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L’UNICEF souligne la détérioration de la situation des enfants et des femmes dans l’Est de la RDC

KINSHASA, 31 décembre 2008 – L’escalade dans le conflit et les bouleversements au sein des populations, quittant leurs foyers et leurs abris, ont entraîné de nouvelles violations des droits des enfants et des femmes dans l’Est de la RDC, a déclaré aujourd’hui l’UNICEF. L’organisation qui se consacre aux enfants a averti que la situation se détériorait et a exhorté le monde à ne pas se voiler la face devant la position désespérée des enfants et des femmes en RDC.

Depuis que les combats se sont intensifiés dans le Nord Kivu, à la fin du mois d’août, l’accès humanitaire a été limité et intermittent. Les fuites constantes rendent les enfants plus vulnérables à toute une série de maux touchant la protection de l’enfant, notamment la séparation d’avec leurs familles, l’enrôlement dans des groupes armés, la violence et l’exploitation sexuelles, le travail forcé et la maltraitance, et l’interruption des études.

« L’UNICEF appelle tous les groupes armés à mettre fin au recrutement et à l’utilisation des enfants, à libérer immédiatement les enfants se trouvant dans leurs rangs et à s’abstenir de toute tentative d’intimidation à l’encontre des enfants qui ont retrouvé leurs familles et leurs communautés, » a déclaré Mme Pierrette Vu Thi, la Représentante de l’UNICEF en RDC.

L’UNICEF réagit à des rapports faisant état d’un recrutement et d’une exploitation de grande ampleur par toutes les parties au conflit, en particulier des campagnes massives de recrutement. Depuis septembre, environ 200 enfants ont été enlevés dans le district de Dungu, dans le Nord-Est de la province orientale, par les rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army - LRA). L’UNICEF et ses partenaires sont prêts à apporter protection et assistance aux enfants qui se sont échappés ou ont été libérés, et ils aident actuellement 31 enfants qui se sont enfuis des rangs de la LRA. Le mouvement rebelle a en outre récemment attaqué et tué un grand nombre de civils dans cette zone. L’UNICEF distribue des approvisionnements afin de venir en aide aux déplacés. 

Des enfants qui avaient été intégrés dans des groupes armés et qui avaient retrouvé leurs communautés sont à présent visés par ces groupes et recrutés à nouveau. Ceci est extrêmement préoccupant et rend particulièrement risquée la situation des quelque 10 000 enfants du Nord Kivu ayant réintégré leurs communautés grâce à l’aide de l’UNICEF. Les acquis des quatre dernières années sont remis en cause.

On constate une violence et une exploitation sexuelle effrénées dans les villages et les sites pour personnes déplacées dans leur propre pays. Ceci se passe dans l’impunité. À Kanyabayonga, Kayna et Kirumba, on signale le viol de femmes et de filles de tout âge dans les champs et chez elles. Des femmes et des filles parlent d’agressions à l’intérieur des camps et lorsqu’elles s’aventurent à l’extérieur pour ramasser du bois, puiser de l’eau et trouver de la nourriture. Dans le camp de Kibati, des soldats ont enlevé et tenté de violer deux filles ; alors qu’elles tentaient de s’échapper, l’une d’elles a été tuée par balles, alors que l’autre a réussi à s’enfuir et à se cacher. Les deux filles ont participé au programme d’espace ami des enfants bénéficiant de l’appui de l’UNICEF, permettant de protéger des milliers d’enfants ; depuis lors, leurs pairs ont reçu un soutien psychologique et psycho-social afin les aider à faire face à leur deuil.

Les enfants non scolarisés sont encore plus exposés à l’exploitation, aux violences et par conséquent au VIH/SIDA, ainsi qu’aux grossesses non désirées. Il y aurait eu de l’ordre d’un million d’enfants non scolarisés au Nord Kivu, avant la crise, et depuis des dizaines de milliers d’autres enfants ont dû cesser d’aller en classe. 

Sur le territoire de Rutshuru, 85 pour cent des écoles accueillant environ 150 000 élèves ont été fermées à cause des combats et d’une insécurité généralisée. Aujourd’hui, la plupart des écoles fonctionnent de nouveau, mais un bon nombre de parents ont peur d’envoyer leurs enfants en classe à cause des meurtres, des disparitions, de l’enrôlement forcé qui continuent, et des menaces de conflit. En novembre, dans des régions où se trouvent des personnes déplacées comme Kibati, toutes les écoles ont été occupées soit par des groupes armés, soit par des personnes déplacées. Grâce à des négociations couronnées de succès, à Kibati, toutes les écoles sauf une fonctionnent désormais.

« L’UNICEF exhorte les autorités à protéger tous les enfants et adultes de la violence sexuelle, qu’elle soit perpétrée par les parties au conflit ou des civils, » a dit Mme Vu Thi. « La prévention de la violence sexuelle nécessite l’engagement du gouvernement, des forces et groupes armés, et des dirigeants communautaires afin de réduire les risques encourus par les filles et les femmes et de promouvoir une attitude de tolérance zéro vis-à-vis de l’exploitation et des violences sexuelles. »

Au sujet de l’UNICEF:
L’UNICEF travaille sur le terrain dans plus de 150 pays et territoires pour aider les enfants à survivre et à prospérer, de la petite enfance à l’adolescence. Plus grand fournisseur de vaccins pour les pays en développement, elle agit aussi en faveur de la santé et de la nutrition de l’enfant, de la qualité de l’eau et de l’assainissement, de l’instruction de base pour les garçons et les filles, pour la protection des enfants contre la violence, l’exploitation et le sida. L’UNICEF est entièrement financée par les contributions volontaires de personnes, d’entreprises, de fondations et de gouvernements.

Pour davantage de renseignements, veuillez contacter:

Pierrette Vu Thi, UNICEF DRC, + 243 81 3330202, pvuthi@unicef.org,
Joyce Brandful, UNICEF DRC, + 243 81 8846746, jbrandful@unicef.org,
Miriam Azar, UNICEF Media New York, + 1 212 326 6949, miazar@unicef.org


 

 

 

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