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Communiqué de presse

Une exposition de photos prise par les enfants de Beslan s’ouvre aujourd’hui avec l’appui de l’UNICEF

© UNICEF/HQ05-1328/ Dzarasov
Jeunes participants du projet visitent un centre de réhabilitation. Sur cette photo prise par Mikhail Dzarasov, 13 ans : Tamara Bagaeva, 18 ans, Soslan Dzugaev, 13 ans, Alina Sakieva, 18 ans et Alana Alikova, 17 ans.

Beslan (Russie), le 26 août 2005 – Le Centre culturel municipal propose une exposition de photos prises par les enfants de Beslan au cours d’un stage de journalisme et de photographie organisé par l’UNICEF du 22 au 28 juillet. Intitulée Les enfants sont ce que nous avons de plus précieux au monde, l’exposition prendra fin le 9 septembre.

Treize jeunes de 13 à 18 ans (dont cinq anciens otages du siège de l’école n° 1 en septembre dernier) y ont participé. Giacomo Pirozzi, photographe à l’UNICEF, et le journaliste John Varoli leur ont enseigné les rudiments de la photographie et de l’écriture avant de les envoyer à Beslan pour faire des reportages et prendre des photos.

Le stage a eu lieu dans un Centre de réhabilitation qui bénéficie du soutien de l’UNICEF dans la ville voisine de Vladikavkaz. C’est là que quelque 4 000 personnes ont pu bénéficier d’un suivi médical et psychosocial depuis la fin du siège, au cours duquel 338 personnes, dont une moitié d’enfants, ont perdu la vie.

Le siège, qui a duré trois jours pendant lesquels un millier de personnes ont été gardées en otages, sans nourriture ni eau, dans la salle de gymnastique de l’école, s’est terminé par un bain de sang. Un an plus tard, les séquelles psychologiques sont toujours apparentes dans la petite ville. L’UNICEF craint que beaucoup de victimes n’arrivent jamais à surmonter leur traumatisme sans une aide à long terme pour leur permettre de reprendre une vie normale.

C’est Pirozzi qui a animé le stage : il a montré aux jeunes des photos d’enfants victimes d’autres tragédies, y compris des malades du SIDA en Afrique et des victimes du tsunami en Asie. Ces images, qui devaient illustrer certaines techniques photographiques, ont suscité des réactions très fortes chez les enfants, qui ont commencé à comprendre que le chagrin et l’espoir peuvent cohabiter.

Pirozzi leur a ensuite montré les photos qu’il avait prises après la tragédie de Beslan, photos que les enfants ont accueillies dans un silence absolu. A sa grande surprise, ils ont décidé de retourner à l’école n° 1 et de contempler la scène avec un « regard » de photographe. Leur détermination est venue à bout des réserves exprimées par les animateurs de l’UNICEF. Ils ont ensuite résolu de rendre visite au cimetière, à certaines des familles endeuillées, à l’une des nouvelles écoles construites à Beslan et enfin, au Centre de réhabilitation. Ils ont également voulu capter leur propre optimisme avec une série de photos sur le thème « La joie et l’amour ».

« C’est à ce stade-là que ça a cessé d’être un simples stage de photographie pour devenir une forme extraordinaire de thérapie, explique Pirozzi. Les enfants étaient décidés à regarder l’horreur en face, avec pour résultat de superbes photos pleines de couleurs, surtout celles sur « la Joie et l’Amour ».

Pendant deux jours, les enfants ont contemplé leur propre tragédie avec des yeux neufs et de nouvelles aptitudes, en se concentrant sur la difficulté de trouver le bon angle ou le meilleur cadrage, la lumière ou la perspective idéale ou d’autres techniques photographiques.

« J’ai pu observer une transformation extraordinaire chez ces enfants parce que  leur solidité et leur aptitude à confronter ainsi leur propre tragédie a eu l’air de les libérer psychologiquement, constate John Brittain, chargé de la Communication pour l’UNICEF. Au cinquième jour du stage, nous avions une joyeuse bande de lurons, par contraste avec le groupe anxieux et intimidé qu’ils formaient le premier jour. »

L’une des élèves, Alina (17 ans), qui avait été retenue en otage pendant le siège, a bien résumé l’impact du stage pour elle :

« J’ai adoré le stage. Au début, je ne trouvais pas ça très intéressant, mais en fin de compte, je l’ai trouvé absorbant, distrayant, il m’a transportée dans un autre monde. »

A la fin du siège, Alina avait été projetée par deux fois de l’autre côté de la salle par deux explosions successives. Elle n’était jamais arrivée à parler de la douleur endurée et ne mentionnait que très rarement, voire jamais, ce qu’elle avait vécu. A la fin du stage, elle a abordé le personnel de l’UNICEF pour lui dire « Je pense que je suis prête à suivre une thérapie à présent ».

Le Représentant de l’UNICEF Carel de Rooy inaugurera l’exposition vendredi 26 août à 16h30. On pourra la voir jusqu’au vendredi 9 septembre. Une centaine de photos ont été sélectionnées parmi les milliers qu’ont pris les enfants. Les légendes, qu’ils ont écrites eux-mêmes, rendent les images encore plus parlantes.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter :

John Brittain, Chargé de la communication, UNICEF Fédération russe, Tél. : (+ 7095) 933 8818. Cellulaire : (+ 7095) 761 6648.
http://www.unicef.org/russia/

Angela Hawke, Chargée de la Communication, UNICEF ECE/CEI Etats baltes, Tél.: (+ 4122) 909 5433. Cellulaire : (+4179 601 9917)
http://www.unicef.org/ceecis/

Kate Donovan, UNICEF Média New York, tél. :  (+ 1) 212 326 7452.


 

 

 

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