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Communiqué de presse commun

Les victimes de la violence familiale sont souvent les enfants

Un nouveau rapport mondial révèle l’impact de la violence familiale sur les enfants

NEW YORK/LONDRES, 1er août 2006 – Une nouvelle étude mondiale publiée aujourd’hui par l’UNICEF et la société The Body Shop International révèle l’impact catastrophique et durable de la violence familiale sur les enfants.

Le rapport, qui définit la violence familiale comme la maltraitance physique, sexuelle ou mentale, note que le fait d’observer, entendre, ou être conscient de la violence familiale peut avoir des conséquences sur le développement physique, affectif et social au cours de l’enfance mais également plus tard dans la vie.

Dans la vaste majorité des cas, la violence familiale est perpétrée à l’encontre des femmes. Au moins une femme sur trois dans le monde a été battue, obligée d’avoir des relations sexuelles ou victime d’une forme ou d’une autre de mauvais traitements. Le plus souvent, l’auteur de ces actes de violence est quelqu’un qu’elle connaît, son mari ou un autre membre de sa famille. A l’échelle mondiale, une femme sur quatre a été victime de sévices au cours de sa grossesse. Le rapport examine quelques faits qui sont moins connus et en particulier l’impact sur les enfants exposés à cette violence.

En se fondant sur des données mondiales tirées de l’Etude du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les enfants, le rapport estime que quelque 275 millions d’enfants sont actuellement exposés à la violence familiale dans le monde, et il s’agit là d’estimations prudentes. Le fait que le phénomène soit souvent mal documenté et que certains pays ne disposent même pas de données sur le sujet, explique qu’il soit difficile de calculer plus précisément le nombre d’enfants affectés.

« La violence familiale peut avoir des conséquences négatives durables sur les enfants, a affirmé la Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman à New York, il faut que les enfants puissent grandir dans un environnement stable, sûr et à l’abri de la violence ».

The Body Shop International contribue à la lutte contre la violence familiale en lançant sa campagne Stop Violence in the Home (Halte à la violence au foyer), qui se concentre sur les victimes oubliées que sont les enfants.

Dame Anita Roddick, fondatrice de The Body Shop a ajouté : « Notre rapport montre que les principales victimes de la violence sont souvent les enfants. La protection des enfants devrait être l’impératif absolu de tous ceux qui s’efforcent de mettre fin à la violence familiale. Nous demandons instamment à chacun et chacune de se mobiliser pour cette campagne mondiale ».

L’impact durable de la violence familiale sur les enfants

Le rapport note que les enfants qui vivent dans un contexte de violence familiale risquent davantage d’être victimes eux-mêmes de la violence. Quelque 40 pour cent des enfants victimes de mauvais traitements ont déclaré que la violence familiale régnait dans leur foyer.

Même lorsque les enfants ne sont pas eux-mêmes victimes de violences, le fait qu’ils y soient exposés peut avoir des conséquences graves et durables. Elles commencent tôt : les études montrent que les jeunes enfants risquent plus d’être exposés à la violence familiale que les enfants plus âgés, ce qui peut entraver leur développement mental et affectif à un moment capital de leur croissance.

En grandissant, les enfants exposés à la violence familiale risquent d’être confrontés à toute une série de conséquences, notamment des problèmes à l’école, des problèmes de sociabilité, de dépression, d’anxiété et autres problèmes psychologiques. Ils risquent également plus de prendre de l’alcool ou des stupéfiants, de tomber dans la délinquance et les adolescentes de devenir enceintes, d’après le rapport.

Le rapport note aussi que le meilleur moyen de prédire si un enfant continuera le cycle de la violence familiale – que ce soit comme victime ou auteur – consiste à regarder s’il a grandi dans un contexte de violence familiale ou non. La recherche montre que les femmes dont le mari a été victime de violences lorsqu’il était plus jeune, ou a été témoin de violences exercées contre sa mère, sont plus souvent maltraitées. De nombreuses études montrent que les enfants issus de foyers violents avaient des comportements plus agressifs que les autres et risquaient trois plus de se battre.

