Centre de presse

Communiqué de presse

400 millions d’enfants sont privés d’eau salubre

À la veille de la Journée mondiale de l’eau, des enfants lancent un appel urgent en faveur du changement

MEXICO/NEW YORK, 21 mars 2006 – Alors que les dirigeants de la communauté internationale se rassemblent pour examiner des solutions à la crise de l’eau dans le monde, le Forum mondial de l’eau pour les enfants lance un appel urgent pour venir en aide aux 400 millions de jeunes qui survivent tant bien que mal sans eau salubre.

Cet appel à l’action a été adressé aux ministres de gouvernements lors de la clôture du 4e Forum mondial de l’eau qui s’est tenu à Mexico.

Une centaine de jeunes concernés par le problème de l’eau sont venus des pays les plus pauvres du monde et des pays industrialisés pour assister à ce Forum mondial de l’eau pour les enfants, véritable tribune d’où les enfants peuvent exprimer leurs espoirs et inquiétudes sur le sujet.

« Les maladies d’origine hydriques tuent un enfant toutes les quinze secondes et sont la cause sous-jacente de bien des problèmes de santé et de la malnutrition qui sévissent dans le monde », a dit la Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman à New York. « Les solutions à la crise mondiale de l’eau doivent garantir que les enfants puissent survivre, s’épanouir, apprendre et vivre dans la dignité. »

Le Forum de l’eau pour les enfants a été organisé conjointement par l’UNICEF, l’Institut mexicain de technologie, le Forum japonais sur l’eau et le Projet WET de gestion de l’eau basé aux États-Unis. Beaucoup de ses jeunes participants ont surmonté des obstacles considérables pour améliorer l’approvisionnement en eau et les conditions d’hygiène dans leurs communautés, où l’eau salubre est un luxe hors de prix.

« Là où je vis, beaucoup d’enfants sont absents de l’école à cause des maladies qu’ils attrapent en buvant de l’eau ou parce qu’ils ne se lavent pas les mains », dit Dolly Akhter, une jeune fille de 16 ans qui inculque les règles de l’hygiène aux habitants d’un bidonville au Bangladesh. « Nous sommes ici pour rappeler aux dirigeants qu’ils doivent agir pour protéger notre santé et notre éducation. C’est notre droit, et leur responsabilité. »

Les enfants sont les premières victimes du manque d’hygiène dans le monde, un monde où plus d’un milliard de personnes sont privées d’eau potable et où une sur trois n’a même pas accès à des toilettes rudimentaires. À elle seule, la diarrhée ordinaire rend malades davantage d’enfants de moins de cinq ans que toutes les autres maladies, faisant 4 500 jeunes victimes par an (la deuxième cause de mortalité infantile) et menaçant la survie d’un nombre bien plus important encore.

Les besoins sociaux fondamentaux comme l’éducation sont étroitement liés à l’eau potable et à l’hygiène. Les maladies d’origine hydrique sapent l’énergie des enfants et les empêchent d’apprendre. Chaque jour, dans les pays en développement, un grand nombre d’enfants manquent l’école parce qu’ils souffrent de diarrhée et d’infections intestinales provoquées par des parasites. Et en l’absence d’installations sanitaires décentes qui les mettent à l’abri des regards, beaucoup de filles estiment qu’il est impossible de fréquenter l’école.

Un enfant qui grandit dans ces conditions a peu de chances d’échapper à la pauvreté, a dit Mme Veneman. Dans les communautés pauvres, les décès et ces maladies à répétition amoindrissent le potentiel humain. Il en résulte un sous-développement chronique inévitable. On estime que les journées manquées à l’école ou au travail représentent environ 63 milliards de dollars de perte de productivité dans le monde chaque année.

Avec l’aide de l’UNICEF, des jeunes d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique latine se sont rendus au Forum de l’eau pour les enfants et ont évoqué leurs courageux efforts pour lutter contre le manque d’eau et de moyens d’assainissement ; ce sont, par exemple, le programme d’hygiène de Dolly Akhter dans un bidonville du Bangladesh, dans le cadre duquel des écoliers apprennent à se laver les mains et à nettoyer leur maison, ou les efforts déployés par Ojulo Okello, 11 ans, au lendemain de la guerre civile en Éthiopie pour doter son école de toilettes et d’eau potable. Ces enfants et 13 000 autres sont invités à partager leurs expériences sur le site interactif de l’UNICEF sur Internet, La Voix des jeunes.

À régions différentes, problèmes différents

Les histoires des enfants reflètent les problèmes très divers liés à l’eau dans leurs régions natales.

