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Communiqué de presse

Un quart des enfants du monde en développement souffre d’une insuffisance pondérale grave

Un nouveau rapport affirme que la communauté internationale perd du terrain dans la lutte contre la dénutrition des enfants

New York, le 2 mai 2006 – Dans les pays en développement, plus d’un quart des enfants de moins de cinq ans présente une insuffisance pondérale, certains au point que leur vie est en danger, affirme un rapport de l’UNICEF publié aujourd’hui. La dénutrition est une véritable épidémie dans le monde, et elle contribue à plus de la moitié des décès d’enfants, soit environ 5,6 millions par an.

Le rapport Progrès pour les enfants : un bilan de la nutrition affirme que le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui présentent une insuffisance pondérale n’a que très légèrement baissé depuis 1990. C’est la preuve, d’après l’UNICEF, que le monde ne respecte pas ses engagements envers les enfants.

« Le peu de progrès dans la lutte contre la dénutrition nuit aux enfants et aux nations », a déclaré la Directrice générale de l'UNICEF Ann M. Veneman, qui s’exprimait un an jour pour jour après avoir pris les rênes de l’institution. « Pour la capacité d’un enfant à survivre, à apprendre et à échapper à une vie de pauvreté, peu de choses sont plus importantes qu’une bonne nutrition », a-t-elle ajouté.

Le rapport examine les progrès accomplis à l’échelle nationale et régionale vers le premier des Objectifs du Millénaire pour le développement, l’éradication de l’extrême pauvreté d’ici à 2015. Pour atteindre ce but, il est nécessaire de diminuer de moitié la proportion d’enfants qui présentent une insuffisance pondérale pour leur âge, le symptôme le plus visible de la dénutrition. Or les tendances actuelles montrent que le monde reste très loin de la cible.

En dépit des progrès accomplis dans certains pays, les moyennes relevées dans les pays en développement pour les enfants présentant une insuffisance pondérale n’ont baissé que de cinq pour cent au cours des 15 dernières années. A l’heure actuelle, 27 pour cent des enfants vivant dans les pays en développement présentent une insuffisance pondérale. Cela représente un total de 146 millions d’enfants. Près des trois quarts de ceux-ci vivent dans seulement dix pays et un peu plus de la moitié d’entre eux vivent dans trois pays : le Bangladesh, l’Inde et le Pakistan. Mais ces chiffres ne révèlent que la partie émergée de l’iceberg, affirme l’UNICEF.

« Pour chaque enfant visiblement dénutri, explique Mme Veneman, on en compte plusieurs qui traversent une crise nutritionnelle invisible. Beaucoup souffrent de graves carences en vitamines et minéraux essentiels, comme l’iode, la vitamine A et le fer. »

Les carences en vitamines et minéraux ne sont pas nécessairement visibles à l’œil nu, mais leurs conséquences sont apparentes dans le monde entier. Ces micronutriments sont essentiels au développement physique et mental de l’enfant. S’il n’en prend pas, il devient facilement la proie de maladies communes et a du mal à suivre à l’école. C’est ainsi qu’à cause d’une carence en iode dans l’alimentation des ménages, 37 millions de nouveau-nés par an sont susceptibles de présenter des problèmes d’apprentissage. Et les carences en fer sont l’une des causes principales de la mortalité maternelle.

L’avenir d’une nation peut dépendre de l’élimination de ces carences, conclut le rapport. Une bonne nutrition est essentielle pour atteindre les OMD, qu’il s’agisse d’éradiquer la pauvreté ou d’assurer la scolarisation de tous les enfants, de réduire la mortalité maternelle ou de combattre les principales maladies.

Progrès par région

Le rapport indique que seules deux régions du monde sont en voie d’atteindre la cible de l’OMD visant à réduire le nombre d’enfants souffrant d’insuffisance pondérale : l’Amérique latine et les Caraïbes d’une part et l’Asie de l’Est et le Pacifique d’autre part, avec des taux de prévalence d’insuffisance pondérale de 7 et 15 pour cent respectivement. Les progrès en Asie de l’Est sont dus en grande partie au bond en avant de la Chine, qui a réussi à réduire ses taux d’insuffisance pondérale de 6,7 pour cent par an en moyenne depuis 1990. Les autres pays de la région restent à la traîne.

La moitié des enfants du monde qui présentent une insuffisance pondérale vivent dans trois pays d’Asie du Sud : le Bangladesh, l’Inde et le Pakistan. Quelque 47 pour cent de la population des moins de cinq ans en Inde est dans ce cas, ce qui fait baisser la moyenne régionale.

La région de l’Afrique australe et de l’Est, sujette à des famines à répétition, n’a fait aucun progrès mesurable vers la cible de l’OMD concernant les enfants présentant une insuffisance pondérale, sa moyenne générale oscillant toujours autour de 29 pour cent. En dépit de signes encourageants, en particulier au Botswana, plusieurs pays ont perdu du terrain, suite à des crises alimentaires dues à la sécheresse et à la propagation du VIH/SIDA. L’Afrique centrale et de l’Ouest s’en tire mieux, en partie grâce aux progrès faits par certains pays dans la promotion de l’allaitement maternel exclusif pour les nourrissons et des services de santé communautaires. Le Programme accéléré pour la survie et le développement de l’enfant, qui bénéficie d’un soutien de l’UNICEF, a appuyé ces efforts dans la région.

