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Déclaration

La position de l'UNICEF devant l'adoption internationale

L’UNICEF reçoit souvent des demandes de renseignements émanant de familles qui espèrent adopter des enfants de pays autres que le leur. L’UNICEF est convaincu que toutes les décisions concernant un enfant, y compris l’adoption, doivent être prises en donnant la priorité à l’intérêt supérieur de l’enfant. La Convention de La Haye sur l’adoption internationale représente une évolution majeure, tant pour les familles qui adoptent que pour les enfants adoptés, car elle encourage des processus éthiques et transparents, mis en œuvre en tenant compte de l’intérêt supérieur de l’enfant. L’UNICEF demande instamment aux autorités nationales de veiller à ce que, lors de la période de transition qui précède la mise en œuvre intégrale de la Convention de La Haye, l’intérêt supérieur de chaque enfant soit dûment protégé.

La Convention relative aux droits de l'enfant, qui guide le travail de l’UNICEF, énonce sans équivoque que chaque enfant a le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux, chaque fois que cela est possible. Fort de cette constatation, et convaincu de la valeur et de l’importance de la famille dans la vie d’un enfant, l’UNICEF affirme que les familles qui ont besoin d’aide pour s’occuper de leurs enfants doivent pouvoir en bénéficier. On ne devrait envisager d’autres moyens de prendre en charge l’enfant que si, en dépit de cette aide, la famille de l’enfant est introuvable, ou incapable de s’occuper de lui ou ne souhaite pas le faire.

Lorsqu’un enfant ne peut être élevé dans sa propre famille, un environnement familial alternatif approprié devrait lui être procuré de préférence à un placement en institution, solution à n’adopter qu’en dernier ressort et à titre temporaire. L’adoption internationale représente l’une des options dont les enfants pourraient bénéficier, et pour certains enfants qui ne peuvent être placés dans un environnement familial permanent dans leur propre pays, cela peut même s’avérer la meilleure solution. Dans chaque cas, le principe directeur doit rester l’intérêt supérieur de l’enfant lorsqu’une décision est prise au sujet de son adoption.

Au cours des trente dernières années, le nombre de familles de pays riches qui souhaitent adopter un enfant d’un autre pays a considérablement augmenté. En même temps, l’absence de règles et de supervision, en particulier dans les pays d’origine, ajoutée à la possibilité de gains financiers substantiels, a favorisé le développement d’une industrie de l’adoption animée plus par le profit que par le souci de l’intérêt supérieur de l’enfant. Les dérives de ce système comprennent la vente et l’enlèvement d’enfants, la coercition à l’égard des parents et la corruption.

De nombreux pays ont pris conscience de ces risques et ont ratifié la Convention de La Haye sur l’adoption internationale. L’UNICEF appuie pleinement cette législation internationale, qui a pour objectif de faire appliquer les principes de la Convention relative aux droits de l'enfant qui concernent l’adoption internationale. Il s’agit entre autres de veiller à ce que l’adoption ne soit accordée que par les autorités compétentes, que l’adoption internationale respecte les mêmes normes et mêmes garanties que les adoptions nationales et que les personnes qui participent au processus d’adoption internationale ne puissent en tirer des gains financiers inappropriés.  Ces dispositions ont pour but premier de protéger les enfants, mais elles permettent aussi, entre autres retombées positives, de fournir aux parents adoptifs potentiels l’assurance que leur enfant n’a été victime de pratiques illégales et nocives.

Le cas des enfants séparés de leurs parents et de leur communauté en temps de guerre ou lors d’une catastrophe naturelle doit être évoqué séparément. On ne peut tenir pour acquis que ces enfants n’ont plus aucun proche ni parent vivant. Même si leurs père et mère sont décédés, il se peut qu’ils soient en mesure de trouver des proches encore en vie, ainsi qu’une communauté et un foyer où ils pourront retourner à la fin du conflit. Ces enfants ne devraient donc pas être pris en considération pour l’adoption internationale et la priorité devrait être donnée à la recherche de leur famille. C’est une position que partagent l’UNICEF, le HCR, la Confédération internationale de la Croix Rouge et des ONG internationales telles que l’Alliance Save the Children.


 

 

 

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