Centre de presse

Communiqué de presse

Des parlementaires africains se réunissent pour une conférence historique sur la suppression de l’excision/mutilation génitale féminine

La conférence a pour but de mobiliser les parlements nationaux pour mettre fin à l’une des violations des droits fondamentaux des femmes et des filles les plus fréquentes et les plus systématiques

DAKAR, 4 décembre 2005 – Des parlementaires de toute l’Afrique se sont réunis à Dakar (Sénégal) à l’occasion d’une conférence sans précédent pour obtenir des  informations sur l’excision/mutilation génitale féminine (E/MGF) et débattre de ce qu’ils peuvent faire pour contribuer à éliminer cette pratique violente et dangereuse.

Les organisateurs de la Conférence – l’Assemblée nationale du Sénégal et l’Union parlementaire africaine, en coopération avec l’Union interparlementaire (UIP) et l’UNICEF – affirment que les parlements nationaux d’Afrique ont un rôle crucial à jouer contre l’E/MGF et qu’ils devraient prendre de concert des mesures plus énergiques pour lutter contre cette pratique et assigner à cet objectif un rang de priorité plus élevé.           

D’après un rapport que vient de publier le Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF, plus de 3 millions de filles d’Afrique sub-saharienne sont soumises à une mutilation génitale et à l’excision chaque année. L’E/MGF est une violation de leurs droits fondamentaux et elle affecte un nombre bien plus élevé de filles et de femmes que l’on pensait jusqu’à présent.
Les progrès en vue d’éliminer cette pratique ont été extrêmement lents, mais les experts estiment toutefois que l’on pourrait supprimer cette pratique en une génération seulement avec l’appui d’une vaste gamme de partenaires, dont les parlements nationaux.

« Les législateurs africains disposent de pouvoirs énormes pour mettre fin à l’excision/mutilation génitale féminine », a affirmé la Directrice générale de l’UNICEF Ann M. Veneman, il est essentiel qu’ils prennent des mesures pour interdire cette pratique nocive et d’autres formes de violence sexuelle ».

Plus d’une centaine de parlementaires venus de plus de 20 pays participent à la conférence régionale appelée « Violences faites aux femmes, abandon de la pratique de l’excision : le rôle des parlementaires ». La conférence de deux jours donnera aux parlementaires l’occasion d’échanger leurs vues et expériences et de mieux comprendre le rôle qu’ils devraient jouer pour mettre fin à l’E/MGF. Ils débattront également du problème avec d’autres parties concernées, notamment des chefs religieux et traditionnels, des représentants des médias et d’organisations non gouvernementales, des dirigeants de communautés locales, des experts juridiques etc.

Les présentations, discussions et débats seront axés sur les mesures spécifiques les plus urgentes et les plus efficaces que les parlements devraient prendre aux niveaux local, national et international.

Le Président de l’UIP Ferdinando Casini, qui est également le Président de la Chambre des députés italiens, a déclaré que la réunion était une occasion historique et qu’elle aiderait considérablement à renforcer la capacité des parlements africains à demander des comptes aux gouvernements et à influencer les attitudes au niveau de la communauté. Une fois que la situation et les problèmes seront mieux compris, on peut espérer que l’action des parlementaires africains permettra de changer, réellement et durablement, la situation des millions de femmes et de filles qui souffrent en silence depuis trop longtemps de la violence de l’E/MGF. 

L’Imam Cheikh Hassan Cissé, Président des Associations islamiques d’Afrique, jouera un rôle capital lors de la conférence, de même que d’autres dirigeants religieux et traditionnels. En raison de leur influence, de leur crédibilité et de leur enracinement dans leurs communautés, les dirigeants confessionnels jouent un rôle vital dans la lutte contre l’E/MGF. Les participants seront informés des initiatives couronnées de succès prises par des dirigeants confessionnels qui se sont opposés publiquement à la pratique et ont joué un rôle décisif pour stimuler un débat public en vue de la suppression de cette pratique.

La Conférence devrait adopter une Déclaration finale qui sera la base d’une action de suivi menée de concert avec les parlements nationaux africains, d’autres organismes et personnalités, et la communauté internationale au cours des mois à venir. 

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A propos de l’UIP
Créée en 1889, l’UIP réunit des parlementaires de plus de 140 Etats. Elle contribue à la promotion et à la défense des droits de l’homme et s’est engagée dans le combat en faveur de la protection des enfants.

A propos de l’UNICEF
Depuis près de 60 ans, l’UNICEF est le principal défenseur de la cause des enfants. En menant des programmes sur le terrain dans 157 pays, il aide les jeunes à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays pauvres, l’UNICEF travaille pour la santé et la nutrition des enfants, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles, et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation sous toutes ses formes et le SIDA. L’UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de gouvernements, d’entreprises, de fondations et de particuliers.

Pour de plus amples informations :
Minouche Alavo, Bureau régional de l’UNICEF, Dakar, (+221) 869 5858
Liza Barrie, Siège de l’UNICEF, New York, (+1) 646 207 5178
Luisa Ballin, UIP Genève, (+41) 79 649 7145


 

 

 

Vidéo (en anglais)

21 novembre 2005 :
Reportage de la correspondante de l'UNICEF,Sarah Crowe, sur une communauté sénégalaise qui décidé de mettre un terme aux excisions et aux mutilations génitales féminines.

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