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Eau, assainissement et hygiène

L'objectif 7, cible 7c des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) vise à diviser par deux d'ici à 2015 la proportion de personnes sans accès durable à une eau potable et sûre, et à un assainissement de base.

ASSAINISSEMENT

  • 2,6 milliards de personnes, soit 39 pour cent de la population mondiale, vit sans accès à un système sanitaire amélioré. La grande majorité vivant en Asie et en Afrique subsaharienne.
  • Dans les régions développées 99 pour cent de la population utilise des installations améliorées en comparaison des 52 pour cent dans les régions en  développement.
  • Au rythme actuel des progrès, près de 1 milliard de personnes dans le monde manquera la cible  de l’OMD relatif à l’assainissement qui visait à « diminuer de 13 pour cent, d'ici à 2015, la proportion des personnes sans accès durable à une eau potable et sûre et à un système sanitaire de base ». Et les OMD ne représentent pas la fin des défis en matière d'assainissement. Même si l'objectif est atteint, environ 1,7 milliard de personnes n'auront toujours pas accès à des installations sanitaires améliorées.
  • Les disparités rurales/urbaines sont particulièrement visibles en Afrique subsaharienne, aux Caraïbes, en Asie du Sud et en Océanie où la couverture en installations sanitaires améliorées est la plus haute parmi les populations urbaines, malgré le fait que la plus grande majorité continue de vivre en zones rurales.
  • 751 millions de personnes partagent leurs installations sanitaires avec d'autres ménages ou tout simplement utilisent les installations publiques.

    Défécation à l’air libre
  • On enregistre un déclin mondial de la défécation à l’air libre. la proportion de personnes qui continuent de déféquer à l’air libre dans le monde a déclinée de plus d'un tiers passant de 25 pour cent en 1990 à 17 pour cent en 2008.
  • Toutefois, 1,1 milliard de personnes continue de  déféquer à l’air libre. 81 pour cent d’entre elles vivent dans dix pays : l’Inde, l’Indonésie, la Chine, l’Éthiopie, le Pakistan, le Nigeria, le Soudan, le Népal, le Brésil, et le Niger. La défécation à l’air libre est un phénomène plutôt rural, très largement pratiqué en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. Même dans ces deux régions, un déclin de la défécation à l’air libre a été enregistré, chutant de 66 pour cent de la population en 1990 à 44 pour cent en 2008 en Asie du Sud, et de manière équivalente chutant de 36 à 27 pour cent en Afrique subsaharienne.

EAU

  • 5,9 milliards de personnes, soit  87 pour cent de la population mondiale, et 84 pour cent de la population vivant dans le monde en développement utilise aujourd’hui de l’eau potable tirée d’une source d’approvisionnement en eau améliorée. Si les tendances actuelles se poursuivent, le monde atteindra ou mçême dépassera la cible de l’OMD relatif à l’eau.
  • 3,8 milliards de personnes, soit  57 pour cent de la population mondiale, obtiennent leur eau potable d'un système d’adduction qui distribue l'eau courante dans leur maison ou leur immeuble.
  • L’Afrique subsaharienne et l’Océanie sont des régions à la traine. Seulement 60 pour cent de la population en Afrique subsaharienne et 50 pour cent de la population en  Océanie utilisent une source d’eau potable améliorée.
  • En Chine, 89 pour cent des 1,3 milliard de Chinois a accès à de l’eau potable provenant d’une source améliorée, au lieu de 67 pour cent en 1990. En Inde, on atteint 88 pour cent des 1,2 milliard d’Indiens, au lieu de 72 pour cent en 1990.

DISPARITÉS RURALES ET URBAINES

  • Les données de couverture mondiale suggèrent de grandes disparités urbaines/rurales en termes d’utilisation des sources d'eau potable améliorées et d'un assainissement de base. Tandis que le recours à un système sanitaire amélioré en zones rurales est passé de 35 à 45 pour cent depuis 1990, plus de 1,8 milliard de personnes vivant en zones rurales n’ont pas d’installations sanitaires améliorées. En comparaison, 96 et 76 pour cent des gens vivant en zones urbaines utilisent respectivement une source d'eau potable et un assainissement améliorés.

