Centre de presse

Communiqué de presse

Trois millions de filles subissent chaque année des mutilations génitales féminines

Changer une convention sociale néfaste : la pratique de l’excision/mutilation génitale féminine

Genève/Florence/Le Caire, le 25 novembre 2005 – En Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient, quelque trois millions de filles subissent chaque année des mutilations génitales féminines/excisions, d’après un rapport de l’UNICEF rendu public aujourd’hui.

Pourtant, si l’on faisait preuve de détermination, et avec des moyens suffisants, on pourrait éliminer cette coutume millénaire en une seule génération, affirme le rapport.

« Un changement profond et durable est possible », a affirmé Mme Marta Santos Pais, Directrice du Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF, qui a publié ce vendredi l’étude Changer une convention sociale néfaste : la pratique de l’excision/mutilation génitale féminine. «  Ce changement surviendra lorsque les communautés, filles, garçons, hommes et femmes, et la société dans son ensemble, bénéficieront des connaissances qui leur permettront de rester en bonne santé et de se prendre en charge. »

L’excision/mutilation génitale féminine (E/MGF) est une coutume traditionnelle qui, aux yeux de certains, améliorerait la beauté des filles, garantirait leur honneur, leur statut social et leur virginité et les rendrait plus aptes au mariage. Les parents encouragent l’excision pour préserver l’honneur de la famille et l’intérêt supérieur de leurs filles.

Quelque 130 millions de femmes et de filles sont concernées dans les 28 pays d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient où l’on pratique l’E/MGF. Les estimations précédentes chiffraient à 2 millions le nombre de filles victimes chaque année de cette coutume. La nouvelle estimation de 3 millions ne reflète pas une augmentation mais une amélioration dans la collecte des données, note l’UNICEF.

Le rapport examine également les stratégies les plus prometteuses pour mettre fin à cette pratique. En Egypte, par exemple, des initiatives bénéficiant du soutien de l’UNICEF aident les communautés à confronter ouvertement la coutume au cours de discussions publiques où l’on encourage la tolérance, à s’engager publiquement à l’abandonner et à diffuser ce message dans les communautés voisines.

La mobilisation des faiseurs d’opinion, y compris les chefs religieux et traditionnels, peut jouer un rôle décisif et stimuler le débat public. Il faut former les personnels de santé, les guérisseurs traditionnels, les assistants sociaux et les enseignants et les aider à bannir cette pratique.

Les E/MGF sont un problème mondial, car elles affectent également les femmes des communautés immigrées dans les pays industrialisés. Le pourcentage de la population féminine qui les subit, le type d’E/MGF subie, ou l’âge auquel on commence, varient beaucoup d’un pays à l’autre.

Non seulement l’E/MGF est très douloureuse, mais elle peut entraîner des hémorragies prolongées, des infections, la stérilité ou la mort. Beaucoup de femmes et de filles souffrent en silence. A cause du caractère secret de cette affliction, il est impossible d’estimer le nombre de décès. Le rapport examine en profondeur la dynamique sociale complexe qui fait de l’E/MGF l’une des violations des droits humains les plus persistantes et les plus occultes.

« Des pères et des mères font exciser leurs filles pour qu’elles soient acceptées au sein de la société,  a dit Mme Rima Salah, Directrice générale adjointe de l'UNICEF. Mais grâce au travail de longue haleine accompli au sein des communautés, celles-ci se rendront à quel point il est important de préserver les filles et elles surmonteront les craintes concernant leur statut social. »

Même s’il semble que dans certains pays ((Bénin, Burkina Faso, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Nigeria, République centrafricaine, Tanzanie et Yémen), le taux de prévalence commence à baisser, les progrès sont faibles si l’on considère la pratique de l’E/MGF au plan mondial.

Eliminer l’E/MGF à grande échelle requiert une mobilisation plus forte des pouvoirs publics, de la société civile et de la communauté internationale, affirme le rapport. Des lois les interdisant existent déjà dans certains pays où le problème se pose dans les communautés immigrées comme en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d’Europe occidentale. Mais même si elle prévoit des amendes et des peines de prison, la législation est rarement appliquée et ne se double pas de mesures sociales encourageant l’abandon de ces pratiques.

L’UNICEF s’efforce d’influencer les politiques, la législation et les budgets afin de promouvoir l’abandon des ces pratiques et d’aider les partenaires travaillant directement avec les communautés pour les aider à abandonner cette pratique néfaste.

« Nous savons ce qu’il faut faire pour mettre fin aux souffrances infligées chaque année de façon délibérée à des millions de filles, a dit Mme Salah. Nous comprenons beaucoup mieux pourquoi cette pratique néfaste existe et comment y mettre un terme. Nous avons toutes les raisons de croire que si la communauté internationale tout entière s’y engage, on pourra y mettre fin en une génération. »

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AVIS AUX REDACTIONS

Des dossiers de presse sous embargo et des copies du résumé en anglais, en français, en arabe, en italien et en espagnol sont disponibles au centre de presse du Centre Innocenti :

http://www.unicef-icdc.org/presscentre/indexNewsroom.html

Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF, Florence
Salvador Herencia  +39 335 654 93 70
Marie Mukangendo, +39 055 20 33 231
Patrizia Faustini, +39 347 116 86 87

UNICEF Egypt
Simon Ingram, +201 22142567
Wolfgang Friedl, + 96 279 5732745

UNICEF New York
Kate Donovan, (+1 212) 326 7452

UNICEF Genève
Ikuko Yamaguchi, (+41 22) 909 5727


 

 

 

Vidéo (en anglais)

21 novembre 2005 :
Reportage de la correspondante de l'UNICEF,Sarah Crowe, sur une communauté sénégalaise qui décidé de mettre un terme aux excisions et aux mutilations génitales féminines.

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