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Communiqué de presse

L’UNICEF salue les progrès réalisés pour mettre fin à l’excision/mutilation génitale féminine

Malgré des signes d’espoir, 3 millions de fillettes sont soumises à cette pratique chaque année

NEW YORK, 6 février 2006  - L’UNICEF a salué aujourd’hui les femmes et les hommes qui travaillent de concert pour mettre fin à la pratique de l’excision/mutilation génitale féminine (E/MGF) et faire respecter le droit des filles à devenir femme sans subir de préjudice corporel.

Dans toute l’Afrique subsaharienne, en Égypte et au Soudan, un mouvement social s’est constitué pour mettre fin à l’E/MGF, l’une des violations des droits humains les plus persistantes et les plus répandues et, qui plus est, une violation souvent subie en silence. Au cours des six dernières années, des milliers de villages en Afrique de l’Ouest ont organisé des cérémonies publiques en faveur de l’abandon de l’E/MGF, ce qui permet d’espérer que cette pratique disparaîtra partout en l’espace d’une génération.

« Nous sommes à un tournant de l’histoire alors que s’enclenche un mouvement véritablement positif qui nous concerne tous », a déclaré lundi la Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman, lors de la quatrième Journée internationale annuelle de la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines. « Les méthodes les plus efficaces pour lutter contre cette pratique n’ont pas été de punir ceux qui la perpétuent, mais de proposer et de soutenir des choix sains. »

Pour autant, l’excision/mutilation génitale féminine est loin d’être éliminée. Chaque année, trois millions de jeunes filles dans 28 pays du continent africain sont soumises à cette pratique, ainsi que des milliers de filles des communautés d’immigrés en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. Dans le monde, entre 100 et 140 millions de filles et de femmes ont été mutilées ou excisées.

La plupart des filles sont excisées avant leur quatorzième anniversaire. De nombreuses communautés continuent d’observer cette tradition ancestrale qui, bien que cela ne soit pas toujours dit ouvertement, reste un rite obligatoire pour se marier.

Pour Mme Veneman, la suppression de cette pratique dangereuse et discriminatoire est essentielle pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement qui visent à améliorer la santé maternelle, à promouvoir l’égalité des sexes et à réduire la mortalité infantile.

L’UNICEF travaille avec des partenaires qui ont identifié plusieurs méthodes essentielles pour encourager l’abandon en masse de cette pratique. Elles consistent, entre autres, à choisir une approche non coercitive et neutre ; à sensibiliser les communautés aux dangers de l’E/MGF ; à encourager les déclarations publiques d’engagement des collectivités à y renoncer ; et à diffuser des messages qui recommandent son abandon dans les communautés.

L’UNICEF soutient des programmes qui visent à mettre fin à l’E/MGF dans 18 pays, et a lancé des activités initiales dans quatre d’entre eux. Diverses stratégies sont utilisées :

Au Sénégal, grâce en grande partie à l’action de TOSTAN, une organisation non gouvernementale qui informe les communautés de leurs droits fondamentaux et de la dignité de la personne humaine, des dizaines de milliers de personnes ont déclaré renoncer à cette pratique.

En Égypte, le projet de Village modèle sans MGF a été lancé par le gouvernement et des partenaires de l’ONU pour inciter les villages du sud du pays à faire des déclarations publiques contre l’excision/mutilation génitale féminine. L’UNICEF apporte une aide aux personnes qui ont renoncé à cette pratique et qui acceptent d’en parler, afin de persuader d’autres membres de leur communauté de suivre leur exemple. 

Au Soudan, les chefs religieux se servent de leur influence pour affirmer que l’excision/mutilation génitale féminine viole les principes spirituels et théologiques. Lundi, les responsables du gouvernement, le Conseil national pour le bien-être de l’enfant et plusieurs institutions des Nations Unies organiseront une cérémonie commémorative qui comprendra une exposition, des chants religieux et séculaires sur l’abandon de l’E/MGF et des spectacles donnés par des enfants. L’exposition présentera des images de filles décédées des suites de l’excision/mutilation génitale.

Alors que les communautés choisissent d’abandonner l’excision/mutilation génitale féminine, les gouvernements et les organisations non gouvernementales jouent de leur côté un rôle décisif pour soutenir la mobilisation contre cette pratique. Le Protocole de Maputo, un instrument juridique régional qui interdit explicitement et condamne l’E/MGF a été ratifié par 15 pays africains et est entré en vigueur en novembre 2005. Un mois plus tard, 100 parlementaires africains ont adopté un document novateur, la « Déclaration de Dakar », qui souligne l’importance de la participation des communautés et de la réforme législative pour mettre fin à l’E/MGF.

Une conférence régionale sur l’excision/mutilation génitale féminine se tiendra au Mali à la fin du mois. Elle examinera principalement les modalités d’application du Protocole de Maputo par le biais de la législation. Cette pratique aura aussi sa place dans l’Étude du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence à l’égard des enfants, qui sera publiée en octobre 2006.

« Nous savons ce que nous devons faire pour que cette pratique néfaste soit abandonnée », a dit Mme Veneman. « Le soutien ferme des gouvernements, afin d’encourager les communautés et les individus à faire le choix le plus sain possible pour les filles, permettra de sauver des vies et aura des conséquences positives considérables pour les familles et collectivités. »

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L’UNICEF a publié deux rapports sur l’E/MGF en décembre 2005, le Digest  Innocenti no. 12 Changer une convention sociale néfaste : la pratique de l’excision/mutilation génitale féminine (disponible en anglais, arabe, espagnol, français et italien) et "Female Genital Mutilation and Cutting:  A Statistical Consideration" (en anglais seulement) http://www.unicef.org/publications/index_29994.html.

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Depuis 60 ans, l’UNICEF est le principal défenseur de la cause des enfants. En menant des programmes sur le terrain dans 155 pays et territoires, il aide les jeunes à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays pauvres, l’UNICEF travaille pour la santé et la nutrition des enfants, l’approvisionnement en eau et l’assainissement, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles, et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation et le VIH/SIDA. L’UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de particuliers, d’entreprises, de fondations et de gouvernements.

Notes pour les producteurs de radio et de télévision : pour obtenir des reportages vidéos, visitez : thenewsmarket.com/unicef

Pour de plus amples informations, contacter :

Kate Donovan, UNICEF New York(+1 212) 326 7452
Ikuko Yamaguchi, UNICEF Genève (+41 22) 909 5727


 

 

 

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