Les taux de dénutrition des trois plus grands pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont fait baisser la moyenne régionale. L’Iraq, le Soudan et le Yémen recensent tous les trois une hausse du pourcentage des enfants présentant une insuffisance pondérale, les conflits jouant un rôle majeur dans bien des cas.

Avec un taux de 5 pour cent, l’Europe centrale et orientale et la Communauté d’Etats indépendants présentent les chiffres les plus faibles du monde pour l’insuffisance pondérale. Mais on y constate des disparités, tout comme dans les pays industrialisés. Le faible poids à la naissance est plus fréquent dans les milieux les plus pauvres et les minorités ethniques. Dans certains pays, l’obésité de l’enfant est en train de devenir une préoccupation majeure.

Solutions

Comme la dénutrition plonge ses racines dans la pauvreté, le manque d’instruction et les inégalités sociales, on ne peut se contenter d’acheminer des cargaisons de vivres pour la combattre, affirme Progrès pour les enfants. Des pratiques alimentaires malsaines et des crises récurrentes de maladies comme la diarrhée et le paludisme sont des facteurs importants dans les carences en nutriments chez l’enfant. Et en Afrique subsaharienne, le VIH/SIDA prive des millions d’enfants du soutien dont ils ont besoin pour être soignés et nourris correctement. L’UNICEF a lancé une campagne mondiale, « Unissons-nous pour les enfants, contre le SIDA » afin de fournir aux enfants les soins, les traitements et le soutien dont ils ont besoin quand ils sont affectés par cette épidémie.

La solution peut résider dans une simple capsule de vitamine A ne coûtant que quelques centimes et administrée pendant une campagne de vaccination, un programme qui à l’heure actuelle sauve 350 000 vies par an en renforçant le système immunitaire. Et l’enrichissement d’aliments de base avec des nutriments clés comme le fer et l’iode est une méthode qui a fait ses preuves pour protéger des millions d’enfants contre les carences et les retards du développement.

Le rapport estime urgent de tisser un « filet de sécurité nutritionnel » pour que les enfants aient chaque jour accès à de tels services. Cela signifie que la nutrition infantile doit devenir un élément central des politiques et budgets nationaux, qu’il faut fournir de meilleures informations sur l’alimentation et plus de ressources aux ménages et qu’il faut planifier en vue d’éventuelles crises humanitaires.

Le rapport insiste particulièrement sur les deux premières années de la vie, moment critique pour préserver tout le potentiel de l’enfant. Le corps et le cerveau du jeune enfant risquent de ne jamais éliminer les séquelles d’une mauvaise nutrition à ce stade de son développement. La priorité, c’est de veiller à ce que la grossesse se déroule dans de bonnes conditions sur le plan de la santé et de la nutrition. Et la promotion de l’allaitement maternel exclusif est un outil extraordinaire pour assurer l’épanouissement de l’enfant pendant les premiers mois de sa vie.

Il est tout aussi essentiel d’adopter une approche commune pour résoudre les problèmes de dénutrition, en particulier chez les enfants les plus pauvres. La Directrice générale de l'UNICEF vient d’assumer la présidence du Comité permanent de la nutrition, un organe de l’ONU, et avec le Programme alimentaire mondial, elle dirige l’Initiative pour mettre un terme à la faim et à la dénutrition chez l’enfant afin de donner un nouvel élan aux efforts visant à atteindre la cible établie pour la nutrition d’ici à 2015.

La nutrition est également au centre des préoccupations du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant, dont l’UNICEF est l’un des co-présidents et qui veut accélérer les progrès en vue de la cible des OMD visant à réduire la mortalité infantile. Pour y arriver, l’UNICEF a rédigé un plan décennal pour la santé et la nutrition, afin d’aider les Etats à procurer aux enfants un ensemble complet de soins et traitements d’importance vitale.

« L’Objectif du Millénaire pour le développement qui vise à éradiquer l’extrême pauvreté d’ici à 2015 nous lance un défi considérable : donner la santé et une bonne nutrition à des millions d’enfants au cours des dix années à venir, a dit Mme Veneman. Il nous reste assez de temps pour y parvenir, mais seulement si la communauté internationale agit maintenant et s’engage à fournir les ressources promises. »

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A propos de l’UNICEF : depuis 60 ans, l’UNICEF est le principal défenseur de la cause des enfants. En menant des programmes sur le terrain dans 155 pays, il aide les jeunes à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays en développement, l’UNICEF travaille pour la santé et la nutrition des enfants, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles, et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le SIDA. L’UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de gouvernements, d’entreprises, de fondations et de particuliers.

Note aux médias de l’audiovisuel : un montage vidéo sur des projets nutritionnels dans le monde peut être téléchargé gratuitement à l’adresse suivante :
http://www.thenewsmarket.com ou sur www.unicef.org.

Pour de plus amples informations :
Claire Hajaj, UNICEF New York, +1 212 326 7566
Damien Personnaz, UNICEF Geneva, +41 22 909 5716
Gina Dafalia, UNICEF London +44 207 312 7695
Kathryn Grusovin, UNICEF Delhi, +91 11 24606247
Sarah Crowe, UNICEF Johannesburg, +27 11 517 1617

ou visitez Progrès pour les enfants en ligne sur http://www.unicef.org/french/progressforchildren/2006n4/


 

 

 

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