travailler directement avec les gouvernements et les organisations des pays afin de garantir la continuité des directives, normes et mesures une fois la surveillance nationale mise en place.

Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), avec ses coparrains, va mettre à profit la riposte contre le SIDA pour diminuer la violence sexuelle et soutenir les efforts des partenaires dans l’initiative en vue d’élaborer des réponses complètes à la violence sexuelle et d’élaborer une prévention et un traitement du VIH dans le cadre du secteur de la santé et au-delà. L’ONUSIDA fournira des financements importants pour soutenir cette initiative.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) va travailler avec tous les partenaires dans l’initiative afin de fournir un soutien financier et des conseils d’experts en matière de santé, pour mettre fin à la violence contre les filles et les femmes et soutenir leurs droits.

Le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) travaille à l’émancipation des femmes et à l’égalité des sexes, notamment en renforçant les droits économiques des femmes et leur participation politique, en mettant un terme à la violence contre les femmes, en enrayant la propagation du VIH et du SIDA chez les femmes et les filles, en favorisant leur accès à la justice, en se préoccupant des droits et de la sécurité des femmes lors des conflits ou après un conflit. L’UNIFEM soutient pleinement cette initiative et va fournir une expertise technique et un accompagnement permanent aux niveaux mondial et national, conformément à sa politique mettant l’accent sur la violence sexuelle et sexiste contre les filles et les jeunes femmes.

Les éléments organisateurs
Gary Cohen
est administrateur de la Fondation des CDC et du Fonds américain pour l’UNICEF. Il est la force motrice permettant de faire travailler ensemble les organisations chefs de file et les partenaires clés pour s’attaquer à cette question. Il s’est engagé à continuer à diriger les actions de sensibilisation, de développement des ressources et de renforcement de la coalition dans le cadre de cette initiative.  Gary est également Vice-président exécutif de BD (Becton, Dickinson and Company) et administrateur de la Perrigo Company et de l’Accordia Global Health Foundation.

La Clinton Global Initiative (CGI) a été l’organisme d’accueil pour la réunion des organisations chefs de file et des partenaires clés. Les structures de la CGI ont joué un rôle déterminant pour accueillir de nouveaux partenaires tels que Grupo ABC, l’UNFPA et l’UNIFEM. La CGI a en outre constitué un cadre essentiel pour la supervision des opérations par le comité directeur. Elle a également contribué à la sensibilisation du public et à l’engagement des chefs de file. La CGI a eu une incidence directe et visible sur la création et le lancement de cette nouvelle initiative.

Contacts :
CDC – Relations avec les médias dans le domaine des traumatismes, + 1 770 488 4902

UNICEF – Rebecca Fordham, Media New York, + 1 212 326 7162, rfordham@unicef.org
               Kate Donovan, Media New York, + 1 212 326 7452, kdonovan@unicef.org

ONUSIDA - Sophie Barton Knott, + 41 22 791 1697, bartonknotts@unaids.org


 

 

 

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