LE FARDEAU MONDIAL DE LA MALADIE

  • Quatre-vingt-huit pour cent des cas de diarrhée dans le monde entier sont attribuables à une eau insalubre, à un assainissement inadéquat, ou à une hygiène dangereuse ou insuffisante. La diarrhée est la seconde grande maladie à contribuer au fardeau mondial de la maladie.
  • 2,2 millions des décès d’enfants pourraient être évités grâce à l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable salubre, de l’assainissement de base et des pratiques d’hygiène.
  • La malnutrition infantile est la causes d’environ 35 pour cent des décès d’enfant de moins de cinq ans dans le monde; on estime que  50 pour cent de la malnutrition infantile est associée à des diarrhées répétées ou à des nématodes intestinales suite à une utilisation d’une eau insalubre, d’un assainissement inadéquat, ou d’une hygiène insuffisante.
  • Dans 60 pays du monde en développement, plus de la moitié des écoles primaire n’ont pas d’accès à un système d’adduction d’eau et près des deux tiers manquent d’un système sanitaire adéquat.

ÉCONOMIQUE/COÛTS ET AVANTAGES
Les avantages économiques de l'investissement dans l'eau potable et l'assainissement apparaissent sous différentes formes :

  • Une réduction des coûts de santé par agences de santé et par individus.
  • Des gains en journées productives par année (pour les 15-59 ans) et une scolarisation accrue. Chaque année, les enfants perdent 272 millions de journées d'école en raison de la diarrhée et on estime qu’un enfant sur trois en âge scolaire dans les pays en développement est infesté de vers intestinaux.
  • Une économie de temps (journées ouvrables épargnées) résultant d'un accès plus commode aux services.
  • Une étude de l’OMS en 2004 montre qu’accomplir la cible de l’OMD relatif à l’eau et à l’assainissement permettrait des avantages économiques allant de 3 à 34 dollars É.-U.  par dollar investi, selon la région.

FINANCEMENT PAR LES DONATEURS ET PRIORISATIONS

  • Historiquement, l'assainissement et l'eau potable ont été considérés comme relativement peu prioritaires , comparé aux autres secteurs sociaux.
  • Les Engagements d'aide pour les secteurs de l'eau et de l'assainissement se sont élevés à 7,4 milliards de dollars É.-U., soit 5 pour cent de l'Aide au développement annoncée en 2008. Ces Engagements d'aide à l'assainissement et à l'eau potable étaient inférieurs à tous les autres engagements pour les secteurs sociaux, qui comprennent la santé et l'éducation et bien inférieurs aux  engagements pour les gouvernements et la société civile, les transports et le stockage, l'énergie et l'agriculture.
  • Par comparaison à la santé et à l'éducation, la part de l'assainissement et de l'eau potable à l'Aide au développement a remarquablement baissé au cours de la décennie passée.
  • Des données historiques montrent que l'assainissement et l'eau potable ont bénéficié de plus de 8 pour cent de la totalité de L'Aide publique au développement (APD) en 1997. Dans le même temps, d'autres secteurs de l'infrastructure sociale, comme la santé, l'éducation, la population et la santé reproductrice, ont reçu une aide en proportion plus faible comparé à l'assainissement et à l'eau potable. Cependant, au cours des 11 années qui ont suivi 1997, la part de l'Aide au développement allouée à l'assainissement et à l'eau potable est passée de 8 à 5 pour cent, tandis que l'Aide au développement allouée à la santé a elle augmenté de 7 à 11,5 pour cent et celle allouée à l'éducation est restée stable à près de 7 pour cent.
  • Les pays annoncent des dépenses comprises entre 0,04 et 2,8 pour cent du PIB pour l'eau potable et entre 0,01 et 0,46 pour cent du PIB pour l'assainissement. Les dépenses moyennes gouvernementales pour l'assainissement et l'eau potable dans 20 pays répondants représentent 0,38 pour cent du PIB.
  • 35 pays sur 37 annoncent que les flux financiers sont insuffisants pour atteindre la cible de l'OMD relatif à l'assainissement.