Le rapport demande instamment aux gouvernements et aux sociétés de s’intéresser davantage aux besoins spécifiques des enfants vivant dans un contexte de violence familiale. Il note également le besoin de mieux surveiller et signaler les cas de violence familiale dans le souci de mettre en lumière un problème longtemps négligé.

Les gouvernements ont un rôle capital à jouer pour briser l’engrenage de la violence familiale et protéger les plus jeunes victimes de ce phénomène, et ils sont exhortés à :

  • Sensibiliser davantage l’opinion publique aux effets de la violence familiale sur les enfants par le biais de campagnes d’éducation et en luttant contre des croyances et traditions qui tolèrent la violence.
  • Mettre en place des politiques et lois qui protègent les enfants.  Les gouvernements doivent promulguer et appliquer une législation qui érige en crime les actes de violence familiale et protège toutes les victimes.
  • Améliorer les services sociaux chargés de lutter contre les conséquences de la violence au foyer sur les enfants. Les interventions visant à soutenir les enfants exposés à la violence familiale contribuent à minimiser les risques qu’ils courent à long terme et ils doivent être financés de manière adéquate et développés à plus grande échelle.

La campagne de The Body Shop Stop Violence in the Home a pour but de sensibiliser davantage l’opinion publique et d’encourager les gouvernements à mieux protéger et soutenir les enfants qui sont exposés à la violence familiale.

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Pour de plus amples informations :

Karen Dukess, UNICEF Media, tel: 212 326 7910

Sabrena Umhey, Golin Harris (+1 212) 373 6018


Notes aux rédactions :
Diverses versions de ce communiqué de presse seront publiées dans plusieurs pays où l’UNICEF et Body Shop sont présents et elles souligneront les statistiques locales et les événements organisés dans la communauté locale pour marquer le lancement mondial du rapport.

Le rapport Behind Closed Doors: The Impact of Domestic Violence on Children  (A l’abri des regards : l’impact de la violence familiale sur les enfants) est le fruit d’un nouveau partenariat forgé entre l’UNICEF, The Body Shop International et les auteurs de l’Etude du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les enfants, le premier rapport mondial visant à documenter la nature et l’ampleur de la violence à l’encontre des enfants.

L’étude du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les enfants
Cette étude, qui doit être publiée en octobre 2006, est une initiative sans précédent qui a pour but de présenter en détail la nature et l’échelle des actes de violence perpétrés contre les enfants dans le monde. Fondée sur les travaux de recherche les plus récents réalisés dans le monde entier, l’étude examine la violence dans cinq contextes différents : le foyer et la famille ; l’école et les établissements d’enseignement ; d’autres institutions, comme les orphelinats par exemple ; la communauté et la rue ; et le travail. L’étude, pilotée par M. Paulo Sérgio Pinheiro, ancien Secrétaire d’Etat aux droits de l'homme du Brésil, est menée en collaboration étroite avec l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la Santé et le Haut Commissariat aux droits de l'homme.

La campagne «  Stop Violence in the Home » (Halte à la violence au foyer) s’inscrit dans le cadre des efforts déployés actuellement par The Body Shop International un peu partout dans le monde pour sensibiliser davantage l’opinion publique au problème de la violence familiale.

La campagne mondiale de The Body Shop, lancée en 2003, a collecté plus de 3,7 millions de dollars à ce jour. Elle a pour but d’aider les victimes de la violence familiale et elle se déroule dans plus de 35 pays.

The Body Shop International Plc possède plus de 2 000 magasins dans une cinquantaine de pays. La société, spécialisée dans les produits de toilettes et les produits cosmétiques haut de gamme, milite pour la protection de l’environnement et le respect des droits de l'homme. Elle met en place des relations commerciales avec des communautés dans le besoin ; elle s’oppose aux tests sur animaux dans l’industrie des produits cosmétiques et elle encourage son personnel et ses clients à s’instruire, à s’intéresser au monde autour d’eux et à s’engager dans leur communauté.


 

 

 

Vidéo (en anglais)


1 août 2006:
La Directrice Générale adjointe de l'UNICEF Rima Salah parle du lancement d'un rapport commun par "The Body Shop" et l'UNICEF.

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Dame Anita Roddick, fondatrice de "The Body Shop", explique que ses employés comme ses clients sont engagés dans la compagne contre la violence domestique.

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