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Communiqué de presse commun

La mission conjointe félicite le Rwanda pour ses interventions contre le SIDA et demande que l’on continue à prendre et coordonner des initiatives

Le Luxembourg, le Ministère du Développement international, l’UNICEF et ONUSIDA concluent une visite de deux jours

Kigali (Rwanda), le 14 février 2006 – De hauts responsables du Luxembourg, du Royaume Uni, de l’UNICEF et du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA ont salué aujourd’hui les progrès accomplis par le Rwanda contre la pandémie de SIDA. Ils ont demandé que l’on continue à prendre des initiatives, et à mieux les coordonner, pour continuer sur la voie du succès.

« La volonté politique évidente montrée par le Rwanda et les initiatives qu’il a prises ont  permis de bien progresser dans la lutte contre le VIH/SIDA, a déclaré M. Jean-Louis Schiltz, Ministre luxembourgeois du développement et de l’action humanitaire. Le problème consiste maintenant à garantir la viabilité de ses efforts. Il est indispensable d’adopter une approche réellement intégrée, comprenant la prévention, le traitement et les soins dans le cadre d’un programme et d’un système de santé plus vastes. L’un des éléments clés qui en assurera la viabilité, c’est le renforcement des capacités assorti de ressources humaines adéquates. »

La mission conjointe comprenait Sir Suma Chakrabarti, Secrétaire permanent du Ministère britannique du Développement international, Mme Ann M. Veneman, Directrice générale de l'UNICEF et le Dr Peter Piot, Directeur exécutif d’ONUSIDA.

La mission a souligné que le Rwanda se trouve à un tournant dans sa réponse à la pandémie de SIDA et a insisté sur la prévention de nouvelles infections, qui reste le moyen le plus fiable d’enrayer l’épidémie. En même temps, elle rappelait la nécessité d’adopter une approche intégrée afin de fournir des soins et un traitement à tous les Rwandais vivant avec le VIH/SIDA.

Il y aurait environ 250 000 personnes vivant avec le VIH au Rwanda ; 22 000 d’entre elles auraient moins de quinze ans, d’après le Rapport mondial 2004 d’ONUSIDA. Les données les plus récentes sur la prévalence du VIH, tirées de l’enquête nationale 2005 sur la démographie et la santé, placent le taux national à 3 pour cent environ. Le nombre croissant de femmes touchées par l’épidémie suscite des inquiétudes considérables : le taux de prévalence est cinq fois plus élevé chez les femmes de 15 à 24 ans que chez les hommes du même groupe d’âge.

Progrès accomplis

En septembre 2005, plus de la moitié des 365 centres de santé du pays (199 d’entre eux) offraient des services visant à prévenir la transmission de la mère à l’enfant. Les sites de consultation et de dépistage volontaires sont en augmentation et d’après les estimations nationales, le nombre d’individus recevant une thérapie antirétrovirale est passé de 8 700 en 2004 à plus de 19 000 en décembre 2005. Grâce à cette augmentation, près de la moitié des Rwandais qui en ont besoin reçoivent déjà un traitement, ce qui représente l’une des couvertures les plus élevées d’Afrique subsaharienne. La mission a conclu que l’approche adoptée par le Rwanda et les résultats obtenus font de ce pays un modèle pour les autres nations.

Les membres de la mission ont rencontré des représentants du gouvernement, de la société civile, de l’ONU et des organismes donateurs, afin d’avoir une vue d’ensemble des progrès accomplis au Rwanda par l’initiative nationale de lutte contre le SIDA et pour explorer diverses manières de poursuivre et améliorer l’harmonisation à tous les niveaux entre les différents partenaires.

Ils ont également visité des programmes communautaires offrant des soins et un soutien aux personnes vivant avec le VIH, ainsi que des services de prévention comprenant des tests de dépistage du VIH et un suivi psychosocial. La mission a été impressionnée par cette approche intégrée et axée sur la famille ainsi que par les programmes de développement économique.

Le gouvernement a préparé un plan stratégique national de lutte contre le VIH/SIDA pour la période 2006-2009, en collaboration avec ses partenaires, afin de disposer d’un cadre pour le financement, la coordination, le suivi et l’évaluation de la réponse nationale à la pandémie de SIDA.

Défis

La mission a fait valoir que le Rwanda reste confronté à certains défis. Il s’agit notamment de faire en sorte que la Stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté intègre la question du VIH/SIDA.

Alors que le financement international de la lutte contre le SIDA est en hausse, il est important de s’assurer que les fonds seront dépensés de manière efficace, en privilégiant les personnes courant des risques importants d’infection au VIH comme celles qui vivent avec le SIDA ou sont affectées par le SIDA. Pour que les fonds soient utilisés à bon escient, la mission recommande une meilleure coordination entre le gouvernement, les donateurs et la société civile.