POURQUOI L’ASSAINISSEMENT RESTE À LA TRAINE

  • Le financement de l'assainissement s'élève à 37 pour cent du financement total de l'aide prévue pour les secteurs de l'assainissement et de l'eau potable. La répartition des dépenses des pays (provenant tant de sources internes qu'externes) entre l'assainissement et l'eau potable montre que le financement pour l'eau potable est souvent trois fois plus élevé et au delà que celui de l'assainissement.
  • Si les données montrent qu'il existe de grandes disparités entre les couvertures urbaine et rurale et entre les  financement de l'eau potable et de l'assainissement, elles indiquent également que les gouvernements n'ont généralement pas appliqué ou même développé de critères ou de formules permettant une allocation équitable des ressources pour l'eau potable et l'assainissement, dans et entre les communautés urbaines et rurales.
  • L'assainissement et l'éducation à l'hygiène sont  particulièrement difficiles à placer en termes de priorité, en raison d’un manque d'identification claire des rôles institutionnels et des responsabilités en matière d'assainissement, qui résulte à la fois de la fusion des systèmes sanitaires et des services d'eau potable, et de la perception, dans quelques pays, que le système sanitaire est avant tout une question relevant des ménages.

EAU ASSAINISSEMENT ET HYGIÈNE (WASH) DANS LES ÉCOLES ET SANTÉ DES ENFANTS
Dans un groupe de pays en développement soumis à examen, moins de la moitié de l'ensemble des écoles primaires des pays en développement n'ont pas de systèmes d'alimentation en eau adéquat et près des deux tiers manquent d’un système sanitaire adéquat - même quand ces installations existent, elles sont souvent en mauvais état.

  • Une étude a révélé que plus de 40 pour cent des cas de diarrhée constatés chez les élèves font suite à une transmission à l'école plutôt qu'à la maison. Des dommages à la santé mentale et physique, et au développement des enfants peuvent être causés en raison de maladies comme la diarrhée.
  • Les enfants supportent le poids de la crise mondiale de l'eau potable et de l'assainissement – elle est la cause de 80 pour cent des affections dans le monde en développement. 

WASH DANS LES ÉCOLES ET  SCOLARISATION ET ACCOMPLISSEMENT

  • Les vers affectent environ 400 millions d'enfants en âge scolaire dans le monde en développement. Les infestations chroniques d'ankylostome sont associées à une croissance physique réduite et à une diminution du développement intellectuel. Les enfants qui endurent des infestations intenses de  trichocéphale manquent deux plus de journées scolaires que leurs camarades non infestés.
  • En moyenne, la perte de Q.I. par infestation de ver est 3,75 points, ce qui représente 633 millions de points de Q.I. perdus pour les personnes vivant dans les pays à faible revenu dans le monde.

WASH DANS LES ÉCOLES ET ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES

  • Les filles qui ont atteint la puberté et le personnel scolaire féminin qui a ses règles ont besoin d'une intimité spécifique à leur genre. Si aucune intimité n'est possible, les élèves peuvent alors ne pas utiliser les équipements sanitaires de l'école, provoquant des taux d'absence qui peuvent atteindre 10 à 20 pour cent du temps scolaire.
  • Une enquête accomplie en Afrique du Sud révèle que plus de 30 pour cent des filles fréquentant l'école avaient été violés à l'école. Beaucoup de viols se sont produits dans les toilettes scolaires, particulièrement celles qui sont isolées de l'environnement protecteur de l'école.
  • Les femmes qui sont allées à l'école ont moins de risques probables de mourir pendant l'accouchement; on estime que chaque année supplémentaire d'éducation prévient deux morts maternelles pour 1000 femmes. La recherche montre aussi que chaque augmentation de 10 pour cent de l'alphabétisation chez les femmes, peut faire grandir l'économie d'un pays de 0.3 pour cent.

Mise à jour – mai 2010


 

 

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