En Afrique subsaharienne, des décennies de conflits, la mauvaise gestion de la terre et la sécheresse qui sévit actuellement dans la moitié sud du continent ont entraîné une grave pénurie d’eau. Plus de 42 pour cent de la population n’a pas accès à de l’eau salubre et seulement 36 pour cent dispose de toilettes. Cette région est la seule à avoir pris du retard pour atteindre à la fois les objectifs de développement de l’eau et de l’assainissement.

En Asie du Sud et de l’Est, l’assainissement est le problème prioritaire. Plus de la moitié de tous les habitants de l’Inde et de la Chine – 1,5 milliard d’individus au total – n’ont pas de toilettes, ce qui fait que l’environnement est pollué par des excréments humains. La qualité de l’eau est aussi un problème important et de plus en plus préoccupant pour les enfants de la région. De dangereux contaminants présents dans la nappe phréatique, comme l’arsenic et le fluor, menacent actuellement la santé de 50 millions de personnes.

En Europe centrale et orientale, les réserves en eau diminuent à la suite du changement de l’environnement et les réseaux nationaux d’adduction d’eau restent insuffisants. Les graves déséquilibres constatées dans l’accès et le manque de coopération régionale pour gérer les ressources existantes font que les enfants les plus pauvres sont de loin ceux qui souffrent le plus.

En Amérique latine, les services d’eau et d’assainissement se caractérisent par de profondes inégalités à la fois dans les pays et entre eux. Les enfants des zones rurales reçoivent beaucoup moins de services d’eau et d’assainissement que les enfants des villes. Dans l’ensemble de la région, la pauvreté et l’exclusion sociale signifient que les groupes autochtones et minoritaires sont privés de leurs droits à ces services d’une manière disproportionnée.   

Pour Mme Veneman, la Journée mondiale de l’eau (22 mars) sera l’occasion de mesurer les progrès accomplis pour honorer un engagement mondial : réduire de moitié, d’ici à 2015, la proportion de personnes privées d’eau salubre et de moyens d’assainissement de base – le septième Objectif du Millénaire pour le développement. Pour que cette promesse soit tenue, les programmes et politiques en matière d’eau devront assigner la priorité aux enfants, afin d’améliorer rapidement les taux nationaux de santé et d’éducation dans tous les pays.

***

L’UNICEF et l’eau : depuis les années 1960, l’UNICEF est présent sur le terrain pour fournir des services d’eau, d’assainissement, d’hygiène et d’éducation aux enfants de plus de 90 pays d’Afrique, d’Asie et des Amériques, contribuant ainsi à leur survie et leur épanouissement. Qu’il s’agisse de creuser des puits équipés de pompes à main en Haïti, de construire des latrines dans les écoles de filles en Éthiopie, d’améliorer la qualité de l’eau en Inde ou d’envoyer des camions-citernes dans des zones sinistrées au Pakistan et en Indonésie, l’UNICEF est en première ligne des efforts déployés pour fournir ces services de base aux familles. L’UNICEF est le premier fournisseur mondial de sels de réhydratation orale (SRO), une combinaison simple de sels et de sucres qui permet de réduire considérablement le nombre des décès dus à la diarrhée. Lorsqu’une urgence se déclare, l’UNICEF prend aussi la tête des opérations lancées par les Nations Unies pour protéger les enfants des maladies d’origine hydrique.

Pour en savoir plus sur les projets en faveur de l’eau et de l’assainissement, voir www.unicef.org/french/media. Des vidéos prêtes à la diffusion sont aussi disponibles sur le site Internet de l’UNICEF « Video on Demand ».

Pour toute information supplémentaire, s’adresser à :

Claire Hajaj, UNICEF New York, (+1) 646 331 4547
Michael Klaus, UNICEF Mexique, +52 55 5284 9555
Damien Personnaz, UNICEF Genève, (+41) 022 909 2716
Robert Cohen, UNICEF Amérique latine, (+507) 301 7484
Gina Dafalia, UNICEF Londres, (+44) 207 312 7695
Katey Grusovin, UNICEF New Delhi,  (+91) 11 24606247
Sarah Crowe, UNICEF Johannesburg, (+27) 11 517 1617


 

 

 

Audio (en anglais)

20 mars 2006:
Blue Chevigny, correspondante de radio UNICEF, présente le dialogue entre  les jeunes et les dirigeants gouvernementaux pendant le Forum mondial de l'eau à Mexico.


20 mars 2006:
Reportage de la correspondante radio de l'UNICEF, Blue Chevigny, sur le Forum mondial de l’eau pour les enfants qui se déroule actuellement à Mexico, et sur l'impact de l'eau salubre sur la vie des jeunes filles africaines.

Présentation multimédia (en anglais)

Recherche