« Les donateurs doivent en faire plus pour soutenir les initiatives du gouvernement. Cela veut dire qu’il faut tenir compte des priorités du Rwanda, passer par les systèmes gouvernementaux et offrir une assistance prévisible et de longue durée. Au cours de cette visite, le Royaume-Uni a signé un accord pour un partenariat consacré au développement étalé sur dix ans », a annoncé Sir Suma Chakrabarti.

Les enfants et le SIDA

D’après le recensement de 2002, le Rwanda abrite une des plus importantes populations orphelines d’Afrique subsaharienne, une région du monde où au moins 30 pour cent des jeunes de moins de dix-huit ans sont orphelins. On compte 1,3 million d’orphelins en tout, mais 160 000 d’entre eux ont perdu leurs parents pour des raisons liées au SIDA. Cette situation représente un lourd fardeau pour les communautés, dont les filets de sécurité traditionnels sont mis à dure épreuve par la nécessité de s’occuper des droits des enfants affectés par le VIH/SIDA.

« Cela fait trop longtemps que les enfants sont la face cachée de la pandémie de SIDA, a dit la Directrice générale de l'UNICEF Ann M. Veneman. Nous devons offrir une protection, des soins et un traitement aux enfants infectés ou touchés par le VIH/SIDA. Nous félicitons le Président et son épouse pour leur rôle déterminant dans les efforts menés en faveur des enfants affectés par le VIH/SIDA. »

Il existe deux campagnes insistant sur la nécessité d’aider les enfants dans le cadre de la lutte contre le SIDA. Il s’agit de « Unissons-nous pour les enfants, contre le SIDA » et « Traitez chaque enfant comme le vôtre », une campagne lancée par l’Organisation des Premières dames africaines contre le VIH/SIDA. Ces deux campagnes offrent des possibilités d’actions originales en faveur des enfants.

Nouvelle phase

Les responsables de la mission ont conclu que le Rwanda faisait reposer ses initiatives contre le VIH/SIDA sur de solides fondations. Ils se sont engagés à renforcer leur approche unifiée contre le VIH/SIDA et la pauvreté.

« Le Rwanda entre dans une nouvelle phase de la lutte contre le SIDA, où la qualité des initiatives et leur viabilité sont vitales. La mission ne doute pas que le Rwanda fera preuve de la vision et de  l’engagement politique qui lui permettront de répondre avec succès aux défis qui se posent à lui », a conclu le Dr Piot.

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Depuis 2000, le Luxembourg fait partie des cinq pays qui consacrent plus de 0,7 pour cent de leur revenu national brut (RNB) à l’aide officielle au développement et se concentre sur la lutte contre la pauvreté. Lux-Développement est l’organisme chargé de l’essentiel de la mise en œuvre de la coopération bilatérale.

Le Rwanda a été l’un des premiers pays à bénéficier d’une coopération bilatérale avec le Luxembourg. Celle-ci a commencé dans les années 1980. Un accord de coopération a été  conclu et signé en décembre 2002. Depuis 1996, le Luxembourg a intensifié sa coopération avec le Rwanda et soutenu des activités dans le domaine du développement rural, de la formation professionnelle des jeunes, et surtout de la santé (gestion hospitalière, VIH/SIDA,  école d’infirmières, projet ESTHER)

Le Ministère du développement international du Royaume-Uni est le responsable de la promotion d’un développement durable et de la réduction de la pauvreté. La politique gouvernementale, s’appuyant sur les Livres blancs sur le développement international de 1997 et 2000, met l’accent sur l’engagement international pris envers les Objectifs du Millénaire pour le développement, qui doivent être atteints d’ici à 2015. (www.dfid.gov.uk)

Depuis près de 60 ans, l’UNICEF est le principal défenseur de la cause des enfants. En menant des programmes sur le terrain dans 157 pays, il aide les jeunes à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays pauvres, l’UNICEF travaille pour la santé et la nutrition des enfants, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles, et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le SIDA. L’UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de gouvernements, d’entreprises, de fondations et de particuliers.
 (www.unicef.org/french)

ONUSIDA, le Programme commun des Nations Unies Sur le VIH/SIDA, met en commun dans la lutte contre le VIH/SIDA les efforts et les ressources de dix institutions des Nations Unies. Ses co-parrains comprennent le HCR, l’UNICEF, le PAM, le PNUD,  le FNUAP, l’ONUDC, le BIT, l'OMS, l'UNESCO et la Banque mondiale. Installé à Genève, le secrétariat d’ONUSIDA travaille sur le terrain dans plus de 75 pays. (www.unaids.org)

Elisabeth Colotte | Ministère des Affaires étrangères, Luxembourg
Colin Kirk | Directeur de bureau, DFID Rwanda | +250 585280 x2231
Victor Chinyama| UNICEF ESARO| +254 722 701 505
Dirk van Hove | Coordinateur de pays pour ONUSIDA | +250 08302252


 

 

 

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